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Soulburn - Noa’s D’ark

Chronique

Soulburn Noa’s D’ark
Depuis son retour aux affaires en 2014 le quatuor Néerlandais a toujours été assez discret avant de mieux réapparaître de temps en temps pour proposer du bon son, comme ce fut le cas avec le très agréable « Earthless Pagan Spirit », sorti il y'a déjà quatre ans. Depuis (hormis un court Ep de deux morceaux en 2018) celui-ci s'est montré très discret, voyant au passage le départ de son batteur Bob Bagchus (remplacé depuis par Marc Verhaar - GRACELESS, ex-NAILGUN MASSACRE), ce qui n'a eu finalement aucun impact sur le style proposé comme sur la qualité de ce quatrième album. Car celui-ci reste totalement dans un style Death/Doom assumé au son typiquement Batave, où l'on retrouve l'influence (plus ou moins importante) de nombre de formations où ont évolué auparavant chacun des membres (LEGION OF THE DAMNED, GRAND SUPREME BLOOD COURT, ASPHYX...), du coup rien d'étonnant à ce que cette nouvelle livraison reprenne les choses où elles en étaient restées, avec un style très classique dans l'exécution mais parfaitement mené et qui fait passer un bon moment à l'auditeur.

Et ce même si musicalement c’est toujours très basique, assez simple techniquement et surtout relativement interchangeable sur la durée (les riffs et patterns sont grosso-modo les mêmes en permanence), ça reste néanmoins suffisamment efficace pour donner envie de taper du pied et de headbanguer sur certains moments. Si la facette la plus lente du quartet va être de mise au départ de « The Morgue Of Hope » celle-ci va ensuite s’effacer au profit d'envolées où le mid-tempo entraînant et la vitesse sont mis sur le devant de la scène, afin de créer une envie d’en découdre contagieuse, même si l’ensemble a tendance à s’éterniser un peu trop en longueur. Ce défaut sera d’ailleurs régulièrement présent par la suite et amplifiera de fait le sentiment de linéarité porté par l’écriture simple conjuguée à l’éternelle répétition des plans. Néanmoins cela ne sera pas rédhibitoire tant la fluidité sera au rendez-vous en permanence, que la variété soit de mise ou pas, à l’instar de « Noah’s Dark » qui continue sur le schéma de l’alternance (et conserve au passage les envies de bouger la tête), avant que l’agressivité et la vitesse ne soient plus présentes sur le violent et rapide « Tempter Ov The White Light ». Ici l’explosivité est plus flagrante aidée en cela par des blasts énergiques et des parties ultra-speedées pour faire de ce titre le plus radical et violent de cette galette, où la lenteur est mise ici de côté provisoirement, pour laisser plus de place à la force brute, avant que n'arrive du tout aussi excellent « Anarchrist » presque dansant. Si le démarrage lent se fait long à la détente la suite plus pentue va être faite d'accélérations et de poussées rapides propices au headbanging, où l'écriture toujours basique et sobre se montre taillée pour la scène, et ne souffre d'aucune complexité ni prise de tête inutile sans prétendre à rien d'autre que celui de faire passer un bon temps, tout comme « Shrines Of Apathy » qui joue le grand-écart rythmique via deux parties distinctes et totalement opposées, qui accentuent de fait l'accroche voulue par les gars.

Cependant c'est là-aussi que certaines limites se font jour de façon plus flagrante, tant cette deuxième partie d'opus va donner l'impression de se répéter encore plus fortement, et ses créateurs de se contenter de réciter leurs gammes tant on pourrait croire que le tout été inspiré quelques minutes avant d'aller en studio, et enregistré dans la foulée. Preuve en est avec le surprenant et dépouillé « Assailed By Cosmic Lightning » au côté épique accentué, surtout avec cette voix qui harrangue la foule et les guerriers, mais dont le côté plus primitif accentue ce sentiment de linéarité. D'ailleurs ce ressenti ne va plus quitter l'auditeur jusqu'à la conclusion finale, que ce soit via l'inutile « Triumphant One » (qui fait presque office d'interlude), ou encore le sympathique « The Godless I » (où certains passages déjà entendus précédemment se retrouvent ici joués à la note près), et ce même si les réussis et agréables « Anointed – Blessed – And Born For Burning » (équilibré et entrainant) et « From Archaeon Into Oblivion » (plus froid et sombre que ce qui a été proposé jusque-là, font office de best-of via la variété des ambiances entendues ici.

Alors oui il est certain qu'il y'a bien meilleur dans le genre et que ça n'est pas le genre de disque sur lequel on reviendra régulièrement, mais il est certain que malgré ses imperfections le tout est quand même d'une qualité générale assez appréciable, sans pour autant marquer durablement les esprits et l'année de son empreinte. Il est évident que malgré une certaine homogénéité ça manque de moments marquants et d'hymnes fédérateurs vu qu'une fois l'écoute démarrée tout y est assez semblable du début à la fin, et celle-ci se fera d'une oreille distraite tout en faisant autre chose à côté. Nul doute qu'en matière de Metal des Pays-Bas on retournera sans problème écouter certains historiques ou d'autres noms actuels plus accrocheurs que ce projet sympathique mais qui restera cantonné à la deuxième division nationale, malgré le pedigree de chacun des musiciens ici présents qui ont proposé bien mieux par le passé.

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Soulburn
Death / Doom
2020 - Century Media Records
notes
Chroniqueur : 7/10
Lecteurs :   -
Webzines : (2)  7.68/10

plus d'infos sur
Soulburn
Soulburn
Death Metal - 1996 - Pays-Bas
  

tracklist
01.   The Morgue Of Hope
02.   Noah’s Dark
03.   Tempter Ov The White Light
04.   Anarchrist
05.   Shrines Of Apathy
06.   Assailed By Cosmic Lightning
07.   Triumphant One
08.   Anointed – Blessed – And Born For Burning
09.   The Godless I
10.   From Archaeon Into Oblivion
11.   Abyssica (Bonus Track)
12.   On The Crimson Wings Of My Ruin (Bonus Track)

Durée : 57 minutes

line up
parution
13 Novembre 2020

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2016 - Century Media Records
  

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