Contrairement à un groupe tel que Mitochondrion dans lequel évoluent également Sebastian Montesi et Shawn Haché, Egregore n’a jamais fait grand bruit. Outre son line-up composé également de Philip Fiess (Bone Chalice, Garotting Deep, ex-Auroch...) et Dylan Atkinson (Amphisbaena, ex-Antediluvian, ex-Rites Of Thy Degringolade...), le groupe canadien a pourtant toujours eu les arguments pour convaincre tout comme l’appui indéfectible d’un label considéré comme l’un des meilleurs pourvoyeurs en la matière (l’incontournable 20 Buck Spin). Malgré cela, l’intérêt du public pour le groupe originaire de Vancouver semble encore particulièrement limité et cela pour des raisons qui véritablement m’échappent.
Paru en mars dernier,
It Echoes In The Wild est le deuxième album d’Egregore en sept ans d’existence. Un disque enregistré lorsque le groupe était encore un simple trio mais auquel ont néanmoins participé plusieurs musiciens de session tels que Dylan Atkinson (aujourd’hui membre à part entière de la formation), Cuillen Sander (ex-Auroch), Lillian Liu (dont on a déjà pu entendre quelques piges au piano ou au micro chez Schammash, Tchornobog et Vafurlogi), Mashruk Huq (ex-Weapon) ou bien encore Brayden Turenne (Ruinous Power). Afin d’illustrer ce deuxième album, les membres d’Egregore ont fait le choix d’une œuvre signée Luciana Lupe Vasconcelos (Atavistic Decay, Deathless Void, Spirit Possession...) avec qui ces derniers avaient déjà collaboré par le passé. L’artiste brésilienne signe pour l’occasion une illustration plus épurée que celle de
The Word Of His Law réalisée par Karmazid (à qui l’on doit cependant ce chouette logo) mais néanmoins envoutante grâce à ces volutes bleutées et ce personnage ailé mystérieux.
Produit par Mariessa Macleod (enregistrement) et Arthur Rizk (mixage et mastering) pour un résultat dénué d’apparats inutiles,
It Echoes In The Wild se distingue d’emblée de son prédécesseur par les chiffres. En effet, du haut de ses dix titres (soit tout de même quatre de plus que sur
The Word Of His Law) et ses presque vingt minutes supplémentaires, ce deuxième album suggère une formule plus étoffée et un désir des Canadiens d’approfondir ce qu’ils n’ont finalement fait qu’effleurer sur leur premier album.
Toujours très motivés à l’idée de sortir des sentiers battus et donc de proposer à travers leurs différents projets une musique que l’on ne qualifiera pas de novatrice mais certainement de personnelle, Sebastian Montesi et Shawn Haché (qui sont à n’en point douter les deux forces créatrices derrière Egregore), ont naturellement poussé ici l’exercice encore un petit peu plus loin. On ne parlera pas de rupture mais une simple écoute de ce
It Echoes In The Wild suffit pour se rendre compte que le groupe n’a pas hésité à élargir ses horizons et à intégrer à sa formule des sonorités nouvelles. Ce qui m’a sauté aux oreilles et particulièrement surpris à la découverte de ce nouvel album sont notamment ces envolées Heavy Metal à la sauce King Diamond entendues sur l’excellent "Craven Acts Of Desperate Men". Des envolées sacrément haut perchées et surtout parfaitement assumées puisqu’elles vont être répétées à plusieurs reprises durant les sept minutes de ce titre. Mais ce n’est finalement qu’un détail parmi d’autres puisque j’aurai pu également évoquer cette instrumentation particulièrement riche et foisonnante, ces nappes synthétiques discrètes mais qui lorsqu’elles se font entendre apportent tout de suite quelque chose en plus, ces quelques arrangements acoustiques, ces voix incantatoires ou solennelles, ces murmures, ces susurrements et toutes ces petites choses qui ne sautent pas nécessairement tout de suite aux oreilles mais qui pourtant participent à la singularité de l’ensemble.
Tout ces éléments s’intègrent à des compositions généreuses, pas nécessairement en termes de durée malgré quelques titres compris entre cinq et neuf minutes ("Voice On The West Wind", "Craven Acts Of Desperate Men", "From The Yawning Crevasse Shrieks A Transmorphic Gale", "It Echoes In The Wild") mais plutôt en termes d’écriture. En effet, si certaines mélodies dispensées par les Canadiens restent bien en tête et permettent de s’approprier ces compositions de manière relativement aisée, le fait est qu’il est pourtant difficile de s’y accrocher sans faire l’effort de le vouloir dans la mesure où les idées se succèdent, les riffs s’enchaînent et les séquences diffèrent les unes des autres. Comme d’autres albums du même genre, c’est-à-dire complexes, variés, abondants, surprenants et exigeants,
It Echoes In The Wild nécessitera plusieurs écoutes attentives pour espérer être cerné à sa juste valeur. Car la musique d’Egregore, toujours quelque part à mi-chemin entre Black Metal (Negative Plane, Funereal Presence...) et Death Metal (Nocturnus, Morbid Angel...), est effectivement d’une intensité assez folle. Une musique explosive, truffée de changements de rythmes et de patterns en perpétuels mouvements, de leads et autres solos chaotico-mélodiques, de blasts et de breaks à ne plus savoir où donner de la tête, d’éruptions vocales habitées... Il y a certes parfois un peu de modération dans tout ce chaos organisé mais ces instants restent néanmoins à la marge.
Paru en mars dernier, je n’ai pas vu beaucoup de monde mentionner ce deuxième album. Pourtant
It Echoes In The Wild est un disque tout à fait excellent. Un disque qui nécessite d’être écouté avec attention et non pas simplement survolé si vous ambitionnez d’en saisir les moindres détails. Ce n’est de toute façon qu’à ce prix qu’il pourra se révéler entièrement car de par sa construction, sa richesse, sa variété, son intensité et sa multitude d’idées, ce deuxième album peut vite revêtir un côté particulièrement hermétique qu’il faudra savoir braver pour espérer pouvoir l’apprivoiser. En somme, un disque exigeant qui mérite largement de faire des efforts.
Par Deathrash.
Par Sosthène
Par coreandcoupdate
Par Jean-Clint
Par Keyser
Par Lestat
Par coreandcoupdate
Par Sosthène
Par xworthlessx
Par Sosthène
Par coreandcoupdate
Par Jean-Clint
Par Cujo
Par AxGxB