Lorsqu’on diffuse son premier album directement avec un label de la renommée de
I, Voidhangder Records, c’est généralement le signe que l’on a des choses plutôt intéressantes à exprimer et tel fut le cas des Parisiens d’
EPECTASE pour «
Astres », paru en 2019. Bon, ce n’est pas pour autant que je connaissais le duo mais c’est tout de même l’argument qui m’a aujourd’hui motivé à écouter «
Nécroses », le dernier LP en date.
En plus du Single « V.I.T.R.I.O.L. » (un hommage au chanteur d’
ANAAL NATHRAKH ?), l’album se compose de trois autre titres faisant tous entre onze et treize minutes, pour un style affiché comme étant du
black metal avant-gardiste inspiré par
ORANSSI PAZUZU,
SIGH ou encore
BLUT AUS NORD. Sur le papier, je veux bien, les références sont prestigieuses, mais ce ne sont pas vraiment les noms qui me viennent en premier en tête lorsque j’écoute «
Nécroses ». Cela ne signifie pas pour autant que je suis déçu ou que le disque ne vaut pas qu’on s’y intéresse, c’est juste que si vous recherchez absolument ces références, vous ne les trouverez que difficilement, voire pas du tout. Et à la limite, c’est tant mieux, cela ne rend la découverte de «
Nécroses » que plus surprenante, intrigante et finalement séduisante.
Par exemple sur « V.I.T.R.I.O.L. (extended) », qui ouvre le disque, j’entends davantage le
MOONSPELL de
« The Butterfly Effect », surtout au niveau du chant qui, dans ses intonations, rappelle vraiment celui de
Fernando Ribeiro. D’ailleurs, il y a également un fond de tessiture
gothique proche de
FIELDS OF THE NEPHILIM qui s’intègre parfaitement au reste, même si de telles sonorités peuvent paraître surprenantes dans un tel contexte. Alors oui la chronique vient à peine de commencer et j’ai déjà balancer plein de liens, veuillez m’en excuser, je vais désormais tâcher de me re focaliser sur les quatre titres qui nous intéressent ici. Et je ferai bien de m’y intéresser d’ailleurs car leur durée, plus souvent associée au
funeral doom qu’au
black metal, est justement l’occasion pour les deux musiciens
Vague et
Avitus d’explorer et d’expérimenter des styles
à priori sans rapport entre eux : le
doom justement dans « Nécroses » notamment (pour moi le meilleur titre de l’album, complètement fumé et explosant dans un final fou de psychédélisme), le
post rock, le
rock / metal progressif, le
black évidemment voire le
true black en de rares occasions particulièrement belliqueuses, du
post core dissonant dans « Confusion », l’esprit du
zeuhl d’un
MAGMA, le joyeux bordel de
GONG, bref une espèce de syncrétisme total des musiques extrêmes et des musiques plus expérimentales, le tout au service d’une personnalité forte, assez unique dans le paysage hexagonal actuel.
Nous pourrions croire, à tort, qu’
EPECTASE ne sait pas où il va et que balancer un solo de « guitar hero » par-dessus une arythmie avec derrière des chœurs rituels, ce n’est pas l’idée du siècle, que c’est trop chargé. Eh bien non, là où beaucoup d’autres se ramasseraient la bobine, notre duo parvient comme par magie à faire en sorte que tout ça retombe comme par miracles sur ses pattes en un tout cohérent et porteur de sens. Pour moi, cela en dit long sur à la fois la solide culture musicale des protagonistes mais également sur l’intelligence de leur écriture qui parvient à tout réconcilier au sein d’un seul et même espace-temps. Une telle sortie demandera donc à l’auditeur pas mal d’ouverture d’esprit pour en apprécier chaque instant mais les plus curieux / aventureux ne regretteront pas le voyage : la destination est certes atypique mais, comme le disait Chirac : « C’est loin mais c’est beau ».
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