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Entrails - Grip Of Ancient Evil
Chronique
Entrails Grip Of Ancient Evil
A chaque fois que l’on parle d’ENTRAILS un drôle de sentiment domine... celui d’un groupe qui a été capable à une époque pas si lointaine de concurrencer certains ténors locaux du Swedeath avant de progressivement sombrer dans un océan d’ennui, sans que rien ne semble pouvoir arrêter cette chute inexorable et continue. Autant dire qu’on n’attendait rien du tout de ce huitième opus qui a vu encore une fois de grandes manœuvres en interne avec le départ du hurleur Pontus Samuelsson, remplacé par deux nouveaux membres inconnus au bataillon... et dont l’arrivée ne va pas vraiment avoir d’impact sur la qualité de ce disque, vu que c’est toujours Jimmy Lundqvist qui tient la baraque. Avec en prime une pochette absolument immonde (ce qui devient une habitude) tout était donc réuni pour que nos à priori négatifs soient confirmés immédiatement, et malgré quelques moments réussis on va malheureusement être vite déçu du résultat final qui n’a rien à envier aux précédentes sorties des Suédois.
Pourtant cela n’avait pas trop mal commencé avec le très bon « Untreatable Decay » au dynamisme contagieux et qui joue en continu sur l’alternance vitesse et mid-tempo enlevé (où quelques blasts viennent même s’ajouter), prouvant que les gars sont encore capables de pondre des morceaux de qualité et qu’ils ne sont pas encore dans une léthargie totale. Bref c’est un très bon début assez encourageant que le frontal et très Punk « Conquering The Unknown » va confirmer un peu plus loin, vu qu’ici ça ne fait pas de quartier et balance la purée à fond la caisse sans faire d’excès en tous genres. Si ça permet d’arracher un sourire et donner l’envie d’en découdre il va falloir ensuite attendre presque la fin de cet album pour retrouver quelque chose de sympathique... car une fois ce gros tabassage réussi ça n’est pas « Skin ‘Em All » qui va garder de l’attrait, et ce malgré quelques éléments agréables à défaut de mieux tant ça se montre vite répétitif et prévisible... vu qu’une fois encore les Nordiques ont étiré leur galette à n’en plus finir. Déjà que le reste à venir n’est franchement pas fameux mais quand en plus il faut se farcir quarante-huit très longues minutes on se dit qu’on ne va pas en voir le bout... une constante, vu que les mecs nous font le coup à chaque fois et c’est franchement énervant tant cet élément est récurrent. Plutôt que de faire court et condensé ceux-ci nous servent du remplissage à n’en plus finir et quand en plus l’écriture n’est pas à la hauteur cela devient même horripilant, la preuve une fois encore avec l’interminable et pantouflard « Hunt In The Shadows » qui outre abuser de la lenteur et d’un rendu neigeux pourtant pas dégueulasse donne la sensation de reprendre en boucle les mêmes idées sur fond d’écriture balancée à l’arrache... un sentiment que « Fed To The Dead », « Wings Of Death » et « Graveyard Rising » qui s’enchaînent à la suite vont encore renforcer. Car si le premier titre cité avait encore de quoi intéresser par l’apport de plans épiques et remuants assez efficaces en revanche ça va être d’une prévisibilité outrancière, ce qui va retrouver sur les deux autres morceaux à la fois linéaires et sans génie... voire carrément balourd pour le dernier d’entre eux, tant c’est plat et pataud en donnant l’impression de peser une tonne.
Et ça n’est pas avec « Inner Demon » que ça va regagner de l’intérêt vu que ça met une plombe avant de devenir intéressant (ça débute par une succession de passages étouffants joués en boucle et ennuyeux), et sans compter ces passages de chant où l’on croirait entendre une vieille sorcière asthmatique sur fond de musique balancée en pilotage automatique. Si régulièrement on a la sensation que ça ne se foule pas force est de reconnaître que la doublette de conclusion va relever le niveau, ce qui n’était de toute façon pas très compliqué. En effet « Insane Death » va dévoiler un versant nostalgique pas du tout désagréable et qui propose une accessibilité supérieure au reste entendu jusque-là, en mettant en avant un versant remuant à souhait et des harmonies insoupçonnées au milieu de ce déluge de graisse hermétique et sans âme. On retrouvera d’ailleurs cette influence sur la conclusion « Consumed By Insects » aux variations rythmiques nombreuses et où un solo impeccable et mélodique vient clôturer les débats de façon convaincante, et plus intéressante que la majorité du reste qu’on a du se farcir en amont.
Rien de neuf donc pour l’entité qui continue sur sa lancée de bas-étage en sortant un nouveau long-format tellement balisé et sans idées que l’on a envie de le balancer par la fenêtre, sans compter avec une fois encore ce côté un peu plastique dans la production qui finit de gâcher les rares interventions intéressantes. On émerge donc de la sieste et d’une attention en repos sans parvenir néanmoins à accrocher correctement l’oreille, et on retournera très rapidement écouter l’échelon supérieur du style qui a encore tant de bonnes choses à offrir tant ici ça a l’air de se complaire dans ce rendu mitigé sans oser se remettre en question, vu qu’on y retrouve toujours les mêmes défauts significatifs. De toute façon on ne se faisait aucune illusion quant à cet enregistrement et c’est finalement la seule chose positive, vu que l’on n’arrive même plus à être déçu ou d’avoir envie de râler tant on s’attendait à entendre ce qui a été proposé. Le pire dans tout ça c’est qu’il est presque certain que les prochaines livraisons seront identiques avec ce que cela implique, mais comme cela n’a pas l’air de gêner son dernier membre d’origine il n’y a donc aucune raison que les choses changent et c’est le plus regrettable finalement.
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