Cela faisait bien longtemps que je ne n’avais pas mis les pieds au
Glazart. Pas faute de proposer des affiches alléchantes pourtant… C’est loin, la fatigue est souvent là, j’aurais pris un coup de vieux que cela ne m’étonnerait pas outre mesure. Cependant, un ami cher m’ayant fait la (bonne) surprise de me prendre un billet la veille, je n’avais ni excuses ni échappatoires possibles, d’autant qu’
INTEGRITY, on aime bien. Surtout lorsqu’il s’agit de fêter les trente ans de l’EP
Humanity is the Devil. Pour les accompagner sur la route, une affiche 100%
hardcore composée de
WORLD I HATE et du respecté
RINGWORM.
J’ai manqué les premiers. À l’écoute de leurs albums
Years of Lead (2023) ou
Collapse (2020), je m’en mords un peu les doigts. En effet, la bande de Milwaukee propose un
hardcore metal frisant parfois le
grind extrêmement vénère construit sur la base de titres brefs (maximum deux minutes) bourrés de rifs secs comme une trique et laminés par le chant d’une teigne en puissance. Par conséquent, je ne sais pas s’il y avait foule pour assister à la prestation de ce chauffe-salle de qualité mais je me régale présentement des disques, disponibles sur le
Bandcamp.
Du côté de
RINGWORM, je ne sais pas pourquoi mais j’étais persuadé que les Américains venaient de La Nouvelle-Orléans et fréquentaient les mêmes cousinades qu’
EYEHATEGOD… Il faut dire que je connais mal leur discographie, à peine
Snake Church (2016) qui n’est certainement pas leur meilleur LP. Cependant, l’amalgame reste compréhensible au regard de la musique pratiquée. En effet, si l’on est bien souvent davantage proche d’un
metalcore thrashisant bien compris, nombre de passages me font penser au son de la Louisiane, comme si les auteurs d’
In the Name of Suffering avaient rangé les larsens, les ralentissements
doom ainsi que le chant vomi pour ne conserver que les aspects les plus radicaux de leur musique. Bon, si le registre s’avère plaisant durant une trentaine de minutes, je finis tout de même par trouver le style répétitif, manquant de nuances.
« Ouais c’est du hardcore connard ! » me crie-t-on au loin… Certes, il existe néanmoins des dizaines de façons de
hardcorer et celle-ci me laisse dans une forme de tiédeur perplexe. Je finis d’ailleurs par déserter la salle au moment du dernier titre des natifs de Cleveland afin de m’offrir un breuvage avant la cohue de l’entracte. Par curiosité, je viens de jeter une oreille sur
Death Becomes My Voice paru chez
Relapse en 2019, tentative qui n’a en rien infléchi mon opinion. C’est bien entendu efficace, jamais guimauve, l’ancienneté de la formation (les débuts remontent à 1991) justifie sa renommée, son aura, je reste toutefois définitivement étanche à ce genre paradoxalement trop
metal à mon goût, étant pourtant loin d’être
hardcoreux de souche. Trop de solos, de riffs
heavy thrash… Reste un vocaliste terriblement efficace qui bouffe de la vache enragée matin, midi et soir.
De toute façon, presque tout le monde devait être là pour voir
INTEGRITY qui, je l’avoue, a infligé une solide correction à l’assemblée. La troupe se voit renforcée par le guitariste de
WORLD I HATE afin d’être au plus près de la formation d’origine en quintette car il est vrai qu’une seule « six cordes » aurait possiblement pénalisé une musique déjà bien étoffée en 1996, pleine de breaks, d’harmonies et de solos. Le
set débute au son de « Vocal Test », je suis content car j’arrive à en comprendre les paroles qu’il est par conséquent aisé de reprendre en chœur. Portée par un
Dwid Hellion particulièrement jovial et en voix, la formation déroule, développant sur scène une noirceur
negative hardcore que je ne percevais pas sur rondelle, peut-être à cause d’une production aujourd’hui légèrement datée. Quelle hargne ! Le bassiste géant me cause quelques frayeurs lorsqu’il saute, sa tête frôle le plafond, on ne passe pas loin de l’incident domestique à la con ! À la limite, s’il fallait rechigner un brin, je dirais que la sonorisation manquait un poil de
punch notamment lors des
breaks ou des traditionnelles reprises, lorsque la guitare riffe seule pour annoncer la prochaine tempête rythmique. Peut-être également que la prestation fut un rien trop brève, quinze morceaux furent pourtant exécutés, alors que je me serais personnellement bien passé de la reprise des
MISFITS en guise de conclusion, chanson dont la jovialité
punk jurait réellement.
Sinon, la chic ambiance dans la salle. Une fosse sans doute un peu trop morne au goût des musiciens, un peu trop clairsemée également, la date n’ayant vraisemblablement pas su convaincre la jeunesse notamment, la moyenne d’âge se situant plutôt du côté du mien qu’autre chose. Quant au
merchandising, chatoyant à l’image de la pochette de
Humanity is the Devil, il semblerait qu’il faille se faire une raison : le prix d’entrée des manches courtes c’est désormais 30 balles, tant pis pour ma collection automne-hiver.
Je ne sais pas pourquoi, le lendemain je me suis fait l'intégrale de
KICKBACK
Setlist
01. Vocal Test
02. Hollow
03. Psychological Warfare
04. Sarin
05. Taste My Sin
06. Incarnate 365
07. Abraxas Annihilation
08. Systems Overload
09. Rise
10. Diseased Prey Within Casing (Intro)
11. Judgement Day
12. Harder They Fall
13. Micha: Those Who Fear Tomorrow
14. Jagged Visions of True Destiny
15. Hybrid Moments (Misfits cover)
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