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Phantom Corporation - Time And Tide
Chronique
Phantom Corporation Time And Tide
Après nous avoir offert il y a deux ans et demi le parfait défouloir en règle avec
« Fallout » le quintet basé à Brême est aujourd’hui de retour avec un successeur qui ne va nullement dépareiller avec ce réussi premier album, car pourquoi changer une formule qui marche et qui a fait ses preuves auprès du public… au risque ensuite de se louper en beauté au lieu d’appliquer la même recette convaincante. Bref on prend les mêmes et on recommence serait-on tenté de dire, et les gars ont bien fait de rester dans cette ligne de conduite vu que ce deuxième opus va durant quarante-deux minutes balancer toute sa hargne à fond la caisse sans véritablement lever le pied, porté par des riffs basiques et entraînants ainsi qu’une batterie en mode minimaliste à l’allure conséquente. C’est simple, direct et bas du front avec ce qu’il faut de Death à l’ancienne et de Crust cradingue et simplissime pour passer un bon moment sans réfléchir ni cogiter, vu que le cerveau va être totalement débranché durant toute cette période de plaisir auditif. Autant dire que les amateurs de finesse et d’écriture complexe pourront passer leur chemin… quoi que, vu qu’ils vont ici trouver ce qu’il faut pour avoir la pêche tant l’expérience de chacun des membres ressort ici aisément, évitant ainsi l’écueil de la redondance si facile dans ce registre si rudimentaire.
Car d’entrée on pourrait croire que cela va être le cas avec le furieux et Thrashy «Frantic Disruption » qui ne fait pas de quartier en déboulant pied au plancher du début à la fin, débordant donc d’énergie comme pour nous signifier "En avant toute !" sans jamais ralentir la cadence. C’est donc particulièrement dépouillé mais ça fout la pêche immédiatement sans aucune lassitude notoire, et ce malgré une longue répétition générale qui heureusement n’est jamais rédhibitoire… et d’ailleurs ce même schéma va se retrouver aussi sur l’impeccable « Pound Of Flesh » aux accents Punk, comme sur le court « Crisis » où explosivité et blasts ne cessent de s’alterner l’un après l’autre (afin de finir d’enfoncer la tête de l’auditoire au cas où il n’aurait pas encore compris le message vindicatif et sans concessions). Jouant également sur quelques légers accents Grindcore le combo nous montre cela sur l’ultra expéditif « Krokodil » où la vitesse y est décuplée et la puissance de feu encore plus impressionnante, mais heureusement les mecs ont la bonne idée de proposer aussi des compositions plus variées et denses sans pour autant relâcher la pression. La preuve ici avec la doublette « Dead Of Night » / « Crushed » qui offre de longues plages débridées calées entre quelques parties remuantes jouées au ralenti, idéal donc pour secouer la nuque avant de lâcher les chevaux à nouveau… une construction que « To The Hilt » va reprendre également en y ajoutant quelques parties blastées de bon aloi où l’on est happé par ces frappes atomiques où l’on suffoque régulièrement.
D’ailleurs il était dit que malgré sa superficialité de façade cette galette était légèrement plus profonde qu’on ne pouvait le croire initialement, et si évidemment ça ne va pas chercher très loin il faut bien reconnaître que l’on va grandement apprécier les courts passages mid-tempo de l’impeccable « Time And Tide » qui joue sur les cassures nombreuses, et surtout via le surprenant et réussi « Sorcerer » où ça va clairement appuyer sur le frein pour offrir de délicieux accents mélodiques du côté des guitares. Et même si ce rendu différent du reste ne va pas s’éterniser (on retrouve rapidement la fureur originelle de ce disque) on s’aperçoit que ça ne fait pas tâche en comparaison de ce qui l’a précédé, et l’on en vient à regretter que cela n’ait pas été plus souvent mis en avant sur ce long-format tant ça aurait pu apporter plus de diversité bienvenue à l’ensemble. Néanmoins si ce point peut effectivement être soulevé il n’en est pas pour autant éliminatoire surtout que cet enregistrement se termine par le varié « Western Apocalypse » qui mise sur les deux facettes les plus éloignées de ses auteurs, qui offrent donc une ultime composition très agréable malgré là encore une durée un peu excessive et qui clôt ainsi un enregistrement certes prévisible mais aussi très addictif. Car même si on a peu de moments pour respirer (tant ça martèle fort de façon presque permanente) on ne ressortira pas indemne de cette violence incessante et qui fait du bien par où ça passe, et c’est là où l’on sent le vécu musical de chacun des membres qui savent exactement quoi faire… sans tomber à côté. Preuve donc d’une vraie maturité et d’un résultat global largement positif qui trouvera aisément sa place sur scène en donnant le ton d’un festival ou d’une tête d’affiche, qui arrivera devant un public chauffé à blanc et prêt à en découdre… typiquement ce qu’on demande à ce type de sortie authentique et sincère qui ne donne jamais mal à la tête, du tout bon en somme !
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