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Bezdan - Upon The Altar
Chronique
Bezdan Upon The Altar
A l’instar de quelques contrées en Europe le secteur des Balkans n’est clairement pas la zone où la scène Metal se montre la plus active, car rares sont les formations originaires de cette région à s’être fait un nom au-delà de leur pays d’origine. Si on peut aisément citer SACRAMENTAL BLOOD et THE STONE pour la Serbie ou encore ENSANGUINATE et HELLSWORD pour la Slovénie, la Croatie a toujours été plus discrète dans ce domaine… faisant plutôt parler d’elle par les performances régulières de ses équipes nationales en sports collectifs comme en individuel. Pourtant à l’instar des prometteurs DECREPIT ALTAR il va falloir aussi apprendre à connaître BEZDAN, qui après bien des péripéties livre enfin son premier album… treize ans après ses débuts, mais ça valait le coup d’attendre. Car officiant dans un Black/Thrash rudimentaire et boosté aux amphétamines (à l’instar de ses voisins serbes de TERRÖRHAMMER) le quatuor livre ici un disque violent et rugueux particulièrement attractif et plaisant, qui ne se pose pas de questions et privilégie l’efficacité en expédiant les huit morceaux qu’il contient en à peine trente-quatre minutes.
Tout cela ne traîne donc jamais en longueur et c’est exactement ce qu’il fallait vu que dans ce registre il est facile de tomber dans une certaine linéarité, du coup une fois la courte introduction passée on va pouvoir s’enquiller facilement le rutilant et débridé « Sacrificial Death » qui sent à des kilomètres le « Show No Mercy » de SLAYER. Car après un roulement de batterie en bonne et due forme suivie d’un cri aigu déchiré c’est à une grosse base d’obscurité qu’on a droit, sur fond de rythmique enlevée ponctuée de courts passages remuants en mid-tempo absolument délicieux. C’est donc sans chichis, crade, sulfureux et endiablé et c’est immédiatement addictif… à l’instar de « Dark Messiah » qui s’enchaîne juste après en allant vers un schéma plus rudimentaire et vindicatif, vu qu’on a droit ici à du blast furieux sur fond de saleté exacerbée joué encore plus rapidement et où l’allure ne ralentit jamais… histoire de montrer que même en étant en mode le plus extrême possible ça n’est jamais ennuyeux ni redondant. D’ailleurs ce sentiment va être permanent et ce même quand les éléments Thrashy sont plus marqués, comme sur le redoutable « When Death Becomes Your Life » aux riffs aiguisés et aux accents propices au headbanging délicieusement implacables, ou encore les frontaux « Hades Knights » et « Vengeance » (au nom totalement raccord pour ce dernier) lancés à toute berzingue sans pouvoir s’arrêter, et où quelques relents d’obédience noire et maléfique émergent à la fin pour se greffer à merveille avec le reste. Car que ce soit avec le plus poisseux et massif « Endless Fields Of Bones » (qui laisse plus de place au ralenti pour s’exprimer) ou l’équilibré « Crypts Of Ancient » (où ça mise énormément sur le grand-écart), on se rend compte que tout cela est dans la droite ligne de ce qu’on a entendu auparavant… à l’instar de l’entêtant et jouissif « Infernal Howls » qui semble avoir tout droit repiqué les plans et idées de « The Final Command » de la bande à Tom Araya… avec toujours un résultat sanglant qui suinte l’authenticité par tous les pores.
Alors oui côté originalité on repassera mais ça n’est pas le but du tout de ce genre de réalisation qui n’a pas d’autre but que celui de nous permettre de se vider la tête et de profiter du moment présent avec un plaisir non feint, et c’est le principal surtout qu’ici tout y exécuté avec justesse et précision sur fond d’hommage sincère à une époque révolue mais qui continue de vivre grâce à nombre de groupes de qualité identique. Sans complexe, équilibré et homogène de bout en bout ce premier jet de l’entité montre de belles promesses pour le futur avec un répertoire taillé pour la scène, lieu où il fera particulièrement mal aux cervicales et aux parties du corps humain. Comme quoi une fois encore c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes et qu’il n’y a pas besoin d’être hyper technique pour sonner correctement… la preuve ici, mais sans que ça sonne ennuyeux et linéaire… signe donc de la qualité indécente de cette galette qui a tout pour plaire au plus grand nombre, c’est tout qu’on peut souhaiter tant ça serait mérité.
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