Confiné dans les méandres d’une scène Black / Death disparate où l’on trouve évidemment à boire et à manger, Hadopelagyal a fait de 2025 une année relativement chargée. Il y a eu tout d’abord la sortie en février d’un split intitulé
Invoking Necrorites en compagnie des Suédois de Kill auquel a succédé quelques mois plus tard
Haematophoryktos, une pièce de choix beaucoup plus imposante parue tout comme ce split non plus chez Ván Records mais chez Amor Fati Productions.
Enregistré, mixé et masterisé par de fins esthètes connus sous les pseudonymes de Goat Primator (Ch'ahom, Pale Spektre, Primitive Slaughter, Sadistic Goatmessiah...) et Vent (Sacral, ex-Evil Warriors, ex-Lihhamon),
Haematophoryktos possède une production un poil moins opaque que celle de son prédécesseur qui effectivement nécessitait un petit peu d’effort et d’implication de la part de tous ceux souhaitant pénétrer l’univers particulièrement dense de nos deux Allemands. Pour ce qui est de cette illustration représentant une épaisse toile d’araignée sous la lumière aveuglante d’une quelconque ampoule (en tout cas pour la version vinyle puisque celle de la version CD s’avère bien plus indescriptible même si j’hésite entre la photo d’un buisson et celle d’une quelconque cellule ou autre tissu organique), on la doit à un certain Jonty Lava, guitariste d’Abyssous et Heretic. Une oeuvre qui ne dit pas forcément grand chose sur ce qui vous attend à l’écoute de ces quarante-cinq minutes mais qui pourtant correspond bien à ce Black / Death punitif et oppressant.
Ce genre de musique n’étant pas particulièrement propice à la nouveauté et à l’expérimentation, vous ne serez pas surpris de lire qu’
Haematophoryktos se contente de marcher à grandes enjambées dans les pas de son prédécesseur. Ainsi, tout comme
Nereidean Seismic End, c’est une fois de plus le couteau entre les dents que nos deux hommes conduisent ici leurs multiples assauts. Un rythme toujours aussi soutenu induit notamment par un jeu de batterie pouvant paraître quelque peu limité (forcément, si on n’est pas amateurs de blasts quasi-ininterrompus ça risque d’être un petit peu compliqué) mais qui par son caractère particulièrement redoutable et implacable a le mérite de mettre rapidement les points sur les "i". En effet, si c’est bel et bien lessivés que l’on termine l’écoute de ces huit nouvelles compositions, c’est parce que pendant près de trois quarts d’heure Hadopelagyal va prendre un malin plaisir à malmener et à secouer violemment ses auditeurs sans leur offrir beaucoup de répit. Aussi je ne vais pas vous faire le détail de chaque séquences blastées puisque celles-ci constituent en effet l’essentiel de ces quarante quatre minutes bien frappées. Naturellement, toutes ces attaques, aussi redoutables et efficaces soient-elles, ne sont pas les seules responsables de tout ce chaos parfaitement orchestré. Les riffs « portaliens » toujours aussi menaçants et bourdonnants d’Hekla y sont également pour beaucoup. Des riffs épais et diffus que l’on distinguent peut-être un petit peu plus aisément que par le passé grâce à cette production évoquée plus haut mais qui n’en restent pas moins assez hermétiques et qui plus est un tantinet répétitifs. Aussi ne comptez par sur Hadopelagyal pour vous aider à pousser la chansonnette car rien chez les Allemands ne sonne de près ou de loin comme une mélodie un tant soit peu entêtante (même si, je vous l’accorde, on s’en approche sur un titre tel que "Amidst Unending Twilights Unheeded, Bearing Neither Lustre Nor Name").
Pour autant, si Hekla et Augur se plaisent effectivement à jouer les brutes intraitables, le duo n’est pas sans nous offrir évidemment quelques très courts passages (pas plus de quelques secondes en règle générale) un poil plus apaisés. Des instants naturellement accueillis les bras ouverts puisqu’ils vont nous permettre de reprendre brièvement notre souffle et nos esprits avant de se faire une fois encore bousculer à grands renforts de frappes implacables. C’est le cas par exemple sur les dernières secondes de "Swarthseleniasmos" mais également plus en amont comme à 1:41 et 2:50, "Promulgating Haematekchysia" à 1:06, 1:23, "Amidst Unending Twilights Unheeded, Bearing Neither Lustre Nor Name" aux alentours de 2:57, "Invocation of Abomination's Excrements" à 0:34, 1:52 et 2:39 ou bien encore "Stampede Of Exsanguinated Stygian Hordes" à 3:49. Des appels d’air très succincts permettant d’apercevoir la lumière un court instant avant de se faire traîner une fois de plus dans les profondeurs de ce Black / Death intense et tellurique.
Dédié à tous les bas de plafond et autres babouins consanguins qui n’aiment leur Black / Death que lorsque celui-ci fait mal (même si les Allemands font tout de même figurent d’intellectuels dans le genre), Hadopelagyal livre avec
Haematophoryktos un album jusqu’au-boutiste marqué par un manque de finesse particulièrement flagrant. Fort heureusement ce n’est pas ce que l’on attend de ce genre de formations aussi le groupe a pris soin de n’épargner personne parmi ses auditeurs grâce à ces blasts et autres attaques radicales qui n’en finissent pas de pleuvoir sur nos corps meurtris, grâce à ces riffs denses et énigmatiques qui planent sur nous telle une menace diffuse et indicible, grâce à ces patterns répétitifs et aliénants... Bref, Hadopelagyal continue de faire du Hadopelagyal et heureusement avec toujours autant de talent et d’efficacité. D'ailleurs, c’est justement bien là tout ce qu’on pouvait lui demander.
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