«
On ne devrait jamais quitter Montauban » répliquait Lino Ventura à la mutine Sabine Sinjen dans « Les Tontons flingueurs ». Pour nous inciter à y rester il existe
OROB qui, depuis 2011, propose aux plus esthètes d’entre nous un
post black metal ambitieux, empreint d’éléments progressifs au sens où on l’entend habituellement lorsqu’on évoque des formations telles que
CODE ou encore
VIRUS, soit des musiques qui ont su transcender leurs racines métalliques originelles pour se tourner vers des territoires davantage
rock, sans la banane et les santiags comme de bien entendu.
Si j’évoque ces références, qui ont hélas fini par larguer pas mal de monde en chemin malgré des débuts chatoyants, c’est parce que je retrouve dans les cinq compositions proposées par
Golden Tears of Love and Sorrow un peu des éléments fétiches propres à ces groupes : un usage récurrent du chant clair jouant un rôle de contre-poids aux raclages de gorge plus conventionnels, de nombreux arpèges, des plans de guitares sans distorsion, la quasi absence de tempos rapides également (« Sun, Borrowed » en parfait contre-exemple), les titres recherchant les ambiances avant une agressivité frontale qui, de toute façon, ne semble pas entrer dans les objectifs premiers des musiciens.
Certes, si vous n’appréciez pas le genre décrit, ce troisième EP du quatuor ne vous fera pas changer d’avis. Me concernant, c’est une veine que j’ai toujours appréciée, étant même grand amateur de l’album
Mut qui a tant divisé, pour ne pas dire déplu, d’autant que la justesse des voix n’est ici jamais prise en défaut, que ce soit avec ou sans saturation. Et si les structures demeurent assez simples, construites sur un format « chanson » traditionnel qui, à l’occasion, pourra évoquer les vapeurs froides de
THE SISTERS OF MERCY ou
SECRETS OF THE MOON, la qualité mélodique reste indéniablement là, offrant un bon équilibre entre la densité d’un
metal sombre (« Inverter ») et des choses plus élaborées (« Sun, Borrowed », encore), le tout faisant preuve d’une personnalité affirmée. D’ailleurs, la concurrence étant rare dans ce domaine de compétences, il est d’autant plus appréciable que l’Hexagone puisse bénéficier de l’inspiration d’
OROB.
Pour chipoter, je pourrais reprocher à l’introduction « Annonciation » d’être plutôt dispensable et qu’en lieu et place du morceau ambient instrumental « Mediation on Hope » j’aurais préféré une « vraie » composition mais ce serait dénigrer de façon injuste le climat qu’il instaure, cette facette étant aussi l’une des composantes du visage changeant d’
OROB. Enfin, si l’on ajoute à cela une pochette esthétiquement réussie, une production soignée ainsi que l’appui de
L’Ordalie Noire, nous avons alors entre les mains un projet totalement digne d’intérêt, classieux sans pédantisme, raffiné sans être maniéré, tourné vers l’obscurité mais dans ce qu’elle peut avoir d’attirant, d’attrayant. Par conséquent, voilà une belle découverte qui me donne clairement envie de m’intéresser à
Aube Noir (2021), seul LP à ce jour dont le graphisme m’a d’ailleurs déjà séduit avant même d’en avoir écouté une seule note.
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