Chronique
1917 Omnicrisis
L’Argentine n’est pas la première destination à laquelle on pense lorsqu’on parle de metal en général, et de death en particulier. Fondé sous ce nom en 1995 (la date), 1917 (le groupe) a pourtant toutes les cartes en main pour établir son blaze un peu particulier en Europe.
En effet, malgré neuf albums avant cet « Omnicrisis », deux démos, deux splits des apparitions sur différentes compiles ainsi que plusieurs best-of et coffrets, 1917 peut se targuer d'être à la fois à peu près inconnu dans nos contrées et fort d’une expérience peu commune. La somme de toutes ces années de pratique se découvre aussitôt que les premières notes de « Gestas Decrepitas » résonnent dans les enceintes. Ce titre, choisi pour finir en clip, donne le ton, avec cette voix très agressive oscillant entre growl et chant plus hurlé.
Au premier abord, j’ai pensé à un ersatz plus speed de groupes tels que Masacre, mais le duo, aujourd’hui stabilisé autour d’Alejandro Sabransky (fondateur, chanteur, guitariste, programmeur batterie) et Mario Mansilla à la basse, est bien plus complet et inventif que nos colombiens sus-nommés. J’en veux pour preuve ces accélérations soudaines et finement amenées comme sur « Tras los frios muros » ou « Retonos de la manipulacion » et son feeling à la Arch Enemy époque « Wages Of Sin ».
Auto-produit, ce disque possède malgré tout un son clair, bien équilibré, chaque instrument évoluant dans un paysage sonore parfaitement esquissé, avec notamment un son de basse très audible. La musique, malgré les voix haineuses et très souvent doublées, demeure groovy et fort intelligible (tel ce « Refinado cinismo » qui te fera bouger ton boule comme jamais), et ne sonne jamais datée malgré un ancrage évident dans la seconde moitié des années ’90.
Je pense en revanche que l’ordre des titres aurait pu être mieux pensé, avec cet « Ancient Wounds » - seul titre en anglais -, que j’aurais personnellement placé en tout dernier, petite pépite voyant s’affronter vocalement Alejandro et notre S.A.S. de l’Argilière national (second point commun avec Misanthrope, allant de pair avec la clarté du son évoquée plus haut). Parsemé de riffs thrash baignant dans une ambiance à la Carcass genre « Incarnated Solvent Abuse », ce morceau est une vraie tuerie et une totale réussite.
Ainsi, en dépit de quelques maladresses, « Postrados se habran de ahogar » et « Las grietas de su mascara » n’étant clairement pas des hits en puissance, ce groupe fait preuve d’une totale maitrise de son sujet, plongeant loin ses racines pour en retirer la sève nourricière, et jamais à court de (très) bonnes idées (apparition de Tommy Talamaca from Sadist sur la piste numéro trois, et solo de haute volée de Lucas Bravo de Lethal sur « Letta derota desciende »).
Old-school sans être passéiste, formé d’excellents techniciens au service de leurs chansons, ce groupe plaira à tout fan de death racé et vindicatif que la langue de Cervantès ne rebute pas.
Allez, allez, on prend son p’tit clavier et on commande, puta madre !
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