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NETHERLANDS DEATHFEST IV - JOUR 2

Live report

NETHERLANDS DEATHFEST IV - JOUR 2 Bethlehem + Butcher ABC + Carpathian Forest + Cenotaph + Cliteater + Father Befouled + Grave Miasma + Graveyard + Gutalax + Jupiterian + Krypts + Pestilence + Tormentor + Unleashed
Le 04 Mai 2019 à Tilburg, Pays-Bas (013)
Un petit tour au fameux Va Piano, savoureux restaurant situé à proximité du 013 et nous voilà parés pour affronter cette deuxième journée du Netherlands Deathfest IV.
(K)


FATHER BEFOULED (13h30-14h10, Main Stage)

Le premier set du week-end de Justin Stubbs me procure une très belle entame de seconde journée. Les Américains de FATHER BEFOULED, droits dans leurs bottes, sont repartis comme ils sont arrivés, sans un mot ni un regard pour le public, après lui avoir infligé une bonne claque avec leur Death Metal tout droit sorti d’un caveau pestilentiel, exhalant ses miasmes jusqu’à l’asphyxie. Lourdeur doomesque, growl caverneux, riffs assassins et accélérations savoureuses, la consanguinité avec INCANTATION est plus qu’évidente, mais on ne va pas s’en plaindre, bien au contraire.
(E)

Première en Europe pour les Américains que j'avais hâte de voir. C'est vrai, on s'est fâché pendant un moment en raison de sorties de plus en plus génériques. Mais on s'est réconcilié l'année dernière avec un Desolate Gods fort goûtu. Comme pour le premier jour, ce sera le groupe d'ouverture qui donnera un des meilleurs shows du festival. Pas que les musiciens soient des plus charismatiques ou attirent l'attention par une prestance scénique incroyable (c'est même visuellement sans intérêt) mais alors leur death metal à la Incantation, gros miam ! Même si les guitares se font un peu brouillonnes sur les accélérations néanmoins jouissives, le son du 013 a repris du poil de la bête. Mon Satan ces ralentissements telluriques, cette ambiance noire et blasphématoire, cette basse qui gronde et fait trembler les murs, ce growl ultra profond sorti tout droit des abysses, quel pied !
K)


JUPITERIAN (14h10-14h55, 2nd Stage)

Ah, des capuches, enfin, ça manquait presque! Intenses lumières bleues, fumée à profusion à travers laquelle se découpent les sombres silhouettes masquées, joli pied de micro ouvragé, l’ambiance est belle et parfaite pour présenter dans un très bel écrin les compositions soignées de JUPITERIAN au croisement des chemins du Death, du Doom et du Sludge. Les Brésiliens avaient toutes les cartes dans les manches de leurs soutanes pour offrir une formidable prestation empreinte d’élégance et de mélancolie, ce qu’ils ont en partie réalisé, mais à laquelle il ne manquait qu’un petit je ne sais quoi pour enfoncer le clou, peut-être une peu plus d’assurance, de rugosité. J’ai malgré tout beaucoup aimé, mais ai quitté la salle avec un encombrant et persistant sentiment d’inachevé.
(E)

Setlist :
. Matriarch
. Mere Humans
. Capricorn
. Sol
. Starless
. Earthling Bloodline



GRAVEYARD (14h25-15h15, Main Stage)

Malgré l'avertissement de ma vénérable consœur Erzewyn concernant l'intérêt douteux de GRAVEYARD, je décide quand même d'aller voir les Espagnols que je n'avais jamais écoutés malgré une discographie déjà bien fournie. Bien m'en a pris car ce fut un moment plutôt agréable. Si le combo ne propose rien de bien original dans son death metal old-school assez sombre, il pioche un peu partout (Suède, USA ...) pour délivrer une bonne tambouille. Et il le fait avec passion, notamment le chanteur-bassiste à fond dans son truc, très remuant et communicatif, qui aura eu juste comme faute de goût de s'essayer à un chant halluciné à la Obliteration peu réussi. Sinon, le death de GRAVEYARD se montre très efficace, taillé pour le live grâce à des rythmiques souvent rapides (blast-beats, d-beats, tchouka-tchouka thrash) qui varient bien. Et quand ça ne rue pas dans les brancards, ça se fait plutôt groovy et catchy, un poil trop d'ailleurs sur certains passages un peu trop faciles. Une découverte tout de même fort sympathique qui va mériter une écoute sur disque.
(K)

Setlist :
. With Fear and Thirst
. Earth and Death
. The Visitations of the Great Old Ones
. Faces of the Faceless
. Wings Like Daggers
. One With the Dead
. The Mighty Columns of Irem
. Mine is the Shining Light
. Blood of Vengeance



KRYPTS (15h15-16h00, 2nd Stage)

Déjà plus de dix ans de carrière pour KRYPTS, on ne le dirait pas quand on les voit débarquer avec leurs gueules d’ange et leurs sourires en coin. Méfiance ! Ils sont pourtant venus avec les pires intentions, nous enterrer dix pieds sous terre avec leur Death obscur, suffocant et puissant, mais aussi pour nous donner un bref aperçu du prochain album avec "Sinking Transient Waters". La prestation est à l’image de leurs compositions : tantôt oppressante de lourdeur, tantôt emportée, mais d’une maturité et d’une virilité à toute épreuve (merci à Antti Kotiranta pour les frissons que me procure sa voix d’ours des cavernes). Je suis partie très loin avec eux, comme à chaque fois d’ailleurs, le set m’a paru bien trop court car enfin, je n’aurais pas craché sur un enchaînement "Open the Crypt/ Dormancy of the Ancients". Punaise, ils ne veulent vraiment pas la jouer celle-ci, je suis triste…
(E)

Setlist :
. Arrow of Entropy
. Sinking Transient Waters
. Descending of Tormenting Darkness
. Perpetual Beyond/Blessed Entwinement
. Entrailed to the Breaking Wheel
. Beneath the Archaic



CENOTAPH (16h00-16h50, Main Stage)

L’une de mes plus grosses attentes du fest s’est transformée en l’une des plus grosses déceptions du week-end, et ce, pour deux raisons. Déjà, le son est épouvantable : dans la fosse, je n’entends que la rythmique batterie/ basse (certes, le bassiste joue plutôt bien, mais j’aimerais entendre les autres instruments, s’il vous plaît), derrière la régie son, ce n’est guère plus convaincant, je me résous donc à me reculer encore un peu plus dans les gradins, où ce sera un peu mieux, sans être glorieux. Mais, je suis surtout très en colère contre les musiciens eux-mêmes, qui ont confondu vitesse et précipitation, ont produit un jeu mécanique et sans nuance ni rondeur alors qu’il s’agissait d’interpréter de véritables pépites, notamment avec "Severance" ou "The Solitudes", la majorité de la setlist puisant dans Riding Our Black Oceans et Epic Rites (9 Epic Tales and Death Rites). Je m’attendais à une offrande mélodique et poétique des plus belles heures du Death mexicain ; hors sujet, CENOTAPH a bourriné comme des Grindeux bas de plafond, à l’instar d’Edgardo Gonzalez, tout muscle dehors et visage hargneux, gesticulant nerveusement dans tous les sens. La prestation a cruellement manqué de la finesse que requiert le propos musical. La défection du public est devenue visible à l’œil nu, ils termineront le set devant une salle à moitié vide.
(E)

Setlist :
. Requiem for a Soul Request
. ...A Red Sky
. Among the Abrupt
. Navegate
. Ashes in the Rain
. The Solitudes
. Tenebrous Apparitions
. Severance
. Crying Frost
. Soul Profundis


Très bref passage à la 2nd Stage pour me confirmer que KRYPTS, après les avoir déjà vus il y a un peu plus d'un mois au Braincrusher In Hell, ce n'est plus pour moi. Ou alors à doses homéopathiques (leur death se fait désormais beaucoup trop doom). On va donc continuer sur la Main Stage avec un groupe rare très attendu, CENOTAPH. Oui, les Mexicains ! Ceux qui ont produit l'excellent The Gloomy Reflection of Our Hidden Sorrows (sur lequel chante Daniel Corchado de The Chasm et ex-Incantation), petite tuerie de pur death metal avant de se tourner vers un DM plus raffiné. C'est d'ailleurs le seul album que je connais. L'idée était donc de voir en live des morceaux de ce premier album et de découvrir si je pouvais encaisser le reste de leur discographie. Conclusion : oui ! Les morceaux post-The Gloomy Reflection of Our Hidden Sorrows s'avèrent bien moins atmosphériques que je craignais en voyant la pochette du deuxième opus Riding Our Black Oceans. Il s'agit en fait plutôt de death mélodique et pas le plus mauvais, qui reste rapide, brutal et viril à l'image du chanteur musclé au crâne rasé, avec des mélodies bien fichues. Quant aux morceaux de The Gloomy Reflection of Our Hidden Sorrows, c'est sans surprise un vrai bonheur que de les entendre pour la première fois en live, en particulier le fameux "Tenebrous Apparitions". Les Mexicains ont d'ailleurs entamé leur set sur les deux premiers titres, laissant présager du meilleur. Deux petits bémols cependant. Le son s'avère correct mais on a connu bien mieux ici. Surtout, la salle se vide au fur et à mesure du show. Ne plaît-il donc pas aux spectateurs ? Je penche plutôt pour un regroupement vers la 2nd Stage pour les très populaires GUTALAX qui doivent enchaîner après le quintette (confirmation lors d'un très bref passage dans la petite salle archi bondée) ... Tant pis pour ces gens de peu de foi !
(K)


GUTALAX (16h50-17h30)

CENOTAPH était donc aussi mauvais que ça ? Ou tout le monde s’est précipité voir GUTALAX ? En tout cas, il est difficile d’accéder à la Second Stage. En même temps, je n’ai pas beaucoup essayé ... Je n’ai pu qu’entrapercevoir de loin deux/trois balais à chiottes brandis comme des trophées de guerre et suis repartie. J’ai mis au moins une seconde à me remettre. Mais comme tout le monde est impatient de la découvrir, je vous offre quand même la setlist, allez, c’est cadeau !
(E)

Setlist :
. Anus
. Toi Toi
. Fart Away
. Assmeralda
. Nova Shitbusters
. Rta
. Darbujan
. Kocourek
. Šoustání
. Total Rectal
. Coko
. Fart and Furious
. Donald
. Jelen



PESTILENCE (17h30-18h20, Main Stage)

Je n’avais jamais vu PESTILENCE, grande était mon impatience. Patrick Mameli - parce qu’il n’y a aucun doute, c’est lui le big boss, les autres ne sont que des mercenaires de passage - s’est vite débarrassé des politesses d’usage en présentant d’entrée de jeu deux titres du dernier opus Hadeon, avant de passer aux choses sérieuses, le temps de se chauffer la voix, ce dont il avait vraisemblablement besoin. "The Process of Suffocation" amorce le début d’un fabuleux voyage dans une machine à remonter le temps, dont je ne ressortirai pas indemne. Puis Mameli a prononcé quelques mots magiques : Testimony of the Ancients - Secrecies of Horror, déclic d’une hypnose régressive dans mon cerveau. Je suis partie très loin, quelques vingt-huit années en arrière lorsque, jeune adolescente, j’écoutais en boucle cet album sur cassette dans mon super walkman Sony auto-reverse (ouais, je sais, c’est la classe !) et je peux le dire, on est entre nous, personne ne lira jusqu’au bout ce report de toute façon, j’ai pleuré, non, je n’ai pas pleuré, j’ai chialé, à chaudes larmes et gros sanglots, sans pouvoir m’arrêter. Parce qu’après, c’est un enchaînement de titres exclusivement issus de Consuming Impulse (putain "Out of the Body" !) et de Testimony of The Ancients, alors j’ai continué à pleurer jusqu’à la dernière note du set, clôturé magistralement sur "Land of Tears", qui n’a jamais si bien porté son nom. Au-delà de l’effet dévastateur de cette madeleine de Proust sur moi, auquel je ne m’attendais d’ailleurs pas, et en tentant de rester objective, je pense que PESTILENCE a produit à domicile un pur set de Death Metal.
(E)

PESTILENCE fait partie de ces groupes cultes de death metal que je connais mal. Je ne les avais d'ailleurs jamais vus en live avant ce samedi après-midi. Mieux vaut tard que jamais ! Sans rien attendre du show d'un groupe qu'on dit sur le déclin de par ses sorties récentes et l'ego de son leader Patrick Mameli, c'est comme un bourgeois sur les grandes marches de la Main Stage du 013 que je m'apprête à découvrir sur scène les Néerlandais. Je ne pourrais pas confirmer que les albums post-reformation n'ont pas d'intérêt puisque le combo ne jouera que deux morceaux de son dernier opus Hadeon en ouverture, qui cela dit ne m'ont pas marqué, mais alors les vieux morceaux constituant l'essentiel de la setlist, wow ! Le son est nickel si ce n'est le chant un peu trop mis en avant, Mameli n'en fait pas trop (merci d'ailleurs à lui pour s'être exprimé en anglais) et c'est un vrai plaisir que d'entendre cet enchaînement de riffs affûtés exécutés avec une précision chirurgicale et ces nombreuses rythmiques thrashies toujours ultra efficaces. Comme sur la dernière tournée de la formation, Consuming Impulse est à l'honneur avec la moitié des titres qui lui est consacrée, laissant tout de même un peu de place à Testimony of the Ancients. J'aurais apprécié une meilleure répartition mais on ne va pas non plus se plaindre. Ce set old-school fut un grand moment et aura certainement ravivé la flamme de nombreux fans déçus par ce qu'est devenu le groupe aujourd'hui.
(K)


Setlist :
. Unholy Transcript
. Non Physical Existent
. Multi Dimensional
. The Process of Suffocation
. The Secrecies of Horror
. Suspended Animation
. The Trauma
. Out of the Body
. Reduced to Ashes
. Twisted Truth
. Land of Tears



CLITEATER (18h20-19h00, 2nd Stage)

C’est le moment où jamais de débrancher le cerveau et de le déposer dans un casier pour le récupérer en bon état de marche par la suite. Ouais, bon, le Goregrind, c’est rigolo cinq ou dix minutes, mais après l’émotion suscitée par PESTILENCE, je ne suis pas dans le bon mood, j’ai besoin de faire un break et je quitte la salle rapidement.
(E)

Mon premier concert de la journée sur la 2nd Stage, il était temps ! J'aurais préféré les vétérans de Inhume, moins groovy et plus brutal, mais je n'avais rien contre un peu de goregrind féministe batave. J'étais sûr de passer du bon temps et ce fut bien le cas. Ça groove à mort, ça blaste, ça slammise bien gras, c'est le bordel sur scène et le public se fait bien remuant. On voit d'ailleurs que GUTALAX vient de passer car certains spectateurs tiennent encore des brosses à chiottes ! Le chanteur Joost est toujours aussi déchaîné avec ses sauts de karatéka. Il jouera même au viking en buvant dans une corne gigantesque. Dommage cependant qu'il ne s'exprime qu'en néerlandais parce qu'il parle beaucoup et ça avait l'air marrant. Bref, l'ambiance est chaude et bon enfant, ce qu'on attend simplement de ce type de concert.
(K)


CARPATHIAN FOREST (19h00-19h50, Main Stage)

Je n’aime pas CARPATHIAN FOREST, mais j’étais plutôt curieuse de voir ce que ça donne sur scène. Bah, un truc plutôt pitoyable en ce qui me concerne. Je crois surtout avoir un souci avec Nattefrost, qui chante plutôt mal et dont le comportement est assez ridicule. Affublé d’une soutane, il découvre régulièrement un genou ... sois transgressif jusqu’au bout ! Déballe tout, ce serait plus trve ! Et puis, la distribution de petits drapeaux norvégiens, les « come on », « all right », j’ai bien cru qu’il allait finir par hurler « Scream for me ! Carpathian Forest loves U ! », les doigts en forme de cœur sur la poitrine. Musicalement, ce n’est quand même pas ce que la Norvège a enfanté de plus classieux et de plus intelligent. Je ne retiens rien de positif de ce Black’n’Roll punkisant, à part peut-être la reprise "A Forest" de THE CURE, et encore…
(E)

Les festivals, c'est aussi l'occasion d'aller voir des groupes que l'on n'aurait jamais vus autrement. La réputation de CARPATHIAN FOREST n'est plus à faire et même si je ne connais rien aux Norvégiens, pourquoi pas tester un peu de black metal en ce début de soirée et voir ce fameux Nattefrost qui semble faire plus rire qu'horrifier ? C'est exactement ça en fait. Le petit Scandinave, affublé d'une toge laissant souvent apparaître ses belles jambes épilées avec lesquelles il joue souvent (le petit coquin !), est plus un clown qu'autre chose. Surtout punk dans l'esprit, il est toutefois difficile de le prendre au sérieux avec une telle gestuelle. Rien à redire sur son chant par contre. Musicalement, le black metal de CARPATHIAN FOREST penche plus du côté groovy et rock 'n roll. Ce qui peut aller sur deux ou trois morceaux mais me lasse vite. Pas assez haineux, sombre et brutal comme black metal, je quitte la salle bien avant la fin. J'aurais au moins vu une fois ce groupe culte et son frontman rigolo.

Setlist :
. Carpathian Forest
. Through Self-Mutilation
. Ancient Spirits of the Underworld
. The Beast in Man: The Origin of Sin
. I Am Possessed
. Bloodcleansing
. A Forest
. Mask of the Slave
. When Thousand Moons Have Circled
. Knokkelmann
. One With the Earth
. Rock'n Roll Glory Hole



BUTCHER ABC (19h50-20h30, 2nd Stage)

Le Remembrance of the Dead, a lieu chaque année le 4 mai aux Pays-Bas. Il commémore tous les civils et les membres des forces armées du pays décédés dans des guerres ou des missions de maintien de la paix depuis le début de la Seconde Guerre mondiale et se traduit notamment par deux minutes de silence à 20 heures, qui seront respectées dans cette salle après une annonce au micro et un bref chahut. Le trio japonais de BUTCHER ABC devait commencer leur set à 19h50, fair-play, il a attendu la fin de ce solennel instant de recueillement pour sortir la grosse artillerie avec son Death/Grind franchement plaisant, qui me rappelle tantôt BOLT THROWER, tantôt GENERAL SURGERY. Le bassiste, qui porte un masque à gaz auquel est intégré un micro sur la bouche, bourrine à faire trembler l’intérieur des cages thoraciques. C’est propre, entraînant et plein de bonne humeur, mais peut-être un chouia trop sage. BUTCHER ABC m’offre malgré tout le premier set du genre que j’apprécie pleinement depuis le début du fest.
(E)

Censé commencer à 19h50, le concert de BUTCHER ABC sera finalement décalé d'un bon quart d'heure. Nous sommes le 4 mai et c'est la Journée Nationale du Souvenir aux Pays-Bas, jour très important là-bas en mémoire de toutes les victimes néerlandaises civiles ou militaires disparues dans des conflits armés depuis le début de la Seconde Guerre Mondiale. La tradition est d'arrêter toute activité à 20h et d'observer 2 minutes de silence. Au lieu de couper le set des Japonais, je suppose que les organisateurs ont préféré repousser de quelques minutes le set des Japonais. À part deux-trois abrutis au début, ces deux minutes furent plutôt bien respectées dans la petite salle. Une fois le quatuor sur scène par contre, le silence refait place à la guerre. Je n'avais jamais écouté les Asiatiques mais il faut toujours aller voir un groupe japonais. Quel que soit le style, on est à peu près sûr de passer un bon moment. Et le Japon était à l'honneur lors de cette quatrième édition du NDF, on le verra aussi le lendemain. Du coup oui, c'était à la fois fun et brutal, assez déjanté, même si je doute que le death/goregrind de BUTCHER ABC me fasse le même effet sur album. C'est très groovy donc très efficace en live et quand ça ne groove pas ça bourre, tout aussi efficace sur scène. Le batteur, que l'on retrouvera le lendemain avec Intestine Baalism, est un fou-furieux d'ailleurs, j'ai adoré le voir s'éclater sur son kit. Le bassiste, lui, porte un masque à gaz-micro. L'effet est carrément cool ! Les autres spectateurs ne sont pas non plus insensibles à la musique des Japonais puisque le pit s'activera tout le long d'un set raccourci d'autant plus intense.
(K)


UNLEASHED (20h35-21h30, Main Stage)

On ne peut pas être et avoir été ... La bande à Johnny Hedlund semble capitaliser sur leur statut d’ancienne gloire du Death Metal suédois. La prestation est honnête et le combo enchaîne les titres comme d’autres enfilent des perles, en mode pilote automatique. C’est pas vilain et ça fait toujours son petit effet d’entendre à nouveau les classiques de Where No Life Dwells, mais la prestation devient vite monotone car ça fait un moment que musicalement UNLEASHED ne me vend plus du rêve. L’old-school devient carrément suranné lorsque Johnny se met à présenter tout à tour les membres du groupe qui répondront aux applaudissements, qui par un roulement de caisse claire, qui par un petit riff. Ça ne se fait plus depuis combien ce temps, ce truc ?
(E)

Comment ça pas de "Death Metal Victory" ?! Pas grave après tout, ce n'est pas comme si on ne l'avait jamais entendu. Pareil pour le groupe, qui est loin d'être une rareté sur scène. Pourquoi retourner les voir alors ? Parce qu'un concert de UNLEASHED, c'est quasi toujours une réussite. Un peu tout le temps la même chose, oui, mais ça claque toujours. Ça n'a pas loupé sur la grande scène du 013 avec un son maousse costaud digne de la réputation de la salle. Rien de nouveau sous le soleil de Stockholm si ce n'est quelques titres du dernier album. Les Suédois déroulent leur death metal à l'ancienne, de temps en temps légèrement teinté de black et plus brutal (blasts !), menés par un Johnny Hedlund toujours aussi charismatique et pas peu fier de fêter les trente ans de son groupe, toujours là contre vents et marées. Un coup de corne, cheers ! Un énième show certes ultra classique de la part de ces vieux vikings mais qui aura permis de confirmer, si certains en doutaient, qu'ils ont encore la niaque, et pour un paquet d'années encore.
(K)

Setlist :
. Blood of Lies
. Dead Forever
. Don't Want to Be Born
. Lead Us Into War
. The Longships Are Coming
. They Came to Die
. Stand Your Ground
. Hammer Battalion
. The Dark One
. Your Children Will Burn
. I Have Sworn Allegiance
. The Hunt For White Christ
. Execute Them All
. Into Glory Ride



GRAVE MIASMA (21h30-22h20, 2nd Stage)

Les Anglais m’ont déjà suffisamment et prodigieusement ennuyée par le passé. Implacable, je ne leur laisse même pas une nouvelle chance de se racheter.
(E)


TORMENTOR (22h20-23h15, Main Stage)

TORMENTOR, vieille légende un peu tombée dans l’oubli a fait un retour fracassant depuis l’an dernier et s’invite sur bon nombre d’affiches depuis. Attila Csihar, bedaine proéminente, énorme crucifix inversé au cou et cape au vent, arrive comme une tornade avec la ferme intention de faire de ce concert un spectacle démoniaque, bourré de testostérone et de malveillance : en bon poseur, il harangue, prend à parti, s’approprie la scène, fait du air-guitar, et s’est même choisi une victime, son pauvre guitariste, sur qui il simule (enfin, je l’espère !) des strangulations, de bonnes bourrades et des coups de fouet. Il en fait des caisses, mais plus c’est gros, plus ça passe, c’est bien connu ! Cependant, la réussite de ce set ne repose pas uniquement sur la personnalité envahissante de son front-man survolté, mais également sur le niveau des musiciens, qui m’ont sacrément épatée et sans qui le déferlement de tubes n’aurait pas eu la même saveur ni la même intensité. Un vrai show (avec des lights sublimes comme souvent ici), qui dure, qui dure, mais qui hélas s’éternise, puisqu’il me fera rater le début de BETHLEHEM, et ça, ça m’a tourmentée.
(E)

Je suis allé voir les Hongrois par curiosité, parce que j'avais de gros doutes sur l'intérêt de la chose. Pourquoi tout ce remue-ménage pour un groupe dont je n'avais jamais entendu parlé avant ? Encore un truc soit-disant culte remis au goût du jour ? Ça pue un peu l'opportunisme en plus avec tout ce merch disponible ... Est-ce parce qu'il s'agit du premier groupe d'Attila Csihar avant que sa cote n'explose dans Mayhem ? Bon après tout, ce n'est pas parce que je ne connais pas que ce n'est pas connu ou important, surtout quand il s'agit de black metal. Donc bravo, le buzz a fait son effet. Et franchement, j'avoue que la prestation m'a plutôt convaincu. Alors oui, Attila est franchement pénible, voire carrément ridicule, à beugler/vomir dans ses deux micros. Un sacré psychopathe qui en fait beaucoup trop à mon avis. Mais musicalement, au-delà de la superficialité de l'attitude et du grimage horrifique j'ai trouvé TORMENTOR assez intéressant. Une sorte de black metal préhistorique aux fortes influences speed metal. Ça balance du bon gros mid-tempo headbangant mais ça sait aussi sauvagement accélérer quand il faut. Sympas aussi tout ces solos chaotiques. Bref, rien à redire sur l'efficacité de la chose, une bonne surprise pour moi qui partait avec pas mal d'aprioris.
(K)

Setlist :
. Tormentor I
. In Gate of Hell
. Apocalypse
. Elisabeth Bathory
. Damned Grave
. Transylvania
. Tormentor II
. Trance
. Beyond
. Heaven
. Anno Domini
. Branded the Satan
. Live in Damnation
. Mephisto
. Seventh Day of Doom



BETHLEHEM (23h15-0h00, 2nd Stage)

Je m’en mords encore les doigts d’avoir raté le début de BETHLEHEM. Délestée de sa robe blanche, de son corpse-paint et de sa guitare, simplement vêtue de noir, Onielar, dont on reconnaît immédiatement la voix, se déhanche bizarrement et ne cesse de lisser ou replacer sa belle chevelure. Elle aimante tous les regards, à moins de se faire happer par les images de sexe, de torture, d’automutilation ou de scènes dérangeantes, dont on a du mal à comprendre le sens, qui défilent sur l’écran derrière elle. La discographie de BETHLEHEM est riche (neuf albums au compteur), hétérogène (jusqu’à l’accident de parcours), leur style indéfinissable et atypique entre Black, Dark et Experimental, syncrétisme périlleux mais réussi. La setlist a cependant été soigneusement préparée pour délivrer une prestation cohérente, terriblement prenante, parfois déroutante, souvent dérangeante et délicieusement malaisante, saluée par de chaleureuses acclamations. En tout cas, elle ne laissera personne indifférent. Encore une bien belle fin de journée au Poppodium.
(E)

Là encore, curiosité. Plus que pour la musique, c'est plutôt la présence de la chanteuse Onielar qui m'a poussé à aller dans la petite salle. Impressionnante dans Darkened Nocturn Slaughtercult, j'avais bien envie de la voir dans un autre cadre plus épuré, sans maquillage et autre artifice. Je ne pensais par contre pas du tout accrocher à la musique réputée "spéciale" de BETHLEHEM. Contre toute attente, ce fut là aussi une agréable surprise. Déjà, j'ai beaucoup apprécié voir Onielar, à la fois complètement différente ici par son look tout de noir vêtue limite gothique et malgré tout aisément reconnaissable grâce à son timbre de voix particulier ou ses très longs cheveux. Si sa tenue de scène s'avère beaucoup plus sobre que dans DNS, il n'en va pas de même pour son chant. L'Allemande se fait moins haineuse mais plus hallucinée, plus torturée, plus folle. Elle s'avère tout aussi possédée mais plus par des troubles mentaux que par Satan. Elle pratique même un peu de chant clair, ce qu'elle réussit plutôt bien. Côté musique, les Allemands jouent beaucoup sur l'atmosphère. C'est très dark, très tourmenté et assez maladif. Ambiance amplifiée par les images glauques et dérangeantes en noir et blanc projetées sur l'écran derrière ainsi que quelques bruitages étranges. Franchement, c'est pas la fête et c'est que ça mettrait presque mal à l'aise ! Mais c'est assez hypnotique, notamment quand le tempo se fait beaucoup plus lent sur quelques notes de piano. Ce à quoi je ne m'attendais pas non plus, c'est que par moment, eh bien ça bourre franchement alors que je m'attendais à un black/doom dépressif lourdingue ! Le groupe possède en plus un sens aiguisé de la mélodie avec quelques très bons solos.
(K)

Setlist :
. Niemals mehr leben
. Die Dunkelheit darbt
. Aberwitzige Infraschall-Ritualistik
. Gestern starb ich schon heute
. An gestrandeten Sinnen
. Fickselbomber Panzerplauze
. Kalt' Ritt in leicht faltiger Leere
. Schatten aus der Alexander Welt
. Tagebuch einer Totgeburt



Du coup, la deuxième journée se termine bien mieux que ce à quoi je m'attendais en voyant le planning. Une bonne journée bien occupée avec beaucoup de raretés (FATHER BEFOULED, CENOTAPH, BUTCHER ABC, BETHLEHEM) et des groupes cultes qui ont montré qu'il fallait encore compter sur eux, du moins en live (PESTILENCE et UNLEASHED). Le son s'est en plus globalement amélioré sur la Main Stage, de quoi savourer davantage les shows. Cette quatrième édition monte en puissance ! À confirmer le lendemain pour ce qui sera déjà la dernière journée.
(K)

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Juin 2019
  

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NETHERLANDS DEATHFEST IV - JOUR 2
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