Je l’avais vu passer cet album de
WIVRE, le confondant d’ailleurs instantanément avec
VOUÏVRE (le vilain pas beau). Il faut dire qu’en plus de la proximité phonétique, puisqu’il s’agit de l’évolution étymologique du même mot racine, la pochette du premier se rapproche énormément du logo du second (un dragon ailé dans un bouclier ou un blason), cela expliquant donc aisément la confusion.
Pour présenter rapidement la formation lyonnaise,
Wivre I est un premier album digital initialement paru en avril 2025 avant d’être réédité en octobre par
Remparts Productions au format cassette puis en novembre cette fois au format CD chez
Naturmacht Productions. Ces signatures devraient donc être le signe d’un travail qualitatif qui mériterait que l’on s’y intéresse sérieusement.
Composé de dix titres, l’album a pour principale particularité d’alterner de longues pièces (jamais en-dessous des six minutes) de
black metal épique et mélodique avec des interludes médiévaux dont les thèmes sont ensuite parfois repris dans leur version extrême, « V » puis « VI (The Hunt) » par exemple. Face à une telle construction, plusieurs postures sont envisageables : la première, si l’auditeur est uniquement amateur de
néoclassique, sera de déplorer le versant
black qui vient souiller des ambiances apaisantes à la
DARK SANCTUARY ou, surtout,
VÉHÉMENCE. La seconde sera au contraire de trouver que les interruptions sont trop nombreuses, finissant par casser la dynamique instaurée par les « vraies » compositions qui, si elles s’inscrivent dans un courant nordique certes traditionnel, n’en restent pas moins intéressantes car proprement interprétées, surtout dotées d’ambiances guerrières fortement évocatrices. Enfin, il y a la troisième voie qui est celle empruntée par le morceau « X (Sanctuary) » qui, au cours de ses dix minutes, propose une réunion des deux mondes en alternant les moments
raw avec des passages
fantasy, dualité fusionnelle que nous pouvons également retrouver au cours des premières mesures de « IV (Enemies at the Gates) » par exemple.
À titre personnel, même si je reconnais que les transitions sont réussies, je préfère largement quand
WIVRE exprime pleinement ses influences
IMMORTAL (« II (Frost’s Dominion) ») ou
DARKTHRONE (la pesanteur lancinante de « VIII (Under a Moonlit Sky) ») parce qu’il parvient alors à développer des ambiances froides à l’aide de riffs certes simples, sans doute encore insuffisamment variés mais terriblement efficaces. De plus, ces cinq chansons intégrant déjà elles-mêmes des éléments médiévaux, l’intérêt d’ajouter en surplus des interludes acoustiques me semble moindre car trop systématique.
Par conséquent,
Wivre I se présente à nous comme un LP à découvrir car il offre une approche dépouillée du genre
black metal, imprégnée de la scène norvégienne des années 90, les influences médiévales étant des bonus pour quiconque apprécie
VÉHÉMENCE. En revanche, si suite il y a (ce dont je ne doute guère), j’espère que le
one-man band se focalisera uniquement sur les parties extrêmes, l’acoustique mise en retrait (une intro, une outro ?) ou alors directement intégrée aux structures afin de supprimer la dichotomie.
Par Jean-Clint
Par Sosthène
Par Keyser
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint
Par Lestat
Par Jean-Clint
Par xworthlessx
Par Ikea
Par AxGxB
Par Jean-Clint
Par Sosthène
Par Lestat
Par Krokodil
Par Niktareum
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint