Razorvoid - Into The Void
Chronique
Razorvoid Into The Void
A l’heure où le superficiel et le paraître font la loi et que l’Intelligence artificielle finit de détruire le cerveau des neuneus biberonnés au Chinois TokTok il est donc encore plus agréable de voir que la simplicité et l’authenticité ont toujours cours aujourd’hui, une vision dont la Suède s’est faite un des étendards à l’heure actuelle et elle le prouve une fois de plus avec ce premier opus de RAZORVOID, qui va continuer le chemin tracé par de glorieux prédécesseurs. Car évoluant dans un Thrash cradingue mâtiné de Punk et D-Beat puant le quatuor va proposer ici onze compositions à l’image de la pochette de ce premier album, c’est-à-dire brute, directe et sans concessions et surtout où la musique prime sur le reste… celle-ci sentant largement l’influence des premiers MOTÖRHEAD comme de REPUGNANT dans sa globalité. Autant dire que tout cela ne va pas faire dans la finesse et c’est bien le but recherché car les amateurs de technicité et de production sans aspérités pourront facilement passer leur chemin, au profit ici d’un old-school délicieux malgré sa saleté et son écriture rudimentaire… vu que l’ensemble va être relativement interchangeable de par ses riffs minimalistes et un batteur qui martèle ses fûts comme un damné, sans jamais véritablement lever le pied.
Le premier tiers de ce disque va d’ailleurs garder cette base frontale et balancée à toute berzingue avec les sombres et décharnés « Sign Of The Curse », « Into The Void », « Blasphemic Assault » et « Desolate Future » qui proposent heureusement un soupçon de variations ou de cassures pour éviter d’être répétitifs… même si ces points sont souvent trop légers pour pouvoir différencier chacune de ces plages. Néanmoins tout cela est immédiatement accrocheur du fait de la puissance et de la radicalité qui se dégage, surtout que c’est addictif et ça défoule comme il faut en n’oubliant pas de secouer la tête et de proposer du solo joué à l’arrache qui émerge du chaos ambiant et de cette opacité humide récurrente. Si ce versant va se retrouver plus loin sur cette galette avec le tout aussi agréable « The Howling Wind », la suite à venir sans sortir de la zone de confort de ses auteurs va cependant proposer un peu plus d’alternance, un choix gagnant vu que là aussi on est totalement embarqué dans cette tempête sonore jouissive au possible, et qui peut même se montrer accessible et remuante à l’instar du redoutable « An Everlasting Flame ». Proposant ici du mid-tempo particulièrement dynamique (où la vitesse n’est quand même pas oubliée) cette composition montre une vision plus positive malgré la présence de l’orage imminent, qui finit par arriver avec le très court et hyper violent « Under The Lash » où de courts breaks servent de prétexte à relancer les nombreuses explosions furibardes aux explosions impressionnantes.
C’est donc toujours joué à fond les ballons mais de manière encore plus simplissime où l’on se rend compte que ça passe aussi très facilement le cap des écoutes… et ce même quand la machine se décide à franchement ralentir l’allure comme sur « Rituals Of The Damned ». Démarrant par un côté bridé étouffant l’ensemble va progressivement voir apparaître l’intégralité de son panel rythmique, qui ne cesse d’accélérer et de ralentir afin de proposer un relatif équilibre impeccable et particulièrement corrosif comme entraînant, qui montre que les gars savent conserver leur vigueur même en étant moins minimalistes. Il n’est donc pas étonnant que cela se poursuive sur la dernière partie de cet enregistrement qui continue de rester sans fausses notes notables, entre le groove implacable de « 422 Gutterpunx » (qui ne débande pas un instant non plus), l’homogène « White Death » et la conclusion « Jaws Of Perdition » expédié sous speed et qui sent ici et là l’inspiration de DESTRÖYER 666… tout est donc réuni pour passer un bon moment où l’on ne s’ennuie jamais.
Expédié en prime en à peine plus d’une demi-heure chrono cette boule d’énergie incisive et instinctive ne laissera que ruines et désolation autour d’elle, donnant l’image d’une ville dépravée et post-apocalyptique idéale quand on a besoin d’évacuer le trop-plein de stress ou de malaise intérieur. Alors certes on passera outre le sentiment de répétition et d’interchangeabilité permanent (sans oublier le rendu très générique) car finalement le contenu annoncé est bel et bien à la hauteur des espérances, tant on sent le vécu musical réciproque de chacun des gars de la formation basé à Gothenburg (où l’on trouve notamment le bassiste d’ARMORY) qui créent ensemble une véritable cohésion où le collectif est roi et l’homogénéité constante. C’est donc clairement un nom à suivre attentivement dans le futur vu que les mecs ont parfaitement intégré les codes du genre, le tout sans tambours ni trompettes mais avec juste une sincérité intégrale et une authenticité désarmante… et il est évident qu’avec une galette pareille ils ont de quoi entrevoir un bel avenir, se plaçant ainsi déjà en embuscade parmi les nombreux jeunes groupes à suivre au sein de la concurrentielle scène nationale à la qualité largement reconnue.
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