Je sais qu’il existe depuis quelques années une florissante
New Wave of French Heavy Metal, vague animée par des groupes tels que
TENTATION,
ANIMALIZE,
CRYSTAL THRONE, etc. mais, de ce que j’en connais, ils n’évoluent pas forcément dans la branche choisie par
PARALLEL MINDS depuis ses débuts, à savoir un mélange entre des éléments
power très
groovy et une dimension
heavy prog symphonique possiblement inspirée par le seigneur tout-puissant
SYMPHONY X. D’ailleurs, si je ne hisserai pas les Français au même niveau, je n’en dénigrerai pas pour autant les qualités,
Cairn, quatrième LP, étant somme toute une belle réussite du genre.
Une réussite car, en dépit des influences évidentes, la formation n’est pas prétentieuse : elle joue avec ses atouts, pas forcément d’une grande complexité rythmique mais il y a néanmoins suffisamment de variations de tempos et d’intentions pour que les compositions ne tournent jamais en rond en dépit de leur longueur. Ainsi entre les différentes techniques de riffs, la richesse des vocaux (épiques, lyriques, rageurs…) et l’intégration de nombreux éléments ethniques qui pourraient me rappeler
ORPHANED LAND dans son époque
Mabool (« Orishas »), nous sommes là face à des musiciens aguerris qui évitent habilement la surenchère de claviers et d’orchestrations diverses, même si les sonorités orientales, récurrentes, ne sont pas celles qui m’attirent le plus ici. Aussi est-ce que je préfère retenir la qualité des lignes de chant (« Bhopal »), mélodiques et entraînantes sans sombrer dans la caricature hélas souvent inhérente au genre
power (l’allemand en particulier).
Cependant, mes goûts personnels finissent par se lasser des aspects « musique du monde » (l’introduction façon Indiens d’Amérique au cours de « Trail of Tears ») qui représentent tout de même l’une des composantes clés de ces dix morceaux. J’aurais également apprécié davantage de punch, de parties
heavy puissantes car
PARALLEL MINDS, à force d’instrumentations non strictement métalliques, sonne parfois de façon trop polie à mes oreilles alors que ce sont plutôt les pulsations épiques d’un « Sekigahara » qui rendent l’écoute prenante. Par conséquent, outre une longueur excessive (une heure) souvent imputable à un excès de folklore (« Troubles » ; « Colonias »), il s’en faut de peu pour que les Français trouvent une place de choix dans mes coups de cœur de l’année.
Je ne suis certes pas un grand connaisseur de
heavy metal, il me semble pourtant évident que c’est dans la sobriété des « On Both Sides » puis « Fear is the Pandemic » qui clôturent l’album que ces artistes dévoilent le meilleur d’eux-mêmes : il y a enfin de la double qui pulse, un supplément de vitesse, des vocaux presque
thrash, pourquoi est-ce que tout n’est pas à l’avenant ? Car si l’ambition première (atteinte) était de raconter des cultures différentes, le revers de cette approche est d’avoir entre les mains un LP parfois disparate à l’efficacité diluée. Rédhibitoire ? En aucun cas, du moins pour les amateurs de
rock metal progressif.
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