Un discours de l’inénarrable Agnès Pannier-Runacher (le célèbre « lorsque tu vas sur une ligne de production, ce n’est pas une punition, c’est pour ton pays, c’est pour la magie ») en guise d’introduction d’un album de
black metal, vous pensiez cela possible ? Moi non,
GROWTH l’a pourtant fait de fort habile manière avec « Industrial Anthem ». Ce n’est d’ailleurs pas le seul trait d’humour (noir, l’intervention étant pathétique) dont le
one-man band est capable puisque son slogan «
Extreme plastic metal for industrial plastic people » parodie le «
Extreme Music For Extreme People » que l’on peut lire sur les t-shirts de
MORBID ANGEL. Pourtant le Français ne donne pas l’impression d’être un rigolo et si sa musique prête parfois à sourire c’est uniquement à cause des nombreux samples de personnalités publiques qui parsèment le disque, tous absurdes, risibles, cyniques.
Ainsi, l’esthétique paraît certes iconoclaste (la pochette de
Capitalist Supremacy en 2021, celle d’
Industrial Necrocult n’est pas non plus piquée des vers) mais les splits enregistrés aux côtés de
SACRAL (2022),
RED VAMPYRIC WITCHERY (2023) puis
CARRION KNELL (2024), soit la nouvelle génération du
black en quelque sorte, n’étaient pas là pour la gaudriole. Uniquement des formations engagées : lutte des classes, critique sociale, anticapitalisme, antifascisme, défense de l’environnement, autant de sujets d’actualité qui n’ont trouvé leur place que récemment dans cette scène, alors que c’est le fonds de commerce (si je puis dire) du
grind et du
hardcore depuis leur avènement. Je ne lancerai pas un débat pour déterminer si oui ou non ces thématiques ne devraient pas d’autor interdire l’appellation
black metal, il reste que
GROWTH s’en revendique dans sa version industrielle :
beats électroniques, boîte à rythmes, sons synthétiques de vieux jeux-vidéo, bruitages en tout genre, clavier, une version
cheap et politisé de
With No Human Intervention (« Mesmerizer »), reste un chant encore référentiel là où les guitares le sont souvent moins, rejoignant plutôt le
punk (« Dying One Day at a Time » ; « Glitter and Glow » ; etc.) mais n’ayant définitivement rien de
metal au sens où on l’entend traditionnellement.
Bon, en soi l’expérience est intéressante même si nous frôlons parfois le n’importe-quoi, « Happy Collapse » par exemple avec son saxo, sa voix féminine, ses cassures incessantes… Pourtant, certaines ambiances s’avèrent efficaces (« Fascists on TV ») mais
Industrial Necrocult durant une heure, j’avoue avoir d’importantes difficultés à en venir à bout parce qu’au-delà de l’aspect quasi-pamphlétaire que revêt cette œuvre anarchiste, l’intérêt purement musical atteint rapidement ses limites, chose que je ne me serais sans doute pas dite s’il y avait eu davantage de concision et uniquement des titres de la teneur d’un « To Mars! » ou « The Worst is Yet to Come », c’est-à-dire réellement
black indus, donc moins parasité par des éléments extra-métalliques qui, s’ils font bel et bien la personnalité de
GROWTH, tendent également à en diminuer l’impact.
Reste un disque étonnant, rare, seul sur son terrain de jeu. À écouter ne serait-ce que par curiosité.
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