Warthrash - No Light Shall Remain
Chronique
Warthrash No Light Shall Remain
Avec un nom pareil on se doute sans prendre vraiment de risques que l’on va avoir affaire à un groupe évoluant dans un Thrash particulièrement burné, et si on trouve effectivement chez celui-ci quelques traces de ce style pour le reste il évolue surtout dans un bon gros Death Metal bien grassouillet et relativement accessible, dans la droite ligne donc des formations évoluant dans le même genre au sein de la Colombie. Car oui WARTHRASH nous arrive directement de Medellin tout en étant signé chez Awakening Records qui doit décidemment avoir des relations au sein du pays, vu qu’il a publié sur son catalogue les très bons OSSUARY, CASKET GRINDER, DEFAMATORY et GRAVEYARD WINDS… dont les sorties respectives ont toujours dévoilé de bien belles choses. Autant dire qu’on sait à quoi on va avoir droit et on ne va pas s’en plaindre vu que là-aussi la qualité va être au rendez-vous, une logique en somme… surtout que l’entité a déjà plus de vingt ans d’expérience au compteur et un premier opus publié en 2014, même si elle s’est montrée discrète depuis un Ep publié en 2020. Car entre les occupations diverses de chacun des membres, la pandémie de Covid et l’arrivée d’un nouveau guitariste voilà comment on se retrouve à voir passer six année pour enfin arriver à sortir de nouvelles compositions qui ont clairement de quoi faire sortir ses auteurs de l’anonymat où ils moisissent depuis leurs débuts.
Et même si pour le moment le quatuor est encore en-dessous de ses compatriotes précités plus haut ce disque fort agréable aux multiples influences va faire parfaitement son office, réussissant à captiver facilement l’auditoire pour lui donner envie de headbanguer de façon pratiquement continue. Misant du côté des textes autant sur sa langue natale que sur l’anglais le combo offre durant presque trois-quarts d’heure du bon son jamais trop brutal et terriblement groovy, où se mêle régulièrement des accents Heavy dès que ça lève le pied via l’apport de riffs aiguisés qui n’auraient pas fait tache chez JUDAS PRIEST… ainsi que par des solos mélodiques dont on sent l’inspiration de Glenn Tipton et de toute la vague épique d’outre-Rhin. On va d’ailleurs entendre tout cela dès la fin de l’introduction acoustique avec l’excellente ouverture « Culebras Sin Honor » au démarrage tribal et qui enchaîne ensuite avec tout le panel rythmique voulu par le combo, qui joue autant sur les accélérations que les ralentissements avec un rendu groovesque franchement communicatif et une vraie fluidité dans l’exécution délicieusement variée. D’ailleurs ce schéma va être assez similaire sur la doublette qui enchaîne derrière (« Sombras Del Poder » / « Crucifixion ») qui ne perd rien de la dynamique générale, où l’envie de headbanguer reste persistante mais où une violence plus débridée fait aussi son apparition sous forme de gros tabassage qui se mêle facilement aux plans en médiums et aux harmonies nombreuses, calées entre les riffs agressifs et l’envie d’en découdre. Ça fait donc là-encore aisément le job sans tambour ni trompette et se révèle largement efficace… à défaut d’être véritablement mémorable, car au fur et à mesure de l’avancée de ce long-format on va s’apercevoir d’un côté interchangeable assez prononcé, donnant ainsi rapidement un sentiment de recyclage assez regrettable malgré toute la qualité de l’exécution.
C’est le cas du mitigé « Oscura Condena » trop prévisible et repris en boucle qu’il en devient presque pénible, tout comme l’interminable « Undefeated » au manque de couilles flagrant (et dont l’introduction de batterie semble largement inspirée par celle de « Painkiller ») qui finissent donc par donner envie de zapper avec ces deux temps faibles, mais heureusement le reste de cette galette va redevenir intéressante avec pour commencer le rudimentaire et débridé « Wounds » à l’explosivité prépondérante et qui ne cesse de pousser sur l’accélérateur sans se poser de questions. Addictif et agressif le rendu nous montre que quand les gars ne cherchent pas à rallonger leur propos et y greffer trop de choses ça se montre tout de suite plus convaincant, à l’instar des explosifs et endiablés « Abismo Sin Retorno » / « Ruins » / « Hollow Existence » assez bas de plafond et au rendu simple et redoutable… qui n’oublient pas cependant de greffer quelques courts moments de freinage. Tout cela permet ainsi de densifier le rendu qui joue sur le grand-écart intense et sans concessions, clôturant ainsi cette galette sympathique qui déroule tranquillement les gammes de ses auteurs appliqués et sérieux qui n’en font jamais des tonnes.
Néanmoins s’il avait été amputé de deux ou trois compositions mineures l’ensemble aurait été meilleur encore en évitant quelques longueurs et une certaine monotonie qui apparaît dans le dernier tiers de cet opus, même si on a quand même de quoi se satisfaire de ce résultat assez agréable et facile à s’enquiller sans demander une attention particulière. En revanche pour pouvoir espérer durer les sud-américains devront clairement plus varier leur jeu dans le futur au risque de rester en retrait par rapport aux autres noms de leur nation, et ne pas pouvoir prétendre les concurrencer plus tard… même si ça fera aisément son office sur scène en mettant les nuques à rude épreuve. Bonne petite réalisation loin d’être indispensable mais néanmoins remplie de charme on ne peut donc que conseiller d’y mettre les deux oreilles dessus pour prendre une bonne dose de décibels et de dynamique continue, où l’énergie communicative et l’implication globale de ses membres rendent le tout très digeste et impeccable pour l’été et les chaleurs qui en découlent.
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