Glorious Depravity - Death Never Sleeps
Chronique
Glorious Depravity Death Never Sleeps
Parmi la longue liste de nouvelles formations en provenance de New-York on était totalement passé à côté de GLORIOUS DEPRAVITY et c’est franchement regrettable, car ce nom peu ragoûtant de prime abord mérite clairement d’être mis en avant bien au-delà des frontières de la mégapole. Possédant en son sein quelques vieux briscards expérimentés que l’on a pu entendre notamment dans GRAVESEND, PYRRHON ou encore WOE le quintet livre aujourd’hui un excellent deuxième album via Transcending Obscurity, dont la promotion active va lui permettre de gagner en visibilité après un premier opus lui aussi particulièrement réussi mais passé totalement hors des radars. Car officiant dans un Death Metal qui sent bon DEICIDE, CANNIBAL CORPSE ou encore MONSTROSITY le combo (dont la dénomination est tirée de celle de la Démo du même nom de RIPPING CORPSE) n’est pas du genre à renouveler quoi que ce soit mais ça n’est pas son but, vu qu’il privilégie ici une musique directe et immédiate particulièrement accrocheuse grâce à des morceaux qui ne s’éternisent jamais inutilement, une écriture tout en sobriété et une production granuleuse en total raccord avec les années 90 où les gars souhaitent nous embarquer.
Sur le papier tout cela est donc particulièrement prometteur et autant le dire tout de suite on ne va pas être déçu du voyage qui durant trente-quatre minutes va nous délivrer un rendu équilibré et sans faiblesses majeures, où toutes les rythmiques typiques du genre vont être de sortie. En effet dès les premiers instants du redoutable « Slaughter The Gerontocrats » on sait où l’on est embarqués via un équilibre des forces impeccable tant ça accélère autant que ça ralentit l’allure, en n’hésitant pas à relancer la machine comme à ralentir frontalement histoire d’ajouter un supplément de noirceur et de graisse à un ensemble qui n’en manque pourtant pas. Si on ajoute à cela un rendu vocal qui sent bon Glenn Benton (en alternant régulièrement entre growl caverneux et parties criardes inquiétantes) et des riffs tout droit sortis de la paire Pat O’Brien/Rob Barrett, on obtient donc quelque chose à l’efficacité implacable où l’on est immédiatement pris en étau tout en ayant la sensation de suffoquer, ce que « Stripmined Flesh Extractor » va renforcer. Car ici c’est le grand écart qui s’affirme plus fermement en jouant habilement sur les accents pachydermiques comme vers le tabassage intensif et martelé en force, tout cela avec une vigueur qui force le respect sans sortir du chemin balisé auquel on a droit depuis le début. De toute façon ça n’est pas ce qu’on recherche ici comme ce que les mecs veulent nous proposer et l’on s’en contente volontiers tant c’est proprement exécuté avec un groove constant et une vraie envie d’en découdre, et comme pour prouver qu’ils savent aussi sacrément lever le pied « Freshkills Poltergeist » va pousser l’étouffement de l’auditeur dans ses derniers retranchements.
En effet si ça va exploser en son centre le reste de cette composition va être d’une lourdeur indécente en nous envoyant immédiatement vers le désormais classique « Evisceration Plague » signé Alex Webster (et incontournable aujourd’hui des concerts des cannibales) et dont l’influence se sent à des kilomètres à la ronde, mais on n’en a cure vu que le résultat est implacable et fait mal aux cervicales vu qu’on est pris en étau sans jamais pouvoir s’en échapper. Du coup après ce déluge de pression il est temps de remettre les pendules à l’heure en jouant sur le côté primitif et débridé, ce que le très court « Sulphrous Winds (Howling Through Christendom) » parvient aisément à faire en balançant énormément de vitesse sous toutes ses formes, agrémentée de courtes parties en médium pour headbanguer. Malgré sa radicalité et son côté éphémère la bande réussit à y mettre suffisamment d’alternance pour ne pas sonner répétitive, un tour de force quand c’est bas de plafond comme ici… et pour ne pas justement tomber dans cette redite les gars vont à nouveau nous proposer le chemin de l’équilibre et de la disparité via les impeccables « Scourged By The Wings Of The Fell Destroyer » / « The Devouring Dust » où l’équilibre comme la profondeur vont être de mise pour finir de faire mal aux nuques les plus résistantes. D’ailleurs ces dernières vont encore devoir subir l’écrasement du tortueux « Carnage At The Margins » où toute la panoplie rythmique résonne une fois de plus, avec toujours un résultat de très bon goût où le feeling est immédiat… avant que le groovesque « Necrobotic Enslavement » ne retentisse en amenant avec lui quelques passages presque Doom complétés par des accélérations redoutables où l’envie de taper du pied arrive instantanément sans qu’on n’ait eu le temps de dire ouf.
Et pour terminer tout cela dignement c’est le long « Death Never Sleeps » qui va conclure les hostilités en misant sur un versant encore plus opaque et brumeux où la technicité va grimper d’un cran, mais sans jamais tomber dans le surplus ni la débauche inutile en proposant ici une vision opaque d’une grande profondeur afin de prouver que même en étirant leur propos les Américains restent une redoutable machine de guerre qui ne s’épuise jamais et qu’elle a d’autres cordes à son arc. Mettant donc en avant le talent d’écriture de ses géniteurs ce nouveau long-format est une totale réussite, plus variée que la précédente mais pas moins inintéressante et à l’heure où le voisin canadien nous a récemment offert d’autres sorties du même acabit (LAST RETCH, HEDONIST, DYING REMAINS) il fallait bien que la prolifique scène des Etats-Unis ne soit pas en reste. Si le label indien a tendance parfois à s’éparpiller du côté de ses signatures il a eu ici le nez creux en dégotant ces vieux briscards prêts à en découdre et à répandre la bonne parole à travers le monde. Autant dire que les amateurs de la scène floridienne et du Morrisound Studio ont tout intérêt à se pencher sur cette œuvre qui a de quoi occuper les esprits un bon moment en mettant le cerveau en veille, pour envoyer valdinguer toutes les mauvaises ondes et ainsi profiter de ces neuf titres hyper homogènes et jamais lassants qui promettent un avenir radieux à leurs auteurs s’ils continuent dans cette voie, on l’espère vivement car il y a ici un sacré potentiel.
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