Ectospire - Spiritual Dismemberment
Chronique
Ectospire Spiritual Dismemberment (EP)
En activité depuis 2022, Iron Fortress Records compte aujourd’hui à son actif un nombre de sorties particulièrement impressionnant, notamment en regard de sa courte existence. Tous formats confondus, se sont en effet trois cent vingt-huit sorties recensées sur la page Metal Archives de cette modeste structure basée à Kansas City dans le Missouri. Si certaines d’entre elles ont déjà été évoquées en ces pages (Cancer Void, Cosmic Putrefaction, Cryptual, Deliquesce, Glassbone, Morbidity, Necrovision...), d’autres méritent également que l’on s’y attarde à l’image de ce premier EP des Américains d’Ectospire.
Formé en 2021 à Tulsa, Oklahoma, Ectospire n‘a pas attendu 2025 pour mettre la machine en route. Après un premier single paru en 2022, le groupe trouve refuge chez Transylvanian Recordings pour la sortie au format cassette de sa toute première démonstration (Formless Horror). S’en suit un split en compagnie de Plasmodulated, Necrovision et Festergore sous les couleurs du label Gurgling Gore (The Mire Of Absolute Repulsion) puis d’une seconde démo en 2024 (Afterlife Brutality) qui leur ouvrira cette fois-ci les portes d’Iron Fortress Records chez qui est également paru en juin dernier Spiritual Dismemberment, un EP cinq titres joliment illustré par Fernando Giotefeli (Décryptal, Eaten Alive, Hellish Grave, Poisonous, Putrid Evocation, SlimeLord, Vaticinal Rites...).
Alors que ce soit clair, du haut de ses vingt-deux minutes, Spiritual Dismemberment n’entend absolument pas changer la donne et donc en aucun cas bouleverser le petit monde du Death Metal. D’ailleurs les Américains ont toujours été très clairs sur le sujet puisque ces derniers citent volontiers des groupes tels que Morbid Angel, Deicide, Undergang, Demigod, Funebrarum ou bien encore Gutted comme principales sources d’inspiration. Vous l’aurez donc compris, il ne va pas être question de sortir des sentiers battus ici...
Enregistrés, mixés et masterisés par un certain Eric Stukey, les cinq titres de Spiritual Dismemberment ont pour eux une production particulièrement abrasive qui sied à ravir à ce genre de Death Metal ni très compliqué, ni très original. Cependant, malgré cette liste de noms plutôt ronflante évoquée plus haut, j’aurai du mal à dresser un parallèle tangible entre la musique d’Ectospire et celle de toutes ces formations. Oui, on peut définitivement entendre un petit peu de Morbid Angel par ici, un petit peu de Demigod par là ou bien encore un petit peu d’Undergang au détour d’une autre séquence mais on ne peut pas dire que les Américains sonnent de manière flagrante comme un ersatz de l’un de ces groupes... De fait, s’il n’y a rien de bien nouveau dans ce que nous offre Ectospire, il n’y a rien non plus qui sonne comme une vulgaire copie éhontée méritant d’être ignorée.
L’une des principales forces du groupe réside ainsi dans sa capacité à offrir des compositions toujours relativement variées. Car si dans sa globalité le résultat final n’a effectivement rien de très original, Ectospire prend soin malgré tout de varier constamment les plaisirs tout en restant naturellement très cohérent. Accélérations plus ou moins frontales avec salves de blasts d’un coté et cavalcades thrashisantes de l’autre, ralentissements plombés et passages nettement plus chaloupés se partagent ainsi ces vingt-deux minutes qui personnellement m’évoquent davantage la musique de Vastum ou de Necrot que celle des toutes ces formations mentionnées par le groupe ou le label sur d’autres plateformes... Un parallèle encore un petit peu plus flagrant si l’on tient compte de la versatilité dont fait preuve Brihana Marie derrière son microphone. Entre son growl rugueux parfaitement incompréhensible, ses hurlements plus arrachés et ses quelques invectives caractérisées par un parfum d’hystérie, il y a clairement un petit peu de Daniel Butler dans son chant.
Mais ce parallèle avec les Californiens tient également et surtout dans la manière qu’à Ectospire de dérouler ses compositions et dans ce groove pour le moins irrésistible qui les caractérise. Osez me dire que vous n’entendez pas une pointe de Vastum ou un soupçon de Necrot sur les parties les plus groovy de "Gravebreaker", "Vile Procession", "Pain Begets Expiration Begets Pain", "March Of Yokai" ou "Devotional Trepnanum" ? D’ailleurs, certaines séquences plus frontales et rapides comme celles entendues sur "Gravebreaker" à 1:23 ou "March Of Yokai" à 1:05 évoquent elle aussi à leur manière ces deux groupes californiens des plus redoutables. Bref, je vous l’ai déjà dit, ne comptez pas sur Ectospire pour rebattre les cartes et changer les règles du jeu.
Efficace de bout en bout malgré un riffing parfois encore perfectible (notamment sur "Vile Procession" quelque peu plombé par un léger manque d’inspiration) Spiritual Dismemberment n’a pas vraiment de difficultés à convaincre. Bien évidemment, les limites de ce genre de Death Metal sont d’ores et déjà apparentes mais comme bien souvent dans ce genre de cas, on n’en tiendra pas rigueur aux membres d’Ectospire qui, avec ce premier EP, parviennent à séduire et à nous donner envie d’une suite dès que possible. Un fait d’arme amplement suffisant en l’état même s’il devra s’assurer d’être efficace à chaque instant sur un format plus long et généreux s’il le groupe souhaite conserver tout notre enthousiasme à son égard.
| | AxGxB 14 Janvier 2026 - 344 lectures |
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