Bien décidés à occuper l’espace par leur présence et à faire parler d’eux autrement qu’en maltraitant de pauvres appareils photos, les Américains de Cross Of Disbelief sortaient six mois seulement après leur excellent premier jet un second EP tout aussi efficace intitulé
Hands Bound In Absent Prayer. Une sortie effectuée une fois de plus sous le giron d’Ephyra Recordings avec néanmoins le soutien cette fois-ci du label Streets Of Hate (Mindforce, Ekulu, Dead Heat, Gridiron, Soul Blind, End Of One...). Pour l’occasion, les deux labels ont d’ailleurs concocté une version CD (ou CD-R d’après ce qui est indiqué sur Discogs) réunissant naturellement les trois titres de ce nouveau EP ainsi que les quatre morceaux de
Cross Of Disbelief paru quelques mois plus tôt.
Afin d’illustrer
Hands Bound In Absent Prayer, les New-Yorkais ont fait le choix cette fois-ci d’une œuvre mêlant éléments mécaniques (j’y vois des gaines en plastiques ou en caoutchouc ainsi que diverses plaques métalliques rivetées les unes aux autres) et organiques (deux pauvres gus suspendus par les bras, la cage thoracique fraîchement exposée ainsi qu’un visage abattu regardant vers le bas) pour un résultat indescriptible proche de l’esthétique Death / Brutal Death des années 2000. À cela vient s’ajouter un nouveau logo dont le lettrage emprunté une fois encore à l’univers du graffiti en dit toujours aussi long sur ce qui vous attend à l’écoute de ces à peine huit petites minutes.
Vous l’aurez compris, inutile de compter une fois de plus sur Cross Of Disbelief pour jouer les prolongations même si à vrai dire ces sept minutes et cinquante secondes seront encore une fois amplement suffisantes pour mettre tout le monde d’accord et cerner avec exactitude ce dont est capable ce groupe américain qui à défaut de réinventer quoi que ce soit, va se montrer une fois de plus d’une efficacité à toute épreuve.
Enregistré par Sean Paul Pillsworth (Coheed And Cambria, Gateway...) puis mixé et masterisé par Anthony Burke, guitariste des excellents Envision, Magnitude, Seed Of Pain et j’en passe,
Hands Bound In Absent Prayer bénéficie d’une production encore plus massive que celle de son prédécesseur. Un son particulièrement implacable qui n’entend épargner absolument personne. C’est d’ailleurs très probablement animés par cette même intention tout à fait louable que les Américains ont décidé d’entamer les hostilités sans prendre le temps de poser ne seraient-ce que de brefs préliminaires. Une entame aussi courte que radicale sur fond de riffs ultra Metal et de blasts menés sur une caisse claire bien raide malgré les rondeurs d’une production gonflée à bloc.
La suite, à moins de débarquer ici par le plus grand des hasards, vous la connaissez évidemment déjà par cœur. Fidèle à son Hardcore / Metal bas de plafond taillé pour se mettre sur la gueule avec le premier venu, Cross Of Disbelief va réitérer ici l’exercice sans rien changer à sa formule. Riffs sombres et métalliques toujours autant inspirés par Slayer et Suffocation, accélérations succinctes mais diablement efficaces, influences Death Metal toujours aussi évidentes et surtout un groove de babouins qui, comme évoqué un petit peu plus haut, donne envie de tout démolir autour de soi. Alors non, tout cela n’est ni très intelligent, ni très subtil et encore moins nouveau mais comme toujours dans ce genre de cas, je vous mets au défi de réussir à rester de marbre face à des compositions qui une fois encore crient "BAGARRE GÉNÉRALE" en majuscules.
À la manière de groupes récents tels Fatal Realm, Final Resting Place, Mongrel, No Soul Saved, Discontent et compagnie, Cross Of Disbelief mise sur un savoureux mélange de Hardcore / Metal, de Beatdown et de Death Metal. Ainsi, outre tous ces riffs en "palm mute" et ces attaques sauvages aussi brèves qu’explosives ("Akeldama" à 0:04, "Betray My Soul" à 0:45, "Psychotic Indulgence" à 1:38), la musique des Américains régale évidemment par tous ses "breakdown" taillés pour mosher comme de bons gros demeurés. Des ralentissements plus ou moins marqués qui transpirent la salle de sport, le béton froid et les règlements de compte à l’arme blanche. Bref, comme n’importe quels films avec Schwarzenegger ou Stallone (ceux de la grande époque des années 80 et du début des années 90), ce n’est toujours pas la grosse intelligence qui transparait chez les Américains de Cross Of Disbelief mais putain, qu’est-ce qu’on se régale !
S’il n’est clairement pas le groupe le plus malin aujourd’hui en activité dans le circuit, Cross Of Disbelief n’en reste pas moins l’un des plus efficaces lorsque l’on cause Hardcore à très forte tendance Death Metal. Tout est là, parfaitement concentré, de l’illustration tout à fait charmante qui évoque effectivement une période aujourd’hui révolue à ce savoureux mélange de sonorités toutes plus viriles les unes que les autres en passant par une interprétation forcément un brin "racailleuse", tous les gimmicks du Beatdown / Hardcore imbibé de Death Metal sont ici concentrés. Probablement un peu trop d’ailleurs pour les amateurs de Hardcore plus traditionnel et/ou émotionnel pour lesquels ce genre de groupe constitue une véritable hérésie (Metal + masculinité exacerbée). Mais bon, ce n’est pas à mon âge que je vais changer mes goûts (et surtout je n’en ai absolument pas envie) aussi c’est encore un très grand "OUI" à l’adresse de ce second EP et de Cross Of Disbelief qui, je l’espère sincèrement, planche actuellement sur son premier album que j’attends évidemment de pied ferme. Allez, la suite là !
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