Xavier Boscher, l’homme autant que son groupe homonyme, me perd davantage à chaque sortie. Au-delà du respect qu’il est nécessaire de montrer pour un ancien
MISANTHROPE (et
HORRESCO REFERENS), je ne perds pas de vue que, chez
Thrashocore, on apprécie surtout lorsque ça défouraille un minimum dans tous les coins, que ce soit bête à manger du foin comme du
slam death indonésien ou intellectuel prise de tête façon
tech death expérimental canadien. Mais là, autant j’avais trouvé quelques vertus à
Starseeds IV, autant
La cité séraphine m’avait largué en route et ce n’est clairement pas ce dix-neuvième album (je crois, le compte exact n’est pas aisé) qui me réconciliera avec le musicien. Enfin, nous n’étions pas fâché non plus, disons que je m’interroge sur notre relation quand bien même je devrais la confronter à ma remarque précédente sur la musique dite « prise de tête » parce que là c’est une sérieuse migraine qui est garantie.
Le type est un ténor dans sa partie, il n’y a pas débat. Seulement mieux vaut être amateur de
jazz moderne pour pleinement apprécier
Shapeshifter que métalleux de la tête aux Rangers. Déjà parce que nous évoluons toujours dans un registre 100% instrumental
progressif, ensuite parce que le clavier ainsi que la batterie ne sont clairement pas homologués par la grande famille du
metal et que si je peux trouver un certain plaisir d’esthète à parcourir ces huit pistes, elles demeurent désormais trop éloignés, je pense, des critères à remplir pour intégrer un webzine à tendance brutale. Bon, cela dit, nous ne sommes pas tous des bœufs en rut et j’ai moi-même dans mon entourage proche des personnes susceptibles de développer une affection certaine envers cette sortie exigeante dont l’univers artistique forme un tout cohérent, de l’image au son, du son à la structure des morceaux, « Vagina is a Pink Cathedral » pour ne citer que lui mais finalement pas plus que les autres pistes.
Par conséquent, que dire ? Mettre un zéro pour cause d’absence de blasts et de meuglements ? Parce que même si c’est instrumental il n’y a pas la
vibe des
BLOTTED SCIENCE ou
SLEEP TERROR ? Bah évidemment puisque
Xavier Boscher n’officie plus que dans un univers qui lui est propre, sans code, sans droit, sans devoir autre que se satisfaire soi-même dans une expression artistique qui puisse relever d’autre chose que du terrestre. Quelque part, je devrais l’écouter en lisant de la
hard science-fiction, l’ambiance colle parfaitement avec la trilogie
Le problème à trois corps de
Liu Cixin par exemple (avant d’être une série, c’est d’abord un excellent roman), un rythme qui cherche à s’émanciper de l’humanité pour trouver sa propre raison d’exister, sa langue, ses aspirations profondes.
Shapeshifter n’est finalement pas un album de plus dans la discographie pléthorique du compositeur. Avec lui, compter ne sert à rien. Il enregistre comme il respire, sa musique étant davantage un reflet de son humanité flottant librement vers un ailleurs indéfini que la matérialisation d’un instant qui n’existe déjà plus, musicien sans attache mortelle qui s’efforce d’ouvrir son inspiration à des univers encore inexplorés. Et c’est sans doute pour cela que l’homme m’intéresse sans doute davantage que lorsqu’il officiait dans des sphères plus conventionnelles, sa liberté d’expression est sans limite, je peine à croire un retour vers des choses plus dures mais finalement je n’en ai rien à foutre. J’y vois l’héritage de
GONG, un registre qui plairait à la salle
Le Triton de Paris, une intelligence non excluante grâce à un travail mélodique qui entraîne même les benêts tels que moi. Une réussite, une de plus.
Par Keyser
Par Lestat
Par Sosthène
Par coreandcoupdate
Par Sosthène
Par xworthlessx
Par Sosthène
Par coreandcoupdate
Par Jean-Clint
Par Cujo
Par AxGxB
Par Sosthène
Par Sosthène
Par Cujo
Par Niktareum
Par Sosthène
Par Jean-Clint