Cross Of Disbelief - Cross Of Disbelief
Chronique
Cross Of Disbelief Cross Of Disbelief (EP)
Dans la "tourmente" sur les réseaux sociaux après que son chanteur a envoyé valdinguer par terre un ou deux appareils photo lors d’un récent concert à Augusta, Géorgie, et affirmé dans la foulée en réponse à une demande de remboursement lancée sur Instagram que "les photographes ne sont pas des artistes", Cross Of Disbelief est pourtant l’un des groupes de Hardcore les plus excitants de ces deux dernières années... Une attitude forcément discutable et un brin clivante (notamment de nos jours) qui rappelle que le Hardcore, derrière ses airs fédérateurs, n’est pas qu’une cours de récréation pour personne à l’esprit définitivement "POSI".
Faisant fi de tout ce "bruit" qui ne méritait probablement pas autant d’attention, je vais donc aujourd’hui m’intéresser au cas de ces Américains en commençant naturellement par le début de leurs aventures. Originaire de l’Hudson Valley dans l’état de New-York, Cross Of Disbelief commence à faire parler de lui en janvier 2024 avec la sortie sur Ephyra Recordings (Haywire, Balmora, xSERAPHx, Denied...) d’un premier EP éponyme. Quatre titres bouclés en moins de onze minutes qui vont propulser la jeune formation dans la catégorie des groupes Hardcore à suivre de très prêt. Si depuis la discographie des Américains s’est quelque peu étoffée avec la sortie d’un second EP intitulé Hands Bound In Absent Prayer et d’un split en compagnie d’Impunity fraichement débarqué, c’est bien cette première contribution qui va nous intéresser aujourd’hui.
Avec cette illustration apocalyptique typique des formations Metal / Hardcore des années 90 et ce logo emprunté à l’univers du graffiti, Cross Of Disbelief laisse peu de place à l’imagination. Une identité visuelle profondément marquée qui, pour l’auditeur averti et expérimenté (autrement dit, pour tous les vieux de la vieille chez qui l’âge commence à se faire sentir), ne manquera pas de lui rappeler plein de bons souvenirs en plus de lui mettre évidemment la puce à l’oreille sur ce qui l’attend à l’écoute de ces quatre morceaux certes bien vite torchés mais au gout de "reviens-y" particulièrement prononcé. Au risque de me répéter (même si après quinze ans de bons et loyaux services vous devez en avoir l’habitude), n’attendez donc rien d’autre de la part de Cross Of Disbelief qu’un Hardcore métallique hyper balisé. Une musique effectivement cousue de fil blanc, reprenant à son compte tous les codes, gimmicks et autres poncifs du genre pour un résultat effectivement dénué de toute originalité mais fort heureusement caractérisé par un degré d’efficacité particulièrement élevé.
Servi par une production aux roubignoles aussi grosses que celles de Randy Marsh dans South Park, Cross Of Disbelief voit les Américains dérouler un plan d’action particulièrement bien rodé qui jamais ne sera mis en défaut durant ces dix petites minutes. Grosse prod’, gros riffs, gros mosh et grosse virilité pour ce Hardcore mâtiné de Death Metal qui loin de jouer les petits bras s’inscrit aux côtés de formations telles que Fatal Realm, Final Resting Place, No Soul Saved ou bien encore Mongrel dans ce renouveau Death / Hardcore bien plus respectueux des origines du genre que tout ce qui a pu tomber sous l’appellation "Deathcore" (beurk) ces dix / quinze dernières années.
Ces quatre bourre-pifs sont ainsi marqués par des influences Death / Thrash particulièrement dominantes, que ce soit à travers tous ces riffs (et quelques solos) diaboliques qui doivent probablement autant à Slayer et Malevolent Creation qu’à Marauder et All Out War. Mais ce n’est pas tout puisque celles-ci se retrouvent également distillées dans ces quelques accélérations plus frontales dispensées à coups de toupa-toupa, de double et autres blasts punitifs comme sur "Face What You’ve Become" à 1:00, "Eustasia" à 1:46, "B.O.T.D." à 0:36 et 0:51 et "Love Liza" à 1:35 où dans ces vocalises partagées entre un growl épais et chargé et un second growl plus arraché et chaloupé qui dans les deux cas doit effectivement bien plus à la scène Death Metal qu’à la scène Hardcore en règle générale.
En dehors de ces accélérations toujours aussi redoutables d’efficacité, Cross Of Disbelief excelle également dans l’art de la mosh part qui tâche. Un groove particulièrement irrésistible dispensé sur tout un tas de séquences taillées pour mouliner, frapper le sol et envoyer des high-kick tel un bon gros demeuré... Le genre de moments qui puent littéralement la grosse bagarre et lors desquels on va se retrouver à faire le babouin en compagnie d’autres babouins tout aussi bas de plafond... Très franchement, comment peut-on résister de son plein gré à l’envie de rouler des mécaniques à l’écoute de passages chaloupés aussi jouissifs que ceux entendus ici sur "Face What You’ve Become" à 0:13, 1:16, 1:57 et 2:55, "Eustasia" à 1:02, 1:23, 2:09 et 2:26, "B.O.T.D." à 0:19, 0:57 et "Love Liza" à 0:25, 1:11 et 1:50 ? Oui, je sais, vous allez me dire que tout le monde n’est pas censé aimer le Hardcore (comment est-ce possible d’ailleurs) mais franchement, quel p*$@# de panard !
S’ils ne réinventent absolument rien avec leur musique, les petits gars à l’oeuvre derrière Cross Of Disbelief savent par contre y faire pour accoucher de compositions particulièrement redoutables et efficaces. Prenez donc un peu de Death Metal, un peu de Thrash et mélangez tout ça à une attitude, un groove et à une énergie 100% Hardcore et vous voilà avec entre les mains un EP tout à fait indispensable pour qui aime mosher seul ou accompagné. Cross Of Disbelief est donc certes un peu court (même pour un EP) mais il s’impose comme une entrée en matière particulièrement réussie ne pouvant être décemment ignorée par tous les amateurs de bagarre générale et autres adeptes sports de combat. Viril je vous l’ai dit !
| | AxGxB 22 Janvier 2026 - 365 lectures |
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