Crimson Butchery - Stalker
Chronique
Crimson Butchery Stalker
Avant de vous parler (dans pas trop longtemps je l'espère...) de l'excellent « Violence By Design », album avec lequel j'ai découvert Crimson Butchery en 2024 et pour lequel j’ai eu un véritable coup de coeur, nous allons faire les choses dans l'ordre et revenir sur la dernière sortie en date, à savoir « Stalker », paru fin aout 2025 sur le label US Iron Fortress Records.
Le nom de Crimson Butchery ne vous est d'ailleurs peut-être pas très familier (voire pas du tout) et c'est bien normal tant le combo irlandais est resté jusqu'ici assez confidentiel. Formé en 2021, le groupe évolue sous la forme d'un duo depuis lors, avec l'adjonction d'un batteur de session en studio. A ce titre, si les noms de John Roche (guitare) et Shane Corcoran (chant) ne vous disent certainement rien, en revanche il est probable que ceux de Kevin Talley (qui officie sur le premier effort « Repulsive Exhibition » et ex-un tas de groupes...) ou Nikhil Talwalkar (Anal Stabwound, Bludgeoned, guest chez un tas de groupes et notamment sur l'album qui nous intéresse aujourd'hui) vous parlent déjà plus. Avec cette petite revue de personnel, ce patronyme et cette pochette bien old-school, nulle surprise quant au style pratiqué ici. Oui Crimson Butchery c’est du death metal à l’ancienne, du bien gras, groovy et percutant.
Écartons d’entrée de jeu le principal reproche que l’on pourra faire à ce « Stalker » : évidemment comme des milliers d’autres formations death metal Crimson Butchery ne réinvente absolument rien, tout ici est on ne peut plus balisé et a déjà été proposé des milliers de fois depuis trente-cinq ans. Oui, c’est du réchauffé mais la recette est tellement bien exécutée qu’il serait presque criminel de passer à côté pour cette foutue raison. Si j’ai dit trente-cinq ans ce n’est pas totalement par hasard et les plus perspicaces d’entre vous auront peut-être déjà deviné là où notre duo va, comme tant d’autres, puiser ses principales inspirations : le death metal du début des années 90, Deicide (en moins evil) et plus particulièrement Cannibal Corpse. Effectivement et malgré ce titre d’ouverture assez trompeur et peu représentatif avec ses aspects plus techniques (ces sweepings d’entrée de jeu), c’est bel et bien la bande à Corpsegrinder (ou à Chris Barnes vu qu’on est remonté en 1990…) qui s’avère la référence majeure de Crimson Butchery. Ce style éminemment old-school, alliant un riffing ultra efficace et accrocheur soutenu par une rythmique véloce et ce chant haché au timbre rappelant furieusement George Fisher, tout nous ramène au grand Canniboule, même si on pensera peut-être davantage encore à des albums comme « Gallery Of Suicide » ou « Bloodthirst » qu’aux tout débuts du groupe à proprement parler. Attention à ne pas toutefois trop vite cataloguer nos Irlandais comme un énième pur clone sans nuance des Américains. Non, même si cette aura planera sur les huit titres assénés ici, Crimson Butchery parvient à se détacher des ses illustres idoles notamment par ses penchants un peu plus brutaux, en grande partie grâce à leurs batteurs de session et particulièrement Nikhil qui (contrairement à un Paul Mazurkiewicz au style somme toute un peu limité et répétitif) se permet d’envoyer de vrais blasts bien virulents et pas uniquement du hammer blast pour énerver Keyser. Non quand ça envoie le pâté ça ne fait pas semblant : écoutez donc le début de l’excellente « Cranium Devourment » pour vous en convaincre !
Je l’évoquais un peu plus haut, l’un des gros atouts des natifs de Kilkenny c’est également cette propension à insuffler à leurs compos une dose de groove irrésistible. Là encore, et notamment sur ces passages plus mid-tempo rampants, l’ombre du grand cadavre cannibale viendra planer (difficile d’isoler un passage précisément tant cela suinte en permanence mais allez disons qu’à l’écoute de « Lab Rat », qui passe dans mes esgourdes actuellement, si ça ne vous saute pas aux oreilles je ne peux plus rien pour vous…), mais pas que ! En effet tous ces passages qui vous dévisseront les cervicales et les hanches pourront également évoquer les Norvégiens de Blood Red Throne (assez flagrant sur la superbe « Philosophy Of A Knife » par exemple). Bref tout ça pour dire que certains passages pourraient parfaitement alimenter la playlist de votre prochain try not to headbang challenge.
Bref, pas besoin d’en faire des tartines vous l’aurez compris ce « Stalker », malgré ce manque criant d’originalité, n’en reste pas moins une branlée absolument jouissive d’un death metal old-school à la recette certes éculée mais appliquée avec une telle conviction tout au long de ces huit titres que le résultat n’en souffre aucunement bien au contraire. Alors même si à titre personnel je garde une petite préférence pour son prédécesseur « Violence By Design », même si Crimson Butchery gagnerait à affûter son style, à trouver sa patte et même si on n’aurait pas craché sur un titre supplémentaire (parce que vingt-sept minutes ça passe vraiment trop vite !) je ne peux que fortement vous recommander (pour ne pas dire vous ordonner !!) d’aller jeter deux oreilles sur ce « Stalker » old-school et purement jubilatoire !
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