Je n’ai pas le talent de mes collègues, capables de parler de dizaines d’albums de death metal sans donner l’impression de se répéter. Aussi, je risque de fortement rabâcher ce que j’ai pu écrire au sujet de
Beyond The Floor sur cette chronique.
Car oui, malgré une arrivée au sein d’un label de plus grande ampleur – passant de Iron Lung Records à Relapse –, Geld n’a pas répondu aux sirènes de l’accessibilité ou de la facilité, loin de là. Ce qui faisait la particularité de son hardcore reste bien présent sur
Currency // Castration. Pour les fainéants ne souhaitant pas aller s’informer par ma chronique de
Beyond The Floor – restez auprès de ces hyperactifs, ils sauront vous motiver ! –, rappelons que le projet joue un punk / hardcore empruntant au crust et au metal le plus furibard leur violence et rapidité d’exécution (la scène japonaise de fin 80 / début 90 en tête), le tout trempé dans un psychédélisme particulièrement rongé. « Catharsis jouant des reprises de 13th Floor Elevator » comme le dit la fiche promotionnelle accompagnant l’œuvre sur Bandcamp ; un mélange des genres qui fonctionne extraordinairement bien, la balance penchant toujours du côté du jouissif.
Rien n’a changé pour Geld depuis
Beyond The Floor ;
Currency // Castration présente la même hargne, usant des mêmes éléments pour cramer l’auditeur. Un changement de ton est certes perceptible : l’essai de 2020 use de tous ses instruments de la façon la plus négative possible (cette basse !) tandis que celui de 2023 délaisse les larsens et les sonorités de guitare les plus agressives au profit d'un son plus travaillé, filtré par une atmosphère psychédélique où tout se confond parfois, punk, hardcore, metal et garage rock ne faisant plus qu’un. Mais cela reste une manière différente d’atteindre le même objectif qu’autrefois, celui d’offrir un exutoire à sa propre rage de premier choix ! Les Australiens créent le même déchaînement, que cela soit par des solos de guitares stridents (« Success »), accélérations véloces (« Cut You Down ») ou chaos contrôlé créant une ambiance plus proche d'un rêve fiévreux que de n’importe quel exercice classique dans le pit (« The Fix is In »).
Même le chant de Al Smith n’a rien perdu de son mordant, pareillement intense que l’interprétation générale. Plus court que son prédécesseur,
Currency // Castration paraît même se vouloir encore plus radical une fois mis de côté une production plus lustrée (légèrement : on reste sur de l’abrasif avant tout) ainsi que quelques mélodies accrocheuses disséminées ça et là. On ne va pas mentir : niveau plus-value, c’est maigre. Mais Geld n’est pas exactement un groupe dont on peut trouver un équivalent direct et l’excuse est facilement acceptée devant ces enchainements de titres imparables (le trio « Clocks Keeps Crawling » / « Fog of War » / « The Fix is In » fait particulièrement mouche) ou ce savoir-faire particulier, les baisses de tempo n’étant pas des mises en attente mais d’autres manières de créer une tension (« Hanging From a Rope »).
Non, je ne suis prêt d’en vouloir à Geld de « simplement » réitérer tel exploit – même si la note sera plus basse en raison d’un manque de surprises. Sa manière de jouer un punk / hardcore enragé, pris dans des conflits aussi extérieurs qu’intérieurs, continue d’être aussi personnelle que pertinente, punk étrange pour temps étranges. Disons-le, il y a quelque chose de vrai dans ce dégoût palpable qui cherche à s’échapper de toutes les manières, cette musique violente et énergique qui ne se laisse jamais enfermer dans le sentiment de fatalité que traitent les paroles (celles de « Success » ou « Fog of War » par exemple).
Currency // Castration bouge dans tous les sens, danse dans un monde en flammes et communique une jouissance absurde comme son prédécesseur. Et, franchement, je ne me vois pas bouder pareil plaisir.
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