Striborg - This Suffocating Existence
Chronique
Striborg This Suffocating Existence
Alors qu’il était l’un des acteurs du black metal les plus prolifiques entre 2004 et 2009, sortant 12 albums en 6 ans, Sin Nanna avait disparu de la circulation, peut-être à court d’idées, peut-être pour ne plus avoir « que de la gueule » mais devenir le véritable ermite misanthrope qu’il avait toujours décrit dans sa musique, peut-être parce qu’il s’était rangé auprès d’une demoiselle...
Quelle que soit la raison, l’hibernation a pris fin, et c’est sans crier gare que notre Australien se rappelle à nous, en mars 2015, après 6 années durant lesquelles quelques disciples ont tenté d’approcher ses ambiances, sans y parvenir. STRIBORG est difficilement imitable de toute façon, parvenant à faire avec un minimum de moyen et de technique une musique créant des images innombrables : isolement, misanthropie, désespoir, lassitude, ennui, déception, abandon... Beaucoup sont restés insensibles au talent de cet extraterrestre, le raillant, l’insultant, le considérant comme un plouc péteux incapable d’aligner deux accords. Ils n’ont pas compris que les albums de STRIBORG ne sont qu’ambiance et ressenti.
Mais qu’importe les critiques, Sin Ninna n’en a que faire et le nouvel album vient le prouver. Rien n’a changé, ou si peu. Les fans resteront fans, les détracteurs riront à nouveau à gorge déployée. Les 6 titres sont toujours aussi brouillons vus de loin, mais toujours aussi charismatiques et géniaux quand on trouve la petite porte d’entrée. Ils nous entrainent dans cette même forêt que les albums précédents introduisait, à l’air irrespirable, aux marécages poisseux, à la brume épaisse. C’est un endroit qui peut paraître sinistre mais qui convient tellement à celui qui a fui la civilisation et se complait dans la crasse naturelle. Non, ce n’est pas beau, ce n’est pas de la « jolie » musique telle que certains la conçoivent. Mais justement, STRIBORG ne vit pas pour caresser nos oreilles. Il trouve une alternative à ce qui « doit » être. Il joue du « laid », il joue du « faux », mais il atteint une logique différente, addictive, autrement plaisante.
Alors non, Sin Nanna n’a pas progressé en tant que musicien. Il ne fera pas ce plaisir à ceux qui ne l’aiment pas. Il montre même au contraire qu’il est toujours aussi emmanché. Et puis il en joue aussi. Il fait exprès d’ailleurs de placer des horreurs sur les trois premiers titres, comme s’il voulait faire fuir ceux qui n’ont pas à être là. Le premier titre est le « pire », proposant un niveau technique d’un lapin nain. Ce « A Lone Vigil in a Haunted Asylum » propose des mélodies en plastique avec un riff principal en pâte à modeler. Il y a tout de même du génie là-dedans, mais ceux qui découvrent le groupe risquent de se demander ce qu’il se passe. Et même s’ils tentent d’aller plus loin le deuxième titre les attend. Vous vous souvenez de « Fruhling » de NARGAROTH avec ses trois premières minutes qui avaient provoqué le décès d’un fan sur trois de black metal ? Et bien « The Bermuda Forest » est pareil, voire pire. Les notes au synthé sont d’un autre monde ! Enormes, elles devraient parvenir à faire partir les derniers indécis. Pourtant elles s’effacent après 1 minute 40. C’est d’ailleurs à peu près à ce moment-là que l’on retrouve un STRIBORG moins manchot : le misanthrope extrême.
Il reste juste un petit espace pour le synthé cancéreux sur « Suicidal Ghost » mais c’est à peu près tout. Les boulets sont partis, définitivement sans doute, et les trois derniers morceaux n’ont plus de parties faussement trisomiques. Je suis tenté de dire que c’est dommage parce que cela donnait aussi une certaine saveur à ces trois premières pistes. Alors « Sleep Paralysis » et « A Black Cloud Enshrounds Me » passent plus inaperçus aux premières écoutes, paraissant trop sages mais ils se dévoilent peu à peu. Ils sont plus classiques, mais réussis pour leurs changements de rythme et d’ambiance.
Et enfin l’album se termine sur un long « This Suffocating Existence » de plus de 16 minutes. Il évolue très lentement, pataugeant toujours dans un rythme qui ne peut pas démarrer, on penserait presque à NORTT... La lumière disparaît peu à peu...
STRIBORG fait le retour que je souhaitais. On le reconnaît parfaitement, surtout sur la deuxième partie de l’album et en même temps il ose tenter des choses et introduire des parties honteusement . J’adore cette attitude et le résultat, au moins autant que 90% des personnes vont détester !
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