THE YOUNG GODS… Une partie de mon adolescence quelque part, ou tout du moins un élément de ma culture 90’s. Groupe découvert en 1993 suite à l’achat du CD
Live Sky Tour toujours en ma possession, voilà une formation que j’ai toujours suivie de loin, avec déférence et respect, sans pour autant devenir un fan inconditionnel. Pourtant, quatorze LP sont là pour attester de l’importance des Suisses au sein de la scène
rock industriel bien comprise, autrement dit pas celle des poseurs, les éloges de mon camarade
Coco quant à la qualité de leurs prestations scéniques finissant d’avoir raison de mes pudeurs de jouvencelle. Certes, je suis à priori davantage amateur des débuts et
Appear Disappear de 2025 m’a paru un brin mollasson mais, en réponse à mon commentaire anodin, l’ami en question m’ayant rétorqué
« il est juste monstrueux, tu dois être le seul connard à ne pas l’aimer », me voilà billet en poche glandouillant gentiment du côté de Montreuil un dimanche soir. De toute façon la réalité économique impose désormais ses choix, j’opte donc pour une valeur sûre, rassuré par la prestation du
Hellfest 2026 diffusé sur
ARTE Concert, merci bien. Certes, une
playlist de festival est souvent sans commune mesure avec celle d’une tournée promotionnelle traditionnelle mais je me rends au concert avec la certitude d’en sortir émerveillé, c’est l’essentiel. La soirée tiendra toutes ses promesses voire davantage.
Les Parisiens de
LACUSTRE se sont invités au dernier moment en première partie, j’avoue que je me serais bien passé d’une ouverture, tellement que je ne m’y suis pas rendu. Il faisait bon, j’ai préféré boire en extérieur, c’est honteux. Les curieux pourront toujours découvrir la page
Bandcamp abondamment fournie, pour ma part je suis resté froid face à cette musique électronique contemplative bien que le choix ne soit pas surprenant au regard du spectacle que les Helvètes nous proposeront. Enfin… Disons que tous les deux utilisent des éléments électroniques, quant à la façon de le faire… Elle est sans commune mesure.
Pour ma première visite à la salle
Bal Chavaux, mon unique constat sera que j’aurais pu rentrer sans billet. Zéro contrôle, uniquement au faciès pourrais-je dire, peu importe. Un tour au
merch, visite obligatoire, c’est assez cher et maigrelet, ça sera autant d’économies de faites. Enfin, je profite d’une ouverture sur la droite pour me faufiler et atterrir comme une fleur devant la scène, pile devant le claviériste
Cesare Pizzi, place que je conserverai miraculeusement tout au long du concert, en dépit des danses tribales et des senteurs d’aisselles qui envahissent peu à peu la fosse. Si la qualité d’un concert devait se mesurer à la puissance de l’odeur de transpiration, cette date rentrerait dans les annales du genre. Mais de cela, vous vous en fichez, à juste titre. Moi, ce que j’ai surtout retenu, c’est que sur scène il y avait trois types de l’âge de ton père, voire de ton grand-père pour les plus jeunes, et qu’ils ont donné une leçon de musique électronique, de poésie, de transe. Il y avait du vieux (« She Rains » ; « Gasoline Man » ; « Skinflowers »), du neuf (« Appear Disappear »), de l’entre-deux (« Kissing the Sun »), la
setlist ne correspondant pas totalement à ce qui est joué d’habitude. Quoi qu’il en soit, j’ai mieux compris les propos de mon camarade en découvrant
live les bijoux que sont « Tu en ami du temps » et, globalement, la totalité des compositions du dernier LP en date sur lequel il va falloir que je revienne rapidement.
Mais « en vrai de vrai » comme disaient les connards et connasses fut un temps,
THE YOUNG GODS c’est une expérience de chaleur humaine. Le son putain le son ! Le raffinement des sonorités est dingue, cela t’englobe dans une épaisseur de cocon, te berce même quand le tempo déraille, défaille, défouraille, avec juste ce qu’il faut de
light pour t’emmener ailleurs. Le temps s’étire, se déforme, se dissout en leur présence. Et puis l’humanité des mecs, qui saluent, remercient, serrent des pognes à n’en plus finir, nous offrant deux rappels avant de définitivement quitter la scène en vainqueur, laissant derrière eux une foule heureuse, subjuguée, éreintée par ce déferlement d’émotions. Sinon c’est quoi ces gens qui scandent « la jeunesse emmerde le front national » ? Qu’est-ce qu’on a à branler dans ce contexte ou à aucun moment le groupe n’a exprimé un message politisé ? C’est fou ce besoin de tout ramener au politique, de montrer qu’on est là, c’est de plus en plus pénible à supporter ce genre de conneries.
Setlist probable
01. Tu en ami du temps
02. Appear Disappear
03. Systemized
04. Hey Amour
05. Blackwater
06. All My Skin Standing
07. She Rains
08. Intertidal
09. The Night Dance
10. Gasoline Man
11. Blue Me Away
12. Mes yeux de tous
13. Shine That Drone
14. Skinflowers
15. Kissing the Sun
16. Off the Radar
17. Did You Miss Me?
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