chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
199 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer
Ageless Obli... » Cathedral - ... »

Anthropovore - Parthénogenèse

Chronique

Anthropovore Parthénogenèse
Je me souviens qu’en septembre 2023, à la sortie du concert de MALEVOLENT CREATION au Klub (live report), j’avais par hasard eu le plaisir de discuter quelques instants avec un type qui m’avait dit jouer dans ANTHROPOVORE, une formation de black metal qui m’était alors inconnue. Il faut dire que sa création est somme toute récente (« Rip and Tear », le premier EP, ne date que de 2021) et que même si les deux membres évoluent aussi dans MUERTISSIMA (du death metal avec pour le moment un seul LP au compteur, « Inquisition, paru 2021) et, pour Simon Perrin, dans DEMANDE A LA POUSSIERE (au chant depuis 2022), cela n’était peut-être pas encore suffisant pour faire des Parisiens une formation « qui pèse » dans le milieu de l’extrême. Cela dit, l’ordre des choses pourrait bien bouger avec cet ambitieux « Parthénogenèse », qui succède donc au précédent full-length « Boogeyman » (2022) ainsi qu’à un furieux split aux côtés des reconnus DEPRAVED (brutal death), MASSIVE CHARGE (grindocre), NOÏTATALID (death indus) et MUERTISSIMA dont j’ai parlé précédemment.

Une carrière par conséquent déjà bien ancrée dans l’underground français et qui pourrait bien aujourd’hui gravir quelques échelons supplémentaires dans la reconnaissance du public, y compris à l’international, tant ces dix nouvelles compositions sont marquées au sceau de l’étrangeté, de la bizarrerie, de l’excentrique, de l’incongru, de l’inusité, de… Bon, je pense que vous avez saisi l’idée globale. Car si ANTHROPOVORE pratique le black metal, il le fait à la façon d’un fou-furieux qui n’a plus rien à perdre, encore moins à gagner, et dont la seule et unique volonté est de nuire durablement à notre repos. Pour ce faire, il va peupler nos rêves de monstres pervers, de frayeurs enfantines remontant à la surface pour nous glacer d’effroi mais aussi d’angoisses bien adultes, elles. Au moins une chose est acquise après l’écoute de « Parthénogenèse », c’est que nous irons nous coucher avec la lumière allumée, quitte à voler sa veilleuse au petit dernier. Tant pis, que le grand crique le croque !

En effet, outre l’imagerie du vilain croquemitaine qui hante chacune des pochettes du groupe, le cauchemar en mode paralysie du sommeil trouve sa pleine et totale expression dans les vocaux hallucinés qui hurlent des paroles (en français) transpirant l’anxiété, la hargne, la haine, la terreur également. L’inexplicable frousse qui te colle une chiasse bien mousseuse, verdâtre et puante. Quant à la musique… Les Parisiens ont beau s’inspirer de références old school telles que DARKTHRONE ou MARDUK et prôner un retour à un black primaire, il est évident que l’heure que dure l’album va bien au-delà de ces ambitions initiales. Le propos général est certes raw, notamment dans le choix du type de chant criard ou encore d’une production plutôt rustre, également dans les explosions de fureur qui parsèment le disque, mais réduire cette œuvre à ces influences ne dirait qu’à peine 10% du contenu réel.

Musique aussi protéiforme qu’exigeante, les deux musiciens ont pris soin de parsemer chaque morceau d’éléments originaux, soit purement sonore ou langagier, soit dans la structure même de la composition, si bien que le style initial se trouve transcendé pour aboutir à un résultat que je ne saurais décrire mais qui fout réellement les miquettes tant les instants de malaise y sont palpables. Quand je pense que cela est uniquement généré à base de guitares, basse et batterie… Merde ! C’est en écoutant ce genre de projets que tu te rends compte que l’originalité, ce n’est pas donné à tout le monde et que la personnalité d’ANTHROPOVORE ne se construit pas sur des éléments aussi factices que faciles (samples divers, claviers…), elle se fonde sur des sentiments puissants (peur, colère, écœurement généralisé, douleur) qui animent depuis longtemps les deux géniteurs et qui s’insinuent dans chaque note, chaque riff, chaque coup de cymbale, chaque hurlement afin d’écrire une musique rare, véritablement malfaisante, jamais formatée.

Le pendant négatif, si tant est que cela en soi un, d’un tel déballage d’émotions est que les soixante minutes d’écoute s’avèrent pour le moins éprouvantes car tout est poussé à un paroxysme de branque, sans une once de repos. C’est une torture mentale continue, un désir de nuisance jamais assouvie où les plaies intérieures de l’auditeur se voient frotter au gros sel ou au jus de citron… On implorera alors le pardon en espérant que cela s’arrête mais « Parthénogenèse » ne nous veut que du mal, il nous livre en pâture à nos propres démons sadiques. Quant à ceux qui en veulent toujours plus, sachez que la version CD propose un titre bonus de trente minutes : « F(a)I(m)N ».

Je profite de cette chronique pour faire un peu de pub : MUERTISSIMA sera en concert au Klub (Paris) le samedi 23 mars en compagnie de TRAGOS et DAWN OF DYSTOPIA : une bien belle affiche pour la modique somme de dix euros.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Anthropovore
notes
Chroniqueur : 8.5/10
Lecteurs :   -
Webzines :   -

plus d'infos sur
Anthropovore
Anthropovore
Black Metal - 2021 - France
  

formats
vidéos
Transmigre-moi
Transmigre-moi
Anthropovore

Extrait de "Parthénogenèse"
  

tracklist
01.   Notre Père  (08:12)
02.   Transmigre-moi  (05:59)
03.   Castigo  (05:50)
04.   Parthénogenèse  (09:06)
05.   Souffrir  (05:22)
06.   Mal dedans  (09:25)
07.   Ternir  (05:09)
08.   Déconstruit  (05:35)
09.   Mangez-moi  (04:48)
10.   Better Off Alive  (05:32)

Durée : 01:05:53

line up
parution
9 Février 2024

Essayez aussi
Mesfetor
Mesfetor
Manifest II (EP)

2025 - Drakkar Productions
  
Aosoth
Aosoth
III

2011 - Agonia Records
  
Acédia
Acédia
Fracture

2022 - Les Acteurs de l'Ombre
  
Himinbjorg
Himinbjorg
The Fall of Valhalla

2024 - Adipocere Records
  
Gorgon
Gorgon
The Veil of Darkness

2019 - Osmose Productions
  

Endless Chaos
Paths To Contentment
Lire la chronique
Metal Noz 3 - Live Report
Lire le podcast
Entombed
Crawl (EP)
Lire la chronique
Türböwitch
Under Haunted Skies
Lire la chronique
Exodus
Goliath
Lire la chronique
Cro-Mags
Alpha Omega
Lire la chronique
Slyther
Chronicles of Despair
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Mai 2026
Jouer à la Photo mystère
D.R.I.
Violent Pacification (EP)
Lire la chronique
Nukem
The Grave Remains
Lire la chronique
Aborcja
Do krzyża abarotem
Lire la chronique
Vomitory
In Death Throes
Lire la chronique
La photo mystère du 15 Avril 2026
Jouer à la Photo mystère
Paradox
Heresy
Lire la chronique
Sunovrat
Kuluk
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Avril 2026
Jouer à la Photo mystère
Perpetual Warfare
The Age of War
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Mars 2026
Jouer à la Photo mystère
10 ans de vidéo SAKRIFISS / Le top 50 des groupes marquants
Lire le podcast
Cryptic Shift
Overspace & Supertime
Lire la chronique
Deathraiser
Forged In Hatred
Lire la chronique
R.I.P. Soldier
The True Soldiers Never Die
Lire la chronique
Cro-Mags
Best Wishes
Lire la chronique
Venthiax
Rites Of Ra (EP)
Lire la chronique
Archaic
The Endgame Protocol
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Mars 2026
Jouer à la Photo mystère
Slakter
Infernal Exekution Reign
Lire la chronique
Norwalk
Psycho Mirror
Lire la chronique
Megadeth
Megadeth
Lire la chronique
None So Live - Cyrptopsy / 200 Stab Wounds / Inferi / Corpse Pile
Lire le podcast
Breizh Death Metal Party 2 Live Report
Lire le podcast