Veuve Scarron - Deal With It
Chronique
Veuve Scarron Deal With It
Même si je n’en écoute aujourd’hui plus vraiment, je ne peux pas renier que les BUTTHOLE SURFERS ou encore le JON SPENCER BLUES EXPLOSION ont souvent fait chauffer mes pauvres enceintes. Et sans non plus être un grand amateur, je n’ai jamais rien eu contre une bonne dose de punk garage rock noise & compagnie, on salue bien BELLY BUTTON au passage ! Cela tombe bien car c’est exactement ce que propose VEUVE SCARRON, le projet d’un homme seul mais cependant bien entouré puisqu’une myriade d’amis se relayent tantôt à la basse, tantôt à la guitare pour un « solo » au fil des neuf compositions. Je mets des guillemets car ne vous attendez pas à des délires démonstratifs, ça reste du noise rock, pas de la branlette intello.
Neuf titres qui passent d’ailleurs très vite. En effet, si l’on met de côté les six minutes de « So Sorry », il n’y a absolument rien ici qui ne dépasse les trois minutes. Evidemment me direz-vous, c’est du garage et, à ma grande surprise, je suis assez bluffé par la qualité des lignes vocales. C’est musicalement plutôt basique mais le travail sur le chant est sans conteste l’élément majeur de ce disque : légèrement distordu (ce qui gomme peut-être quelques menues imperfections d’accent ou de justesse, même si on s’en fout pas mal dans ce genre musical), il laisse quand même suffisamment de place aux mélodies, à la fois légères et entraînantes, parfois rageuses et souvent empreintes d’une certaine mélancolie. Sur ce seul plan-là, c’est déjà une franche réussite et j’imagine sans peine les musiciens foutre le bordel dans un bistrot de rase campagne.
La sauce ne prend cependant pas uniquement grâce à cela. Il ne faudrait pas occulter la rigueur instrumentale d’une basse bien hardcore (« Junk Mailbox »), les dérives bruitistes des guitares jamais en reste pour balancer des lamelles de rouille tranchantes, et puis je reste toujours un grand nostalgique de l’époque des THOMPSON ROLLETS ou autre PORTOBELLO BONES. Certes, l’approche n’est pas la même mais l’on retrouve chez cette veuve un peu de ce qui faisait le brio de la scène française dans les années 90 : une décontraction doublée de talent, la classe des branleurs en quelque sorte. Sans compter que le compositeur principal a plus d’une corde à son arc (et moi plus d’un poncif à ma plume) car « So Sorry » ouvre des pistes davantage aériennes, tendues comme du post punk, dans un entremêlement de voix étranges, fantomatiques ou rageuses et affirmant haut et fort le potentiel créatif de VEUVE SCARRON.
Je terminerai en félicitant Pablo Goodwin pour la qualité de son artwork, que je trouve aussi original que mystérieux et qui illustre parfaitement le contenu de cette œuvre sans doute anecdotique au regard de l’industrie musicale mais qui possède tous les arguments pour se faire une place dans le cœur des rockeurs (salut Julien !). Sur ce, je vais me refoutre « Junk Mailbox » bien à fond dans les feuilles.
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