chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
325 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer
La Thrashoth... » Jason Lee Gl... »

Prognathe - Revelation Flesh

Chronique

Prognathe Revelation Flesh
Ils se déplacent en horde, n'ont que faire de l'hygiène et traînent avec eux une odeur de sueur et de sang. Leurs visages portent les stigmates d'une vie aussi rude qu'impitoyable, entre combats et ripaille. L'intelligence n'est pas leur fort, puisque ces bêtes hirsutes n'obéissent qu'à leurs instincts. L'agression, la survie, la victoire sur l'ennemi sont leurs seules règles. Nous ne parlons pas d'une mêlée du XV de France, mais bel et bien de ce que "Revelation Flesh", des Toulousains de Prognathe, cherche à raconter à l'auditeur. Auteurs d'un premier album éponyme en 2012, Lundi Galilao (qu'on retrouve aussi chez A Very Old Ghost Behind the Farm) et Victor Bestiole jouent un Metal assez difficile à cerner, entre parties Grind hystériques, Sludge poisseux et Doom groovy. Disons simplement que l'ensemble a été conçu pour faire le plus de dégâts possibles à l'impact, sans s'encombrer d'instrumentations superflues ou de technique outrancière.

Projet musical défouloir avant tout, les onze titres qui composent ce "Revelation Flesh" ne font que très rarement dans la finesse. "Prognathe", premier du nom, brillait notamment par sa production, excellente pour un produit "maison". Son successeur possède un son plus propre, petit défaut de fabrication à mon goût. Comme chacun sait, je vomis les boîtes à rythmes. Intégralement. Si, sur le premier album des Toulousains, elle ne sonnait pas trop comme une succession d'échantillons sur-compressés, sur "Revelation Flesh", je retrouve ce son artificiel et sans aucune saveur que partagent 90% des one-man bands de Black Metal autour du globe. Dommage, oui, mais il aurait été encore plus dommage de se priver de l'album dont nous parlons aujourd'hui, puisqu'hormis cet écueil, le reste est de très bonne facture. Les guitares alternent entre riffs balèzes qui peinent à remuer leur graisse ("The Old Man Said") et murs ultra-compacts, soutenus par des rythmiques impossibles ("Revelation Flesh"). Ces mêmes parties, très typées Grind et rappelant parfois Anaal Nathrakh, auraient pu souffrir d'un son brouillon. Il n'en est rien.

Lorsque je m'imagine des hommes des cavernes, je les vois lents, hésitants, occupés à trouver de quoi se sustenter et éviter de se faire bouffer. Un disque centré autour de la préhistoire se destinait plus à aligner les riffs balourds et les rythmiques lentes. Mais non. "Revelation Flesh" drogue cette horde d'australopithèques avec un cocktail de speed et d'amphétamine, leur apprenant par la même la cruauté gratuite. Nous sommes leurs proies. "Twinkle, twinkle, burning mammoth" possède d'ailleurs un côté extrêmement inquiétant, presque apocalyptique, avec ces choeurs sortis de nulle part qui viennent apporter de la beauté (!) à un riff qui, pourtant, se suffisait à lui-même - pour moi, ce titre est l'un des plus convaincants de l'album. Ces petits arrangements sonores apparaissent furtivement tout au long de "Revelation Flesh", notamment sur 'Seven Men", qui clôture la galette en beauté. La septième piste, sans titre, toute en subtilité et en sonorités etouffées, presque Jazz, coupe net la débauche de violence, choisit de raconter la furtivité de la chasse plutôt que le massacre qui la suit. Si le titre est reposant, l'auditeur ressent la menace sourde qui plane sur lui. Le larsen chante, témoin de l'attaque imminente. Dans cette horde qui gagne en assurance au fil des titres, deux fortes têtes mènent la chasse à l'homme : Galilao et Bestiole, qui hurlent tout deux (assistés par un certain Père Hector). Leurs deux voix, entre growls et hurlements d'épileptique en pleine crise, se calent dans le peu d'interstices sonores que laisse l'omniprésente boite à rythmes. Elles réservent parfois quelques surprises, cet espèce de chorus des plus douteux sur l'ouverture de "Grunt to the Hills", ces respirations simiesques sur "Get even in massacre", un côté décalé que je trouve très à propos, surtout lorsque l'on choisit l'homme des cavernes pour univers : d'autres s'y sont essayés sans grand succès (Goat the Head, sur "Simian Supremacy").

S'il est parfois un peu indigeste (la faute à ce son de boîte à rythmes), "Revelation Flesh" reste un album de haute volée. Evitant de sombrer dans le ridicule en assumant un côté second degré tout au long de ses titres, Prognathe n'a pas à rougir de ce qui ne devait être qu'un "projet défouloir". Énergique et ravageur comme le plus énervé des disques de Grindcore, menaçant et poisseux comme le plus massif des disques de Sludge, le Prognathe cru 2014 est une excellente surprise, Yves Coppens qui aurait délaissé sa plume pour aller saigner d'autres instruments, plus contondants. Si Lundi Galilao est plus connu pour A Very Old Ghost Behind the Farm, il est pour moi bien plus convaincant dans son rôle d'australopithèque bête et méchant. Affaire à suivre, définitivement.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Prognathe
Grind/Sludge
2014 - Peccata Mundi Records
notes
Chroniqueur : 7.5/10
Lecteurs :   -
Webzines : (3)  7.5/10

plus d'infos sur
Prognathe
Prognathe
Grind/Sludge - 2012 - France
  

tracklist
01.   Once Upon a Curse  (03:44)
02.   Follow the Tracks  (04:44)
03.   Twinkle, Twinkle Burning Mammoth  (04:12)
04.   Revelation Flesh  (03:45)
05.   The Old Man Said  (03:35)
06.   Falling Embers  (03:49)
07.   .  (04:07)
08.   Under Grey Shrines  (03:21)
09.   Get Even in Massacre  (02:39)
10.   Grunt to the Hills  (03:17)
11.   Seven Men  (05:04)

Durée : 42:17

line up
parution
16 Décembre 2014

voir aussi
Prognathe
Prognathe
Homo Miserhabilis (EP)

2022 - Peccata Mundi Records
  

Essayez aussi
Knoll / Autolith
Knoll / Autolith
Knoll / Autolith (Split 12")

2021 - Autoproduction
  
Withered
Withered
Folie Circulaire

2008 - Prosthetic Records
  
Nolentia
Nolentia
One Loud Noise And It's Gone...

2009 - No Master's Voice
  
Filthcrawl / Peine Kapital
Filthcrawl / Peine Kapital
Split (Split-tape)

2026 - Knochentapes
  
Lifetaker
Lifetaker
Night Intruder

2020 - Indépendant
  

White Mantis
Arrows at the Sun
Lire la chronique
Live Report Tanork - Skelethal
Lire le podcast
Crystal Sun
The Trace You Left
Lire la chronique
Live Report Esodic - Anthares
Lire le podcast
La photo mystère du 1 Février 2026
Jouer à la Photo mystère
Dreaggan
Eternal Fire (EP)
Lire la chronique
Misfire
Product of the Environment
Lire la chronique
Disarray
The Darkening (EP)
Lire la chronique
Breakdown
Divide and Konquer (EP)
Lire la chronique
Bilan 2025
Lire le bilan
La photo mystère du 16 Janvier 2026
Jouer à la Photo mystère
Testament
Para Bellum
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Janvier 2026
Jouer à la Photo mystère
Agressor
Medieval Rites
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Décembre 2025
Jouer à la Photo mystère
Bloodfield
Homunculus sapiens
Lire la chronique
Brutal Decay
Slaughter in Hell
Lire la chronique
Carnage Inc.
Carnage Inc. (EP)
Lire la chronique
Deathhammer
Crimson Dawn
Lire la chronique
Flesh Storm
The Path Of The War
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Décembre 2025
Jouer à la Photo mystère
Centinex
With Guts And Glory
Lire la chronique
Entretien avec Anthares
Lire le podcast
The Ultimate Soul Grinding Festival - Last Inhumate Show Ever
Illegal Corpse + Inhumate +...
Lire le live report
Warfield Within
Rise of Independence
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Novembre 2025
Jouer à la Photo mystère
R.B.Band
Chains of silence (EP)
Lire la chronique
Ordered To Kill
Endless War
Lire la chronique
Reabilitator
Fucking Thrasher
Lire la chronique
Hexecutor
…Where Spirit Withers In It...
Lire la chronique
Live Report Muscadeath 2025 2ème jour (samedi)
Lire le podcast