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Exumer - Death Mask Messiah
Chronique
Exumer Death Mask Messiah
Revenu brillamment aux affaires depuis bientôt deux décennies le combo mené par l’inoxydable binôme Raimund Mensch et Mehmet Zendut aura en revanche mis du temps pour publier ce nouvel opus, lui qui nous avait habitué à être assez rapide du côté de ses sorties régulières et de qualité assez semblable. Car pas moins de sept années se sont écoulées depuis le très sympathique
« Hostile Defiance », une longue période qui a vu le quintet être modifié en profondeur avec l’arrivée de deux vétérans locaux à la basse et à la batterie, et dont le jeu ne va pas dépareiller par rapport à leurs prédécesseurs vu que le boulot est ici parfaitement balisé et exécuté tant on reconnaît facilement la patte de la formation de Francfort. Rien de neuf donc vu que celle-ci continue à nous envoyer un bon vieux Thrash à l’ancienne, énergique et propre où la finesse n’est pas vraiment à l’ordre du jour durant un peu plus de quarante-et-une minutes à l’image des précédentes sorties de ses auteurs.
Aidé par une production rugueuse et légèrement granuleuse le groupe va démarrer pied au plancher avec l’accrocheur « Death Mask Messiah » sans surprises tant ça joue vite et fort de façon presque continue, seulement interrompu brièvement par un passage central et de fin plus lourds et rampants afin d’offrir de la densité à une plage qui montre néanmoins certaines limites heureusement loin d’être éliminatoires. Car le début de cette galette va être relativement similaire, fait de compositions rapides qui ne ralentissent qu’en de rares et courts moments et porté par un riffing assez semblable qui renforcent du coup le côté prévisible et interchangeable de l’ensemble, tel que cela se produit sur « Blinding Skies » et « Sin Bleeder » où la sensation d’avoir affaire plus ou moins à la même chose finit par se faire rapidement sentir, et ce malgré la qualité des morceaux aguicheurs et très plaisants. Heureusement donc que « Eradication » qui déboule après cette triplette varie nettement plus son propos en partant sur du mid-tempo redoutable et remuant d’où émerge un solo mélodique du plus bel effet, et même si ça n’oublie pas d’accélérer à plusieurs reprises la bande montre ici un visage plus posé et moins frontal particulièrement intéressant qui fait plaisir à entendre, de par une alternance plus marquée sans perdre en violence malgré sa discrétion relative. C’est cette vision de bon goût que « Ravishing Waste » va mettre aussi en avant avec ses quelques accents Hardcore et son démarrage tribal et lourd, avant que les choses ne repartent ensuite de façon franchement débridée.
Mais là aussi tout est varié et assez équilibré pour offrir quelque chose de très bon et qui ne s’essouffle pas encore… ce que ne va pas éviter en revanche « Serpent », qui va avoir beaucoup de mal à s’emballer de par un léger manque de couilles et une trop grande prévisibilité en ne faisant que se répéter en boucle. Tout cela sans compter un rendu plutôt mitigé avec les moyens et ennuyeux « Scorcher » et « Frozen Ground » qui vont également souffrir de longueurs inutiles et d’une durée finalement excessive, ce qui aurait pu être facilement évité. Sans être totalement ratées ces deux compositions montrent cependant un côté roue-libre facile et agaçant, et c’est dommage car les gars ont parfois certaines absences qui font qu’on a l’impression qu’ils ne se foulent pas… et au lieu de publier des enregistrements plus courts ils s’obstinent à vouloir les remplir autant que possible au détriment de la qualité générale, qui en pâtit partiellement. Heureusement le positif l’emporte quand même sur le négatif et pour finir les hostilités sur une bonne note après le viril et équilibré « Fraticide » propice au headbanging, c’est surtout « Unchained Angel » qui va terminer dignement les débats en proposant un côté accessible plus marqué de par son mid-tempo remuant à souhait, et même si ça s’achève de façon un peu trop abrupte le rendu y est quand même largement satisfaisant et clôturant donc un disque à l’image de ceux qui l’ont précédé, et qui se greffera au milieu de la pile sans s’y démarquer outre mesure.
Car c’est typiquement ce qu’on attend de l’entité ici présente, du bon son bien envoyé ni plus ni moins… même si l’on trouvera clairement mieux dans ce registre vu qu’ici tout sera oublié et digéré dès qu’on en sera arrivé au bout de l’écoute, du fait d’un manque de variations global et d’un sentiment de bloc monolithique parfois difficile à percer. Mais bon tout cela reste des détails car ça file à vive allure, malgré ses baisses de régime et confirme que ses auteurs ne cherchent même plus à grimper dans la hiérarchie mais à juste proposer de bonnes choses simples et sans prise de tête à l’ancienne avec passion et plaisir. Ce n’est donc pas maintenant (et ça ne le sera jamais) qu’EXUMER passera du statut du banc des remplaçants vers celui de titulaire indispensable, gardant celui de suppléant sympathique et plaisant à défaut de pouvoir prétendre à mieux. Ça met le cerveau en veille le temps de s’ingurgiter tout cela mais on aura déjà oublié le contenu quand le disque s’arrêtera après la dernière seconde musicale… rien de rédhibitoire mais trop standardisé et inégal, et ce malgré une scène Thrash d’outre-Rhin qui cherche réellement un second souffle entre des ténors en fin de carrière qui ne se foulent plus vraiment et une relève qui peine à véritablement exister et se faire un nom… y a donc de la place mais hélas pas encore comblée.
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