chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
109 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer
Seven Sister... » Legion Of An... »

Sigillum Diabolicum - Chroniques de l'infamie

Chronique

Sigillum Diabolicum Chroniques de l'infamie
[ A propos de cette chronique ]

La scène française cache en son sein bien des groupes talentueux. En voici un autre exemple, avec SIGILLUM DIABOLICUM, formé en 2002 par Lukter sur les terres auvergnates. Obscur groupe qui n'est guère connu au-delà de ses frontières arvernes, ce combo s'est déjà illustré avec Dégénerescence d'un Monde Souillé, démo confidentielle sortie en 2007 et couverte par quelques concerts, notamment avec PESTE NOIRE la même année. Le groupe envoyait déjà un Raw Black Metal minimaliste, qui avait pour lui d'être dans le digne héritage du combo d'Avignon, à plusieurs titres. Le groupe, à présent composé de trois têtes en studio, à savoir Baârouk, Lukter et Vasso Kaletis, line-up inchangé jusqu'alors, développait un certain humour dans sa haine viscérale de la chrétienté, un humour sulfureux apposé à un Black Metal couillu, transpirant la vieille école par tous les pores.

C'est bien avec ses Chroniques de l'infamie que le groupe confirme son potentiel, en réemployant bien et en améliorant la formule très efficace qu'on lui connaissait jusqu'alors. En premier lieu, le groupe n'a pas peur des mots en français et les utilise à bon escient pour servir la cause qui est la leur : en effet, leur blasphème s'exprime à travers la vulgarité, bien présente sur ce disque. Le groupe a donc un côté provocateur qu'il fait bon d'entendre mis en musique avec un Black Metal bien crade et souvent jouissif. Leurs mots brûlant les martyrs à plein bidons d'essence s'associent à un Black Metal simpliste et plein de décadence, opposée ici à la chrétienté pudibonde. A l'aide de ses vocaux complètement arrachés et criards qui font ressortir une certaine folie, SIGILLUM DIABOLICUM développe une musique primitive, aux structures assez peu originales : la batterie, tantôt blastant comme le souhaitent les lois de la vieille école, tantôt envoyant un rythme proche du rock ‘n roll le plus classique ou du Thrash, impulse un feeling permanent que soutiennent à merveille une guitare aux riffs efficaces et accrocheurs, et une basse très lisible, ce qui apporte un réel plus au groupe auvergnat, en les distinguant des groupes qui tentent de jouer dans le même registre qu'eux. Alors c'est sûr que le groupe n'invente absolument rien, mais ce n'est pas à un groupe comme ça qu'on va demander d'inventer quoi-que-ce-soit, ça ne sert absolument à rien et ça serait perdre tout le talent développé sur ces sept pistes par le combo.

On est en plein dans un « Rance Black Metal de France », bien dans la tradition des lyonnais d'ORTHANC notamment, avec un Black Metal qui joue en permanence sur son côté provocateur, sulfureux, à l'image de l'introduction excellente, « …sous le feu ardent », qui dresse une scène jouissive de massacre lors d'une fête forraine ! Puis vient une des petites perles de l'album, bien représentative de sa qualité, avec la « Conversation première : le massacre des évangiles ». Cette composition enthousiasmante du point de vue de sa variété interne : à l'image de ce morceau, le groupe ne s'attarde jamais dans la facilité d'un riff, leur musique n'étant jamais emmerdante. Le feeling très "Black ‘n Roll" absolument ravageur est présent sur tout l'album et s'associe parfois à une certaine désillusion, une forme de mélancolie que le groupe développera à plusieurs reprises dans ses compositions. La voix, très criarde et aiguë, très particulière aussi, se fait à la fois mélancolique et agressive pour développer un côté malsain, notamment en forniquant avec le parler-crié, ou encore le parlé tout court, à l'image des diatribes vomies par le vocaliste sur la « Conversation seconde : Exhalaison de l'éternel ». L'ombre d'ORTHANC est bien là, tant l'aspect criard de la voix mariée avec l'efficacité des riffs évoque cet autre fort bon combo de cette frange bien française de l'Art Noir. A l'évidence, le bon pasteur s'est endormi, ivre mort, sur la « Conversation quatrième : A tombeaux ouverts », qui pratique le coït parfait entre pures baffes Black ‘n Roll et Black Metal plus contemplatif et mélancolique, dans laquelle la basse pèse bien et les petits breaks bien sentis à la guitare canal "clean" apporte un plus à cette mélancolie sous-jacente. La « Conversation sixième : La théorie des rats » et même toutes les autres conversations de ce premier opus prometteur sont de toutes façons placées sous le signe de l'efficacité.
Ce disque n'est donc absolument pas varié d'un point de vue général et peut objectivement se voir desservi par ce minimalisme bien propre au Black Metal que je n'ai absolument pas envie de dénoncer : d'autres le font assez pour moi.

SIGILLUM DIABOLICUM reste de fait un groupe à ne pas mettre entre toutes les oreilles : d'une part, ceux qui restent désespéremment insensible à ce type de Raw Black Metal pas innovant pour un sou passeront à côté de ce bon album, tant pis et d'autre part, ce combo est là pour les gêner, avec leur odeur de soufre, leur son crasspec et leur provocation permanente, et c'est tant mieux ! Un album qui s'adresse aux abonnés du style, et si ça en réduit la portée, le charme vicieux qui en ressort reste intact et on voit émerger ici un groupe bien prometteur pour l'avenir!

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Sigillum Diabolicum
Raw Black Metal
2010 - Thor's Hammer Productions
notes
Chroniqueur : 7/10
Lecteurs : (3)  7.17/10
Webzines : (1)  8/10

plus d'infos sur
Sigillum Diabolicum
Sigillum Diabolicum
Black Metal - 2002 - France
  

tracklist
01.   Intro - ... sous le feu ardent
02.   Conversation première : Le massacre des évangiles
03.   Conversation seconde : Exhalaison de l'éternel
04.   Conversation troisième : La danse des morts
05.   Conversation quatrième : A tombeaux ouverts
06.   Conversation cinquième : Purification par la torture
07.   Conversation sixième : La théorie des rats

Durée : 33:09

line up
parution
13 Juin 2010

Essayez aussi
Gaerea
Gaerea
Coma

2024 - Season Of Mist
  
The Ruins Of Beverast
The Ruins Of Beverast
The Thule Grimoires

2021 - Ván Records
  
Houle
Houle
Ciel Cendre Et Mis​è​re Noire

2024 - Les Acteurs de l'Ombre
  
Einsatzgruppen
Einsatzgruppen
Shattering the Throne of Remphan

2025 - Åon Records
  
Gevlerkt
Gevlerkt
De Grote Sterfte

2017 - New Era Productions
  

Armoros
Pieces
Lire la chronique
Abuser
Blood Marks
Lire la chronique
Carnivore A.D.
Transmutation (EP)
Lire la chronique
Vice & Rale
Infection fatale (EP)
Lire la chronique
Extinct
In Conspiracies We Trust
Lire la chronique
D.R.I.
Dealing With It!
Lire la chronique
Cro-Mags
Near Death Experience
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Juillet 2026
Jouer à la Photo mystère
Hellfest 2026 - Tales From The Pit
Lire le dossier
Endless
Incantation of Darkness
Lire la chronique
Pro-Pain
The Truth Hurts
Lire la chronique
Bewitched
Diabolical Death Mass
Lire la chronique
Exorcizphobia
Neurosis Unbound
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Juin 2026
Jouer à la Photo mystère
Sledgehammer
Destroy/Rebuild
Lire la chronique
Ural
Anthropic Genetic Involution
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Juin 2026
Jouer à la Photo mystère
NecroBeast
Iron Baphomet
Lire la chronique
Savage Mania
Demonic Assault
Lire la chronique
Intoxicated
The Dome
Lire la chronique
Shadowspawn
Cadaver Dogs
Lire la chronique
Cage Fight
Exuvia
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Mai 2026
Jouer à la Photo mystère
Metal Noz 3 - Live Report
Lire le podcast
Entombed
Crawl (EP)
Lire la chronique
Türböwitch
Under Haunted Skies
Lire la chronique
Exodus
Goliath
Lire la chronique
Cro-Mags
Alpha Omega
Lire la chronique
Slyther
Chronicles of Despair
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Mai 2026
Jouer à la Photo mystère
D.R.I.
Violent Pacification (EP)
Lire la chronique