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Ruinous Power - Extreme Danger: Prototype Weaponry
Chronique
Ruinous Power Extreme Danger: Prototype Weaponry
Non contents d’avoir sorti en 2024 l’un des meilleurs albums de l’année avec Mitochondrion, les inséparables Sebastian Montesi et Shawn Haché ont entamé 2025 avec la sortie d’un autre de leur bébé, le premier album d’un groupe baptisé Ruinous Power.
Formé en 2021 avec l’aide d’un troisième larron dénommé Brayden Turenne (chant, batterie, synthétiseur), le trio a débuté sa carrière avec la sortie d’un split en compagnie d’Iogsothep, autre formation canadienne dans laquelle on retrouve là encore Sebastian Montesi accompagné cette fois-ci par un certain Abelardo Mayoral-Fierros. Passé relativement inaperçue (en tout cas par chez moi), cette collaboration parue sur le label Les Fleurs Du Mal Productions (Akasha, Bašmu, Black Citadel, Gevurah, Revenant Marquis, Spectral Wound...) aura permis au groupe de mettre le pied à l’étrier le temps d’un unique morceau avant de passer aux choses un petit peu plus sérieuses.
Soutenu dans ses nouvelles aventures par le label italien I, Voidhanger Records toujours à l’affût du moindre projet sortant plus ou moins des sentiers battus, Ruinous Power a sorti en février de l’année dernière un premier album intitulé Extreme Danger: Prototype Weaponry. Un disque qui ne paie pas nécessairement de mine (surtout avec cette illustration pas forcément hyper engageante signée justement des mains de Brayden Turenne) mais qui pour autant ne manque absolument pas de charme.
Composé de sept titres et bouclé en moins d’une demi heure, Extreme Danger: Prototype Weaponry donne à travers ces quelques chiffres l’image d’un album bien décidé à ne pas s’éterniser. Néanmoins, malgré une approche effectivement assez directe, l’auditeur devra pour commencer faire face à "What Of Sacred Mars?", une pièce imposante de plus de neuf minutes (ce qui représente tout de même un tiers de l’album) lors de laquelle le groupe va faire montre de toute sa versatilité. En effet, passée une courte introduction étrange sur fond de didgeridoo et autres sonorités synthétiques, le trio se lance alors dans l’exécution d’un Black / Death intense et chaotique pour le moins redoutable et furieux. Rien de bien nouveau dans toute cette débauche de riffs, de blasts et de hurlements mais entre la nature technico-dissonante des riffs, la production assez sèche et les ambiances synthético-futuristes délivrées subtilement sur cette première partie, on sent poindre en effet une petite touche de personnalité pas désagréable. À compter de 4:46, changement de braquet puisque Ruinous Power opte pour une seconde partie beaucoup plus atmosphérique et totalement instrumentale comme pour mieux prendre l’auditeur à revers. Un moment d’accalmie que l’on ne manquera pas d’apprécier avant de se faire à nouveau copieusement secouer.
En effet, favorisant dès lors des formats beaucoup plus courts compris entre deux et quatre minutes, le trio canadien va très vite revenir à l’essentiel sans pour autant manquer de varier les plaisirs. De fait, si le Black / Death de Ruinous Power est effectivement caractérisé par un côté punitif et explosif, les moments moins tendus ne manquent pas comme l’atteste la première partie de "The Long Game", "Kneel" à 0:42 et 1:33, l’interlude quelque peu étrange que constitue "Extreme Danger: Prototype Weaponry", "+++ Engine Kill +++" à 0:22 ou bien encore la première partie de "The Descent Of The Host". Certes, ces instants ne sont peut-être pas propices à la contemplation mais ils permettent au moins de reprendre brièvement nos esprits entre deux rasades de chaos.
Le reste, eh bien c’est comme expliqué déjà plus haut, une succession de blasts et autres accélérations haletantes (du genre toupa-toupa plus ou moins marqué), des riffs desséchés, décharnés et sensiblement dissonants qui tricotent de manière à la fois complexe et débridée, des changements de rythmes mais aussi des changements de séquences inattendus et enfin un trio de voix arrachées et growlées dans un esprit aussi conquérant et imposant que chez Mitochondrion même si ici c’est le batteur Brayden Turenne qui mène l’essentiel de ces joutes verbales. Le tout servi à travers des atmosphères futuristes discrètes mais suffisamment bien mises en avant pour qu’on s’en imprègne dès les premiers instants.
Dans la continuité d’un Auroch dont les activités ont pourtant été stoppées par messieurs Haché et Montesi, ce premier album de Ruinous Power ne manquera pas de ravir les amateurs de Black / Death abrasif et frontal qui trouveront tout au long de ces vingt-huit minutes (un brin frustrantes par cette durée un poil courte) de quoi se montrer effectivement enthousiastes. Nos deux Canadiens étant cependant des musiciens un tantinet exigeants, ne vous attendez ni à des riffs lambdas ni à des structures qui coulent de source mais à des choses un petit plus complexes et personnelles même si le trio a tout de même souhaité aborder les choses de manière assez directe et frontale.
| | AxGxB 13 Janvier 2026 - 392 lectures |
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