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Necroblaspheme - Destination : Nulle Part

Chronique

Necroblaspheme Destination : Nulle Part
Chez nous à Thrashocore, on est pas comme les autres. Déjà on a un design super, tout un tas de fonctionnalités sympas, cglaume, des chroniques à la con et des chroniqueurs talentueux, mais aussi et surtout on est des méchants. Vraiment très méchants. Et on hésite pas à laisser les promos au plus méchant chroniqueur d'entre tous : moi. Bon d'accord, on m'a laissé ce promo parce qu'on était trois à connaître Necroblaspheme, que Chris est trop occupé à réparer les dégâts de la crise financière et que Keyser ne sait pas noter, mais qu'importe, ça ne m'empêchera pas d'être méchant.
Pourquoi serais-je méchant me demanderez-vous, alors que vous avez peut être lu des chroniques dithyrambiques sur des webzines concurrents mais néanmoins amis ? Je pourrais vous l'expliquer simplement en citant Dutronc : « je retourne ma veste toujours du bon côté ». Car au lieu de protester, de revendiquer et de contester en continuant dans la veine de Introducing Pure Violence, Necroblaspheme cède aux sirènes du modernisme.

Bon, je vous l'accorde, ce changement de style ne s'est sûrement pas fait dans un but mercantile ou celui de plaire, mais le résultat est là, en six ans, il ne reste plus grand-chose du Necroblaspheme d'antan, pratiquant un brutal death certes répétitif mais sombre et de bonne facture. On a aujourd'hui droit à un modern death alternant de trop longs passages mid-tempos ou lourds, avec de trop rares passages rapides et modérément brutaux.
Passer d'un groupe qui n'a pas inventé l'eau chaude à un groupe opportuniste n'est pas ce qu'on peut appeler une évolution réussie.

On comprend dès les premières notes de « All in Vain/All in Veins » de quoi sera fait l'album : rythmique lente, ultra lourde, très Gojira dans l'esprit, et quand on s'attend à ce que le morceau explose, la même rythmique revient... Heureusement, on passe vite au second morceau qui comporte un peu plus de choses que deux accords : quelques riffs plats ou au mieux déjà entendus partout où un metalleux possède une guitare. Ces quelques passages banals ne sont heureusement pas insupportables, à l'inverse de ces rythmiques lancinantes aussi pauvres sur le plan musical qu'au niveau du ressenti. Et voilà, à peine plus de cinq minutes se sont écoulées mais tout l'album est résumé, Destination : Nulle Part ne décollera jamais vraiment, les seuls passages un peu supportables étant immédiatement coupés par des accords pachydermiques qui n'ont qu'une illusion de puissance. Si l'on ajoute à ça une voix correcte mais manquant de profondeur voire de puissance (elle reste le seul élément à ne pas baisser en qualité au fil des morceaux cela dit), la messe est vite dite, Necroblaspheme se relègue de lui-même au rang des groupes anecdotiques.

Dommage toutefois pour Necroblaspheme que les passages rapides soient un peu trop présents, cela rebutera trop le fan de modern death moyen, et ne permettra pas à Destination : Nulle Part d'atteindre le rang d'hymne de la cour de récréation comme ce fût le cas avec les derniers albums de Gojira.

Bon, parlons des points positifs de l'album, car malgré ce que j'ai pu laisser entendre, il y en a bien quelques uns. Tout d'abord, on reconnaît bien sur les quelques passages rapides le très bon batteur qui a joué sur l'excellent Blood Libels de Antaeus : il est carré, précis, et il va vite. Ces seuls passages rapides sont ceux où les guitares ne se contentent pas de la pauvreté crasse d'une succession d'accords de quinte, et s'essaye au trémolo (ne vous attendez pas non plus à des miracles, c'est toujours le même schéma qui est suivi) et sont donc plutôt agréables, dommage qu'ils ne durent que quelques secondes...
Mais bon, comme j'ai dit que je parlais des points positifs, parlons aussi de l'invité de l'album, qui n'est autre que MkM (d'Antaeus aussi, pour ceux qui n'auraient pas suivi), et ses vocaux si appréciables. Si j'ai eu bien du mal à repérer son intervention sur « After All », elle se fait mieux sentir sur un « Wounded » qui en deviendrait presque bon à certains moments si l'on oubliait son désespérant manque d'originalité et les trois quarts de vide intersidéral qui composent chaque morceau de cet album. Le seul morceau qui se démarque de Destination : Nulle Part est son final « Nameless », avec là encore l'intervention de MkM, et qui s'avère un poil mieux composé (et je parle là des passages mid-tempos) et écoutable entre 0 :45 et 2 :30, record battu !
Oui, vous avez bien lu, les points positifs de Necroblaspheme ne sont autres que deux membres d'Antaeus… cherchez l'erreur.

Très honnêtement, le meilleur passage dans cet album est celui où l'on peut entendre quelques notes de Phil Collins à la fin de « Wounded ». Destination : Nulle Part est tellement désespérant que je lui ai déjà trouvé une destination : la poubelle. Qu'on ne vienne pas me dire qu'il est « groovy » ou brutal… si vous voulez du death français qui groove bien en apportant de l'originalité à ses compositions vous n'avez qu'à lire les chroniques de Trepalium ou Outcast et consorts de l'ami cglaume. Et franchement, cette brutalité à deux francs en forme de semi mid-tempo peine bien à s'imposer alors que Origin est passé par là en 2008 avec Antithesis…

Mais vous l'avez déjà compris, mon aversion envers Destination Nulle Part est en grande partie due au style aujourd'hui pratiqué par Necroblaspheme. Enfoncer le groupe de ce seul chef serait donc faire hommage à mes détracteurs qui me croient obtus et borné, et ne serait pas faire montre de la sacro-sainte objectivité demandée à tout chroniqueur. C'est pourquoi, dans mon infinie bonté, je veux bien prendre en compte le point de vue d'autrui : disons 7/10 pour ceux qui aiment ce style vide de tout intérêt qu'est le modern death, et 1/10 pour ceux qui comme moi, préfèrent le death metal, ça donne une moyenne qui devrait être à même de contenter tout le monde.

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Necroblaspheme
Death metal moderne
2008 - Agonia Records
notes
Chroniqueur : 4/10
Lecteurs : (10)  7.1/10
Webzines : (15)  7.32/10

plus d'infos sur
Necroblaspheme
Necroblaspheme
Death metal moderne - 2001 - France
  

tracklist
01.   All in vain, All in veins
02.   After All
03.   Descent's Genesis
04.   2H40min A.M
05.   Sorry For Us/Me
06.   "??? > I "
07.   Wounded
08.   Thoughts Close At End
09.   Nameless

Durée : 36:16

line up
parution
2 Janvier 2009

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