Ninth Realm - Damnation's Veil
Chronique
Ninth Realm Damnation's Veil
"Tout vient à point à qui sait attendre ", ce dicton souvent entendu correspond parfaitement au destin de NINTH REALM qui aura mis du temps à gagner de la visibilité après presque une décennie à évoluer dans l’univers obscur de l’underground local le plus sombre et opaque, et ce malgré une productivité assez conséquente qui a vu le groupe sortir différents formats quasiment chaque année depuis ses débuts en 2018. Si en revanche rien n’a été publié l’an dernier cela est dû d’abord à du mouvement en interne et l’arrivée à la basse d’Amelia Morris (que l’on peut aussi entendre dans NUCLEAR TOMB), ainsi qu’à la signature du quintet au sein de l’écurie Transcending Obscurity Records… qui malgré un catalogue parfois inégal conserve un vrai pouvoir d’attraction et généralement assez qualitatif. Officiant dans un Death/Thrash teinté de Heavy comme de Hardcore le combo livre donc ici son deuxième album qui plaira aux puristes par son côté authentique et légèrement ancien, où la technique n’en fait jamais des tonnes et sert d’abord l’intérêt collectif pour privilégier ainsi l’accroche et le groove durant trente-sept minutes de très bonne tenue. Celles-ci défilant tranquillement sans véritables faiblesses… vu que les titres s’enchaînent avec aisance sans jamais s’étirer inutilement, et ce malgré un côté un peu linéaire et prévisible qui va apparaître progressivement au fur et à mesure de l’avancée de ce disque.
C’est d’ailleurs la seule chose qu’on peut véritablement lui reprocher tant l’ensemble est bien foutu et porté par des musiciens appliqués et sérieux (mention spéciale aux nombreux solos impeccables de Liam McMahon), même si on aura souvent du mal à différencier un morceau par rapport aux autres. Néanmoins tout cela s’assimile assez facilement et d’ailleurs le ton est donné dès la fin de l’introduction avec le très réussi « Damnation’s Veil » qui fait office de parfait condensé des différentes influences de ses auteurs, où après un démarrage assez lent et épique la suite va brusquement s’accélérer avec plus de virulence et de réverb’ au niveau du chant écorché avant que n’intervienne du mid-tempo imparable pour headbanguer, du riffing heaviesque et une fin aux accents Doom particulièrement froide. Gardant donc en continu sa fluidité et de la cohérence cette ouverture diversifiée et agréable donne donc le ton du reste à venir qui va garder cette même base, mettant plus ou moins en avant certaines vitesses et ralentissements. Si ce relatif équilibre va revenir à plusieurs reprises avec la même qualité (« Beyond The Void ») le reste des compositions va avoir un soupçon de diversité pour montrer une relative personnalité, malgré un sentiment légitime de recyclage mais qui conserve toute son efficacité.
La preuve ici avec le simple et direct « Cohorts Of The Abyss » qui joue sur les deux versants opposés pour donner aussi bien envie d’en découdre que de remuer la tête comme un forcené, ce que le plus ralenti « Imbued In Hellfire » va continuer à proposer tout en misant sur un versant plus bridé et massif, où la glace émerge de façon plus distinctive sans que le dynamisme soit absent des débats créant ainsi une relative vision intermédiaire très agréable, parfaite donc avant le retour à un côté débridé et instinctif. Car cela va s’entendre pour commencer sur le virulent « Rituals In Thar’amath » où le côté thrashisant est clairement mis en valeur sur fond de rapidité prédominante et de blasts énergiques, où peu de ralentissements se font entendre… ce que « Wyrd Of Strideborne » va reprendre avec la même efficacité en privilégiant l’écriture bas de plafond via une cadence élevée prépondérante. D’ailleurs cela va rester marqué sur le dernier tiers à venir comme avec le furibard et explosif « Vengeance Unto Rot » où la noirceur se voit exacerbée par une brutalité de tous les instants… ce qui est encore plus le cas du court et destructeur « All Hail Treachery », qui en à peine plus de deux minutes trouve le moyen de proposer un rendu assez exhaustif du panel musical de la bande. Démarrant pied au plancher avec même des accents Punk affirmés celle-ci va ensuite progressivement miser sur le médium puis carrément la pédale de frein en écrasant la machine pour clôturer cette plage de façon suffocante et obscure… d’ailleurs cette ambiance nocturne et poisseuse sera le point de départ de la conclusion intitulée « Twilight’s Blade ». Si elle va commencer avec cela elle va par contre gagner ensuite en rapidité jusqu’à se finir en pure mélodie étonnante, de par quelques notes guitaristiques assez éthérées qui clôturent ainsi de façon plus apaisée un disque tortueux et virulent qui ne laisse que peu d’occasions de reprendre son souffle… notamment du fait d’une production granuleuse et brute qui convient parfaitement au contenu proposé mais finit aussi par se montrer fatiguante à la longue.
Cela fait aussi partie des choses qui font que cet enregistrement malgré tout son capital sympathie et son exécution sans failles n’a pas encore ce petit truc en plus pour pouvoir espérer devenir indispensable, même si l’on sent qu’il y a un potentiel qui ne demande qu’à s’affirmer plus fortement. Heureusement le fait que ça reste correct du côté du temps et que c’est régulièrement aéré par des solos impeccables et cassures redoutables font qu’on évite ainsi le trop-plein préjudiciable… autant dire qu’un peu plus de variations et de relative sobriété (éviter ainsi de se disperser sur trop de styles à la fois) seront nécessaires pour y parvenir, même si l’on se doute que les gars ont suffisamment d’intelligence pour tenir compte de tous ces points. Mais malgré ses petites imperfections l’ensemble reste plus que correct et franchement aguicheur pour procurer tranquillement ce qu’on lui demande, une musique simple et qui défoule pour permettre au cerveau de déconnecter totalement… c’est finalement largement suffisant et franchement pas si mal si on y repense, pas besoin d’être exigeant pour apprécier ce moment présent qui fera mouche à tous les coups ou presque en filant le sourire et la pêche.
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2 COMMENTAIRE(S)
citer | Assez d'accord avec la chronique et le commentaire précédent, il manque juste un tout petit quelque chose même si c'est efficace et hyper bien exécuté. |
citer | Ce disque manque de thrash, de grosses accroches bien efficaces. Ya tout ce qu'il faut d'autre, mais il pourrait remplacer quelques riffs très convenus par des riffs hardcore et on serait très très bien. |
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2 COMMENTAIRE(S)
05/09/2026 21:11
01/09/2026 09:24