chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
344 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer
Ole Rokseth » Stratovarius »

Beherit - Drawing Down The Moon

Chronique

Beherit Drawing Down The Moon
« J’ai vu s’ouvrir l’univers des ténèbres où tournent les planètes noires. Elles tournent dans son horreur inconnue : sans ordre, sans éclat et sans nom. »

Cette phrase pourrait résumer à elle-seule Drawing Down the Moon. Un album à part qui en a décontenancé plus d’un lors de sa sortie en 1993 et qui continue de susciter des réactions extrêmes. On adore, on déteste ou bien on reste sceptique. De l’art ou du cochon ? À la vue de la note, vous avez certainement deviné dans quel camp je me situe. J’élève ce dernier au rang de culte, ni plus ni moins. De l’art et de l’art noir, voici ce que vous délivre Beherit à travers une œuvre jusqu’au-boutiste et éminemment spirituelle.

Une nouvelle fois, la bête immonde s’est engouffrée dans notre monde afin de répandre son funeste message et exciter une terreur indicible au plus profond de nos êtres. La voix inhumaine de NHV, tantôt désincarnée (cf. l’introduction) tantôt bestiale (le rampant « Black Arts »), sort du chaos déclamant blasphèmes et odes noires. Des abominations qui acquièrent une certaine beauté et qui n’auraient pu avoir autant d’impact sans cette bande son monstrueuse réalisée par les Finlandais. Tout semble être fait, dans un premier temps, pour choquer et agresser que ce soit par les mots ou la forme, avec une musique crade, raw et primitive à souhait. Beherit est excessif dans tout ce qu’il fait. C’est en cela que la formation peut rebuter. Pourtant rien dans la création ou l’exécution ne parait forcé, tout est inné. Le Mal coule dans les veines et l’entité est comme animée par une force atavique. Les passages bien rugueux ainsi que les brulots ont toujours la part belle, avec notamment « Down There… » ou encore « Werewolf, Semen and Blood ».

Cependant la bête mue et offre beaucoup plus de variations sur ce premier long format sans dénaturer sa nature propre. La formation progresse mais en toute logique. Vous retrouvez d’ailleurs – plus ou moins réarrangés – « Werewolf, Semen and Blood » (tiré du split avec Death Yell) mais aussi deux morceaux de l’excellent court format Down There… sorti, en 1991, sous le nom de The Lord Diabolus – suite à des problèmes rencontrés avec le label de l’époque. Vous avez donc des changements de rythmes, des touches horrifiques mais utilisés sans retenue et où viennent se greffer de nouveaux éléments. À l’écoute de Drawing Down The Moon, la maîtrise des musiciens est frappante. Tout est là ! L’esprit, l’ambiance, la bestialité et des hymnes immortels – repris x fois. Difficile de se lasser d’un « Salomon's Gate » ou de la sublime « The Gate of Nanna ». En se démarquant quelque peu des codes, Beherit se dévoile enfin, délivrant une œuvre puissante et singulière.

Les nombreux ralentissements, les pistes instrumentales et les titres plus mid tempos aèrent clairement l’ensemble et mettent en relief les différentes atmosphères instaurées par la formations – je commence, inconsciemment, à faire des parallèles avec Impaled Nazarene et la scène black metal grecque. Malgré la crasse et la rudesse ainsi que les gros coups de boutoir assenés, la musique vous happe totalement grâces aux mélodies entêtantes souvent couplées à des effets parfaitement dosés (les chœurs sur « Nocturnal Evil », par exemple). Vous êtes possédés et suivez docilement la cérémonie sacrificielle menée la sombre entité. Vous vous massez auprès de silhouettes informes, dessinant une colonne, semblant monter tout droit vers une ouverture dans les cieux. Un bal monstrueux accompagné par des grognements, des susurrements de serpents faits hommes (« Black Arts »), des voix spectrales et des sonorités électroniques d’outre espace (« Intro (Tireheb) » et «Nuclear Girl »). L’aspect occulte dégouline de chaque composition, vous tiraillant entre épouvante et extase.

Drawing Down The Moon est à la fois grouillant et chaotique mais, paradoxalement, parfaitement cohérent. Beherit mélange habilement divers éléments tout en restant ancré dans l’ancien. Vous retrouvez ici des références plus terre-à-terre liés au paganisme (« Summerlands » est une belle parenthèse inattendue), là un texte extrait de La Bible satanique – plus précisément, des neuf représentations sataniques – d’Anton Szandor LaVey (cf. l’introduction). Quant aux sons plus modernes, ils ne font que renforcer le côté primitif et spatial. Les musiciens se donnent corps et âmes à l’art noir, laissant libre cours à leurs aspirations profondes et s’affranchissant des frontières. En résulte un album réussi, habité – empli de symboles et de magie –, unique et intemporel.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Beherit
Black Metal
1993 - Spinefarm Records
notes
Chroniqueur : 9.5/10
Lecteurs : (15)  8.97/10
Webzines : (4)  8.83/10

plus d'infos sur
Beherit
Beherit
Black Metal - 1989 - Finlande
  

tracklist
01.   Intro (Tireheb)  (00:44)
02.   Salomon's Gate  (03:42)
03.   Nocturnal Evil  (02:53)
04.   Sadomatic Rites  (04:07)
05.   Black Arts  (03:33)
06.   The Gate Of Nanna  (04:15)
07.   Nuclear Girl  (01:32)
08.   Unholy Pagan Fire  (03:53)
09.   Down There...  (02:36)
10.   Summerlands  (03:20)
11.   Werewolf, Semen And Blood  (03:08)
12.   Thou Angel Of The Gods  (02:22)
13.   Lord Of Shadows And Goldenwood  (03:23)

Durée : 39:28

line up
parution
13 Novembre 1993

voir aussi
Beherit
Beherit
The Oath Of Black Blood (Compil.)

1991 - Turbo Music
  

Essayez aussi
Askeregn
Askeregn
Monumenter (EP)

2015 - Terratur Possessions
  
Black Citadel
Black Citadel
Relics Of Forgotten Satanist Wisdom (Compil.)

2017 - Amor Fati Productions
  
Darkthrone
Darkthrone
The Cult Is Alive

2006 - Peaceville Records
  
Cultes Des Ghoules
Cultes Des Ghoules
Deeds Without A Name (EP)

2021 - Under The Sign Of Garazel Productions
  
Kampfar
Kampfar
Til klovers takt

2022 - Indie Recordings
  

Defleshed
Reclaim the Beat
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Juillet 2026
Jouer à la Photo mystère
D.R.I.
Crossover
Lire la chronique
Abuser
Blood Marks
Lire la chronique
Carnivore A.D.
Transmutation (EP)
Lire la chronique
Vice & Rale
Infection fatale (EP)
Lire la chronique
Extinct
In Conspiracies We Trust
Lire la chronique
D.R.I.
Dealing With It!
Lire la chronique
Cro-Mags
Near Death Experience
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Juillet 2026
Jouer à la Photo mystère
Hellfest 2026 - Tales From The Pit
Lire le dossier
Endless
Incantation of Darkness
Lire la chronique
Pro-Pain
The Truth Hurts
Lire la chronique
Bewitched
Diabolical Death Mass
Lire la chronique
Exorcizphobia
Neurosis Unbound
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Juin 2026
Jouer à la Photo mystère
Sledgehammer
Destroy/Rebuild
Lire la chronique
Ural
Anthropic Genetic Involution
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Juin 2026
Jouer à la Photo mystère
NecroBeast
Iron Baphomet
Lire la chronique
Savage Mania
Demonic Assault
Lire la chronique
Intoxicated
The Dome
Lire la chronique
Shadowspawn
Cadaver Dogs
Lire la chronique
Cage Fight
Exuvia
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Mai 2026
Jouer à la Photo mystère
Metal Noz 3 - Live Report
Lire le podcast
Entombed
Crawl (EP)
Lire la chronique
Türböwitch
Under Haunted Skies
Lire la chronique
Exodus
Goliath
Lire la chronique
Cro-Mags
Alpha Omega
Lire la chronique
Slyther
Chronicles of Despair
Lire la chronique