Mené depuis 2002 par
Bane, musicien expérimenté de la scène allemande,
UNGOLIATH publie cette année son deuxième effort après un
Whispers of the Gale remontant à peine à 2024. Il ne faudra pas attendre bien longtemps pour saisir la teneur de ce
Shadows of the Eclipse, le titre d’ouverture « Sealed in Fire, Crowned in Dusk » explosant tel un bon vieux
THE LEGION, celui d’
Unseen to Creation notamment grâce à ce bel équilibre entre la puissance du
death metal et la dimension mélodique du
black. Rien de neuf sous le soleil noir donc mais une entrée en matière saisissante qui place immédiatement l’auditeur dans les meilleures dispositions au moment de prendre connaissance de l’offrande.
Cela dit, ne pas être original pour un rond n’a jamais été un frein à l’appréciation d’un album et ces huit compositions démontrent suffisamment de savoir-faire pour savourer à sa juste valeur le travail du Berlinois. Déjà, le
one-man band s’offre une production limpide, aussi claire que puissante, qui met parfaitement en évidence l’excellence des guitares ainsi que du chant : les premières possèdent exactement ce qu’il faut d’épique là où le second se positionnera en guerrier nordique lourdement armé, prêt à en découdre avec les ennemis de son peuple. C’est un oui franc.
Ensuite, comme je viens de l’indiquer, la part belle du LP est offerte aux mélodies guitaristiques, toujours fouillées, subtilement techniques (aucune emphase inutile n’est à déplorer) à l’image d’un « Threnody of the Fallen Sphere » qui tricotte ses accords sans donner l’impression de forcer son talent ou d’avoir fait l’objet d’une multitude de prises. Fluide, tel est le principal adjectif qui me vient en tête durant ces presque cinquante minutes. Il faut dire que l’homme prend le temps de développer correctement ses idées au cours de morceaux allant de cinq à huit minutes, ce qui démontre une certaine ambition doublée de sérieux dans une mise en place où rien n’est laissé au hasard.
UNGOLIATH mériterait assurément de trouver un label. Et si l’on n’échappe pas toujours à la facilité des claviers pour ajouter un peu de grandiose sur les ambiances, ils ne sont jamais là pour masquer quelques lacunes instrumentales. Cela est fait avec subtilité, ce qui rend
Shadows of the Eclipse particulièrement digeste en dépit de sa durée.
Je suis en revanche moins convaincu par les tempos lents (« Cry of the Broken Realm » ; « Rise from Ruins ») visant à apporter une touche romantique à l’album car ils supportent difficilement la comparaison avec les roustes qu’est capable de nous infliger
Bane lorsqu’il tape un sprint, au cours de la chanson éponyme par exemple ou encore sur « Stormbound Elegy ». Pour moi, c’est clairement lorsque le groupe évolue dans ce registre
black metal vif, costaud et mélodique qu’il domine la situation. D’ailleurs, certaines ambiances ne sont pas sans m’évoquer le
GLOOMY GRIM (une pensée pour
Agathon décédé en 2022) de
Life?, en plus organique cependant au niveau du traitement de la batterie : un vrai instrument fera toujours la différence dès lors que l’on ne vise pas l’inhumanité.
Ainsi, l’Allemagne prouve une nouvelle fois le talent de ses musiciens grâce à cette parution certes commune, respectueuse de tous les standards en vigueur, mais contenant suffisamment de passages marquants et entraînants pour mériter de nous accompagner durant l’hiver qui s’annonce.
Par Jean-Clint
Par Sosthène
Par Keyser
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint
Par Lestat
Par Jean-Clint
Par xworthlessx
Par Ikea
Par AxGxB
Par Jean-Clint
Par Sosthène
Par Lestat
Par Krokodil
Par Niktareum
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint