Hibou (instruments) et son compère
Nox Venenum (chant) ne seraient-ils pas des personnages reconnus de la scène extrême hexagonale qui auraient choisi de camoufler leurs identités dans cette nouvelle incarnation sonore qu’est
AMANITE ? La question se pose étant donné que les mecs se pointent avec directement une signature en poche chez
Great Dane Records, label qui n’a peut-être plus le lustre d’antan mais qui demeure une figure majeure de l’underground français. Quand bien même, admettons que ces deux messieurs débarquent réellement de nulle part, que vais-je pouvoir raconter au sujet de
The Dance of the Datura ? Tu la connais, toi, cette plante ? Évidemment. Tu as lu
Carlos Castaneda ainsi que « Connaissance par les gouffres » de
Henri Michaux, te voilà incollable en termes de petite fumée et d’herbe du diable, c’est bien légitime.
Le duo pratique le
death metal. Une fois que j’ai dis cela, je n’ai encore rien expliqué du tout tant le style s’avère variée. Aussi, quel est le leur ? Difficile de le définir… En effet, si la formation se réclame d’atmosphères macabres dont les racines plongeraient dans les années 90, j’entends néanmoins une dimension contemporaine derrière la froideur industrielle certainement causée par une batterie à priori réelle mais dont la sonorisation laisse planer un doute. Aucun mauvais procès de ma part, il n’est jamais mentionné l’usage d’une boîte à rythmes, c’est juste que le rendu global ne sonne pas vraiment
old school, cela n’enlevant rien à la spécificité de la musique, à la curiosité de ses arrangements (« Devoured by Vermin »). C’est d’ailleurs l’une des forces de cette proposition, que de s’avérer finalement assez peu cataloguable, alternant les instants brutaux avec des plans davantage
doom voire atmosphériques, le tout fortement englué dans la pénombre d’un
growl imposant tout en restant audible, compréhensible.
Ce n’est probablement pas grâce à leur technique que les Français gagneront leurs galons car, sans tomber dans le rudimentaire, les rythmiques alambiquées et les solos enlevés n’appartiennent pas à leur champ lexical. Eux, ils sont plutôt du genre à bosser les climats anxiogènes (« Hexenkreis »), les ritournelles flippantes des nuits glauques, approche qui fonctionne tout du moins lors des premières écoutes qui procurent un effet de surprise intéressant. En effet, si le plaisir est présent, il demeure fugace, l’envie d’y revenir régulièrement restant encore trop faible pour inscrire cette nouvelle engeance parmi les grands espoirs hexagonaux.
Il ne faudra cependant pas barrer trop rapidement ce patronyme de la liste des projets à suivre. En effet, il y a clairement une touche personnelle, une approche spécifique, ce qui est déjà en soi une sacrée réussite en cette époque d’uniformisation. En synthèse, je suis plus convaincu par l’originalité du propos que par la musique en elle-même qui peine à s’inscrire durablement dans ma mémoire. Cela reste du très bon travail, une œuvre sans compromis qui tente, qui ose sans pour autant dénaturer sa nature profonde.
Great Dane Records a encore du flair !
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