Dans l’univers impitoyable non pas de Dallas mais du
metal, j’ai tendance à penser que les styles ne sont pas égaux entre eux concernant le seuil en-deçà duquel nous basculons dans le médiocre. Ainsi, à mon niveau, le
death ainsi que le
grind me semblent être largement favorisés par rapport au
black et au
doom où le
kitch de même que les clichés sont rapidement moins tolérables, voire l’absence d’une personnalité forte, ce qui est pourtant monnaie courante dans les deux genres premièrement appelés à la barre. Pourquoi est-ce que je raconte cela ? Tout simplement pour introduire
NORNES qui, depuis 2017, évolue dans la sphère
doom metal à la limite du
funeral et que
Thou Hast Done Nothing est son premier album.
Avant de rentrer dans le détail des cinq compositions, un mot sur les signes extérieurs de noblesse : une pochette empruntée au peintre
Jean Delville (La Roue du Monde), une signature chez
Sleeping Church Records dont on ne peut que saluer la qualité du catalogue, il n’y a donc aucune raison objective pour que le fruit tombe loin de l’arbre, ou une expression du genre… Et, effectivement, les Français s’en sortent plus que bien au cours de l’heure que dure le LP.
Déjà, même si ce n’est peut-être pas l’élément le plus marquant, j’apprécie énormément l’ambivalence vocale entre
Ju et
Rom, l’une caverneuse pour le côté
doom death, l’autre claire pour un pendant plus traditionnel, l’alternance des deux fonctionnant parfaitement car la musique exprime exactement cette dualité entre des éléments fondamentalement
funeral et d’autres davantage aériens, légers si je puis dire, qui me rappellent tout un tas de choses dont le nom m’échappe malheureusement à l’heure où j’écris ces lignes mais ce « Our Love of Absurd », à quoi il me fait penser bordel ? Cela fait des années que je me dis qu’il faudrait que je prenne des notes au lieu de faire confiance à ma mémoire vieillissante… Quel pitre.
Il serait trop facile de citer les célèbres groupes anglais des années 90 car, s’il y a des accointances, elles ne sont pas en nombre suffisant pour réduire
NORNES à un simple nostalgique d’autant que ces légendes n’ont jamais été adeptes des compositions à rallonge, préférant rester sur des formats « chansons » ce qui n’est pas du tout le cas des Valenciennois.
PALLBEARER nom de dieu ! Voilà à qui me font penser ces ambiances en voix claires ! Il y a ce parfum de mélancolie, cette aisance pour naviguer dans des eaux un peu troubles, verdâtres et cependant attirantes… Bon, vous l’aurez compris, ce
Thou Hast Done Nothing me séduit peut-être plus que de raison. Il faut dire que je sors de différentes découvertes particulièrement laborieuses et que la luminosité du quatuor m’éblouit grandement par rapport à la médiocrité de ces dernières semaines. Admettons. Mais cela est déjà le signe que la formation sort du lot, étant donné son style assez peu commun en France d’une part, pour ses qualités de mélodistes d’autre part (« Oneness »), proches d’un
THE OLD DEAD TREE au ralenti parfois, ce qui n’est en aucun cas une critique négative, bien au contraire.
Par conséquent, alors que je m’étais attribué cet album sans trop y croire, repoussant même son écoute pour des raisons fallacieuses, quelle ne fut pas ma surprise d’y trouver un peu de l’esprit progressif de
GODSEND, un peu de noirceur également mais, principalement, la beauté des lamentations lacrymales ainsi qu’une mélancolie rassurante, le
doom de ces musiciens s’avérant finalement paradoxalement empreint de positivité, de langueur, de beauté triste. Merci, cela a été un beau voyage, parfois douloureux (« (Never) Ending Failure »), souvent onirique, jamais démoralisant.
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