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Gloombound - Dreaming Delusion
Chronique
Gloombound Dreaming Delusion
Passé relativement inaperçu, Dreaming Delusion est le premier album de Gloombound. Sorti en juillet dernier sur Bandcamp uniquement, celui-ci sera proposé quelques mois plus tard au format CD par le label portugais Gruesome Records chez qui sont notamment parus certains albums de God Disease, Hideous Divinity, Helslave ou Huronian. Une collaboration qui ne changera pas nécessairement la donne en termes de visibilité puisqu’on ne va pas se mentir, celui-ci reste malgré tout un label de troisième division, mais qui au moins permettra aux collectionneurs d’avoir sur leurs étagères l’une des ces chouettes découvertes ayant marqué l’année 2025.
Originaire d’Oslo, Gloombound voit le jour en 2022 sous l’impulsion de quatre jeunes musiciens âgés seulement d’une petite vingtaine d’années. Auteur d’une première démonstration parue en 2023 (Astral Exhalation) sur laquelle je n’ai jamais posé mes oreilles, ce groupe à la parité jusque-là exemplaire (deux femmes et deux hommes) est rejoint la même année par un deuxième guitariste en la personne de Håkon Leira (Fanatisme). C’est ainsi à cinq que Gloombound compose et enregistre ce premier album sous la houlette du producteur Johannes Bratli (Enter Obscurity, Filthdigger, Horrifier...). Un disque illustré élégamment par une certaine Mie Ruistuen dont la composition mystérieuse et aux couleurs pastels (rehaussée par ce très chouette logo ainsi qu’une typographie tout aussi intrigante) ne manquera pas d’attirer le regard et de pousser les curieux à la découverte de ce premier album fort sympathique.
Pratiquant un Death / Doom à tendance funéraire, Gloombound offre sur ce premier jet longue-durée cinq nouvelles compositions qui ne devraient pas manquer de ravir tous les amateurs du genre. En effet, tout y est (et même peut-être davantage) à commencer par des compositions qui aiment naturellement prendre tout leur temps puisqu’à l’exception de ce "Salvation", un interlude affiché à un petit peu plus de deux minutes, les quatre autres titres fluctuent entre sept et quinze minutes.
En apparence fidèle à tous les canons du genre, Gloombound semble de prime abord ne pas chercher à déborder d’un cadre plus ou moins restrictif. Cependant, on va rapidement se rendre compte, et cela finalement dès la première écoute, que nos jeunes norvégiens ne sont pas que des élèves appliqués mais également des élèves un peu plus curieux puisque désireux d’apporter à une formule somme toute assez scolaire quelques petites touches plus personnelles leur permettant ainsi de se faire quelque peu remarquer. Certes, ils ne sont évidemment pas les premiers à le faire (on pensera notamment à leurs voisins finlandais de Skepticism ou plus récemment aux Américains de Dream Unending) mais ce mélange de sonorités éthérées sur fond de piano particulièrement élégant comme entendu sur "At The Precipice To Longinquity" aux alentours de 4:51 apporte d’entrée de jeu une petite pointe de fraicheur des plus sympathiques. Naturellement, d’autres séquences de ce type ponctuent les quarante-trois minutes de ce premier album comme par exemple les premiers moments de "An Eternity Of Complete Acquiescence" ou bien alors plus loin sur "Dreaming Delusion" avec cet orgue funeste dispensé notamment (mais pas que) sur les premières mesures de ce titre fleuve puis de nouveau aux alentours de 8:20 avec cette fois-ci un piano un brin funeste... Ces passages, s’ils sont peut-être les plus remarquables s’accompagnent également d’autres inserts mélodiques opérés sous formes de nappes synthétiques plus discrètes mais néanmoins en plus grand nombre, ces quelques arrangements (électro) acoustiques dispensés ici avec sur "Salvation" et "Dreaming Delusion" par exemple ou bien encore ces quelques lignes de chant clair dispensées sur "Dreaming Delusion".
Qui dit : "Death / Doom à tendance funéraire" dit évidemment rythmes pesants et allure de sénateur. Aussi Dreaming Delusion n’est pas un album qui « décoiffe » puisqu’il aligne en effet les séquences lourdes et écrasantes sur fond de riffs plombés, de frappes à l’économie et de growl profond et abyssal. Growl et chant d’ailleurs tenus par deux jeunes femmes qui au vu de leurs prestations respectives (classiques mais non dénuées de nuances et autres variations) n’ont absolument rien à envier à qui que ce soit. Cependant, on appréciera de constater que les Norvégiens sont capables de corser le ton de manière particulièrement farouche. C’est le cas notamment sur l’excellent "An Eternity Of Complete Acquiescence" avec une séquence des plus intenses qui n’est pas sans faire écho à ce que l’on peut trouver chez les Américains de Spectral Voice et de Black Curse (avec en guise de cerise sur le gâteau le même genre de vocalises hallucinées / possédées). Seul regret, constater que cette séquence n’est finalement qu’un "one shot" puisque même si on trouve quelques moments plus chaloupés et / ou dynamiques sur d’autres compositions, jamais celles-ci ne parviennent à égaler ce court degré d’intensité (d’ailleurs, elles ne cherchent même pas à le faire). Et si ce regret n’est en aucun cas rédhibitoire quant à l’appréciation de ce premier album, y goûter aussi brièvement laisse tout de même un petit goût en bouche de "pas assez" que l’on aurait aimé voir comblé…
De son illustration à sa production en passant évidemment par ses compositions, ce premier album de Gloombound est ce que l’on peut appeler une franche réussite. Tout n’y est évidemment pas parfait (on aurait effectivement aimé plus de ces passages menés le couteau être les dents et les yeux révulsés) mais on n’en est tout de même pas très loin. Particulièrement bien composé en plus d’être efficace, mélodique, varié, équilibré et relativement fidèle aux standards qu’impose la pratique d’un tel genre aussi balisé, Dreaming Delusion se distingue de la masse par quelques petites touches assez personnelles qui l’aident effectivement à tirer son épingle du jeu. Un nouvelle réalisation particulièrement aboutie qui place ainsi Gloombound parmi les meilleurs espoirs du genre pour les année à venir. Clairement une sortie à ne pas manquer si on apprécie un tant soit peu le Death / Doom funéraire à la sauce scandinave.
| | AxGxB 7 Janvier 2026 - 533 lectures |
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