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Haunting The Castle VI

Live report

Haunting The Castle VI Mournful Congregation + Ascian + Death Has Spoken + Ennui + Gévaudan + Helevorn + Lone Wanderer + Old Night
Le 28 Février 2026 à Anthisnes, Belgique (Château de l'Avouerie)
7h30, je passe chercher de bon matin un premier larron devant le cimetière de sa commune en banlieue parisienne. 8h15, un stop à la capitale pour récupérer un autre déprimé avant de parcourir le quart nord-est du pays. Les différentes autoroutes puis chaussées plus incertaines nous font traverser, sous le gris et la pluie, la Champagne, les Ardennes et le Luxembourg belge pour finalement arriver sans bouchons dans la province de Liège (précisément dans le Condroz). Mais quelle motivation à ce périple en place d’une grasse matinée ? Le souvenir du mémorable From Dusk Till Doom V qui s’était tenu en octobre 2023 dans la même région. Et comme l’équipe organise ce nouvel événement (cette fois via AZ Live), on peut s’attendre de nouveau à la crème de la crème du Doom (MOURNFUL CONGREGATION en tête d’affiche est déjà plus que prometteur). AZ Live étant la branche concerts de Meuse Music Records, on trouve naturellement un certain nombre de leurs poulains à l’affiche (5 des 8 formations), ce qui est le cas par exemple de DEATH HAS SPOKEN, ENNUI ou encore HELEVORN. C’est donc avec enthousiasme que se fait l’entrée dans la ville d’Anthisnes. Il faut laisser le centre funéraire sur sa gauche et continuer à grimper pour gagner le Château de l'Avouerie.



Il s’agit d’un ensemble constitué d'un donjon du XIIème siècle et d'un corps de logis qui s'y est adossé cinq cents ans plus tard. Le lieu est connu des amateurs de Dungeon Synth puisqu’il accueille les Dark Dungeon Festivals. Des escaliers nous mènent à la salle principale et je découvre un très bel espace avec parquet au sol, rideaux de velours rouge tirés aux fenêtres, poutres apparentes et lustres au plafond. Un endroit somptueux pour un live report d’où seront absents les termes circle pit, pogo, slams et wall of death. Mais qui sait, peut-être un peu de headbang ?

Nous avons fait l’impasse sur la soirée de la veille dont AETURNA, LYING FIGURES, FADING BLISS et OCTOBER RUST (cover band de TYPE O NEGATIVE) étaient les invités, je vous raconte donc directement la seconde journée.



ASCIAN

Les deux compères ayant fait leur stock de bières belges à ramener en France au SPAR du bas de la route, on se presse de retourner au château car ça commence à jouer juste un petit peu avant 14h00. Les Allemands sont déjà sur scène et ce qui me frappe immédiatement (pour le style comme pour la performance), c’est le bandeau noir qui recouvre les yeux des guitaristes et du bassiste. Seul le batteur a le visage complètement découvert, puisque le chanteur a quant à lui une capuche qui lui enveloppe la tête. On ne verra donc pas la figure de ce dernier, d’autant plus qu’il se présente assez souvent le dos tourné. Sa voix sépulcrale varie parfois, en étant davantage perchée, voire carrément claire (rarement ceci-dit). J’accroche directement aux compositions du quintette dont le Doom/Death à tendance atmosphérique (on a droit à quelques belles envolées éthérées) présente également des passages instrumentaux envoûtants (la page Bandcamp revendique notamment des inspirations Post-Metal). Les applaudissements entre les titres mettent nos ouvreurs en confiance et ils sont fins prêts pour l’accélération de rythme du finish, aussi inattendue qu’appréciée.


GÉVAUDAN

En dépit d’un patronyme français (jusqu’à l’accent aigu sur le « e »), ce sont des Anglais qui se préparent et je remarque que le vocaliste, qui est en train d’installer ses claviers, sera également en charge des ambiances. Leur style se situe quelque part entre le Doom traditionnel et le Stoner/Sludge, avec chant clair uniquement. Les parties écrasantes laissent néanmoins place à des plans Prog, dont l’inclinaison planante, voire psychédélique, se fait de plus en plus présente au fur et à mesure de l’avancée dans la setlist. Mention spéciale à aux lumières car ces derniers aspects sont particulièrement bien appuyés par l’éclairage jaune/orange de la troupe. Puis arrive la composition faite d’un duo piano-basse qui constitue une belle petite surprise. Enfin, je ne pourrai conclure ce report sans mentionner la performance du guitariste qui attire notre attention avec un solo de guitare en tenant son instrument… dans le dos !


DEATH HAS SPOKEN

Ces quatre-là en ont fait du chemin pour leur première en Belgique (je ne crois pas non plus qu’ils aient déjà joué en France) puisqu’ils sont originaires des confins de la Pologne (Białystok, pas très loin de la frontière biélorusse). Les abonnés aux sorties Meuse Music Records avaient peut-être repéré Elegy, leur troisième long-format à la magnifique pochette (j’en connais un qui a craqué pour le t-shirt au lieu d’économiser pour les études de ses gamins), paru en octobre de l’année dernière. Je mentionne à dessein cet album car les six titres joués ce soir en sont tous issus, il n’en manque que deux pour couvrir l’intégralité de la tracklist, notamment « Our Fortress Is Burning... II – Bloodbirds », la reprise d’AGALLOCH. Si j’ajoute à cette référence le fait que le guitariste lead porte un maillot Brave Murder Day, cela donne une indication de la façon dont sonne ce Doom/Death : sombre et mélancolique. Pour autant, la batterie sait se faire puissante, au point que j’ai un moment l’impression de me faire rouler dessus. Les instants tapping, autres solos, ainsi que la mobilité des musiciens apportent également une certaine énergie, comme l’illustrent ces face-à-face entre les gratteux, ou encore celui entre le guitariste-chanteur et le bassiste. Un groupe à revoir (surtout si on nous refait ce si bel éclairage mauve) !


LONE WANDERER

Du monde rapplique pour ce quartet qui revient au château six ans après son premier passage. Les deux tables basses recouvertes de nappes noires sur lesquelles sont posées 7 bougies allumées (pas des led comme un événement Candlelight) et l’encens qui commence à se frayer un chemin à travers nos narines sont des signaux clairs de ce qui nous attend : du Funeral Doom. La date du fest est parfaite pour nos tristes sirs qui peuvent jouer pour la première fois trois morceaux (d’une durée totale de 51 minutes ;-)) extraits d’Exequiae, offrande encore toute froide de sa sortie il y a à peine un mois de la morgue d’High Roller Records. L’un d’entre eux est intitulé « To Rest Eternally » et cumule 24 minutes (leur titre le plus long). Alors pendant ce set la batterie nous envoie six pieds sous terre, et la basse qui arrive par derrière enfonce le clou. Par la suite, comme il est de coutume dans le style, une séquence d’orgue apparaît, et des leads mélancoliques interminables nous embarquent pour un voyage solitaire. De façon moins courante, les doomers terminent le show par une montée en intensité extrêmement prenante qui me laisse sur les rotules, quelle sensation ! Une découverte coup de cœur qui me rappelle la joie que j’avais eu de découvrir leurs compatriotes d’OPHIS au From Dusk Till Doom V. Je ne peux que plussoir à ce commentaire d’une fan française sur la page Facebook du groupe : « Come to Paris ».


OLD NIGHT

J’aime beaucoup le Doom/Death et le Funeral Doom mais à l’exception près de quelques classiques (comme un certain Epicus Doomicus Metallicus), j’ai du mal avec le pur Doom Metal traditionnel, celui qui est très proche du Heavy Metal. Je pense que la cause principale réside dans l’usage intensif d’une voix claire aiguë que je ne parviens pas à supporter (pareil pour MERCYFUL FATE, ça y est, c’est dit, je peux me faire virer de Thrashocore). Pourquoi je vous raconte tout ça ? Parce que c’est globalement ce que font nos Croates. Les aspects mélodiques et épiques sont appréciables, ça marche pour les passages instrumentaux… mais quand ça chante (le peu de growl du bassiste qui ne ressort d’ailleurs que faiblement est insuffisant pour « compenser »), je me dis que ça tombe bien qu’il soit 19h00, on va aller dîner. Dommage que je bloque car c’est soigné et ça doit être du boulot de mixer ces trois guitares et les quatre gars qui chantent. Ils sont encore en train de jouer quand je reviens de ma pause et je constate que le public accroche énormément (probablement enthousiasmé par quelques pistes du récent Mediterranean Melancholy), pas étonnant que le quintette ait été convié à nouveau à la cérémonie (il était déjà présent à l’édition 2018).


ENNUI

C’est également un retour pour les Géorgiens (chapeau de faire le voyage depuis là-bas !), après leur venue de 2020 à Anthisnes. Mais cela se mérite et il nous faut patienter une demi-heure (problème technique ?) pour que le son commence. L’attente est récompensée quand le quintette annonce des mouvements (dont « Decima ») provenant de son cinquième full-length Qroba, publié hier par Meuse Music Records. Cette édition du Haunting The Castle est donc aussi la release party du nouveau (mort-) né de ces Funeral Doomers forts appréciés par Sosthène (et que l’on connait par ailleurs pour leur split avec APHONIC THRENODY). La voix est évidemment d’outre-tombe, les trois guitares sonnent toutes autant saturées que dépressives, et le clavier (enregistré) apporte une touche atmosphérique et vaporeuse. En termes de présence scénique, on ne peut manquer de remarquer le contraste entre bassiste-chanteur (au t-shirt des grands ESOTERIC), assez renfermé et à la toute petite voix quand il s’exprime entre deux morceaux, et le guitariste-chanteur. En effet, ce dernier fait plus « animateur » et incite les interactions avec l’auditoire (« Show me your hands everyone »). Son appel trouve un écho favorable car un gaillard à ma gauche lève ses bras, tandis qu’un autre devant se met à headbanger, et que le reste du public applaudit. Une sonnerie retentit soudainement en milieu de set et on se demande de quoi il s’agit, j’entends « fire alarm ? » derrière moi. Bon, rien ne se passe, c’est peut-être juste un mec qui a fumé dans les chiottes. Le show continue pour se terminer par « When Our Light Dies Forever », cinquième piste de Falsvs Anno Domini (2015) qui voit le guitariste-chanteur bien se lâcher et une sacrée envolée de solos ! Une très belle performance de plus d’une heure de jeu, sans une seule minute d’ennui.


HELEVORN

Après avoir joués dans un bateau et dans un aéroport abandonné, les insulaires baléares continuent les lieux insolites et s’essaient donc cette fois au château. Leur backdrop (fond de de scène) se présente sous la forme d’une toile montrant leur logo alternativement pris dans un tourbillon et sous une forte averse. Le côté déprimant se fait ressentir mais il est contrebalancé par l’éclairage très vif et surtout, par les « hey, hey » de fans espagnols qui ont fait le déplacement. Le sextet nous propose depuis plus de 25 ans un Gothic Doom/Death que j’ai récemment lu qualifié de « Doom for girls ». Alors, il est vrai qu’il représente la touche douceur (« sucrée » comme dirait Sakrifiss) de la programmation, avec un claviériste et l’intervention d’une chanteuse, à l’image d’EVADNE (également espagnol) lors du From Dusk Till Doom V. Toutefois, de puissants growls, une batterie écrasante et des titres plus rapides ancrent la formation dans le Metal extrême. La setlist fait la part belle à Espectres que l’on vous avait annoncé dans nos News du 17 septembre 2024, dont « L'endemà » (pour lequel la vocaliste Inés monte sur les planches). Tout cela avant de finir bien applaudi avec « Burden Me » (de l’album Compassion Forlorn), qui donne envie à la rousse devant moi de faire tourner ses cheveux. Un groupe très agréable que je recommande à tous les fans de la période Gothic Metal de PARADISE LOST.


MOURNFUL CONGREGATION

Bravo, merci et respect à AZ Live qui a réussi à attirer le monument Funeral Doom australien dans ces contrées septentrionales. Comme on n’est qu’à quelques heures de route seulement de Beaurainville, les gars d’Adélaïde en profiteront d’ailleurs peut-être pour aller saluer Osmose Productions qui avait sorti leur dernier EP The Exuviae of Gods - Part II (dans le top 2023 de notre rédaction). J’écrivais Funeral Doom, le combo formé en 1993 se revendique toutefois de « Macrocosmic Doom for Microcosmic Beings ». ll est minuit, c’est sous les applaudissements et avec un ensemble cloches, clavier & fumée que le quintette aux trois guitares ouvre la messe. Le backdrop du serpent lumineux se mordant la queue est un des rares éléments que l’on peut distinctement observer, les musiciens n’étant apparentés qu’à des ombres perdues dans les fumigènes et la pénombre, à peine éclaircie par des spots diffusant un bleu nocturne intense (à l’instar de TEMPLE OF BAAL au MusikÖ_Eye FEST #3 : DOUCEUR NOIRE). Je suis chanceux niveau setlist car The June Frost (un de mes préférés) n’est pas oublié, avec notamment « Suicide Choir » qui est joué assez tôt dans la sélection. C’est lent, les rythmiques sonnent pesantes et répétitives à souhait, les fioritures ne sont pas légions (quelques solos émouvants cependant), que demander de plus ? Ma voisine de gauche (une Espagnole) se laisse emporter avec sa tignasse détachée, hypnotisée par l’ambiance sépulcrale. Quand la session vient à sa fin, je me demande vraiment vu l’heure tardive (une heure et quart) si le rappel peut être accepté. L’annonce de l’orga indiquant que le départ de la navette de retour est décalé permet aux festivaliers de rester, et à l’activité de poursuivre. On en reprend donc pour quinze minutes… avant de retrouver notre condition d’êtres microcosmiques et d’aller se coucher.



Une après-midi et une soirée de régal pour les yeux et les oreilles ! Il y avait de quoi également solliciter le porte-monnaie (stands CDs, vinyles et t-shirts) et satisfaire l’estomac (curry poulet ou végétarien, ragoût de sanglier, sandwich au porc). Et bien sûr pour faire couler tout ça, un choix de bières locales, mais aussi du vin. J’ai en outre apprécié l’atmosphère très amicale qui fait que l’on retrouvait dans le public des membres des différents groupes, on a même vu devant un stand une chanteuse de HYDE, une bande de Namur qui nous avait laissé un bon souvenir lors de son ouverture du Clash of the Preachers de 2023.

Un autre avantage de ce genre de festival ultra spécialisé est la découverte, ce live report donnera d’ailleurs peut-être envie à nos chroniqueurs Doom (Ikea et Raziel) de nous détailler tout ou partie de la discographie des participants du jour.

Enfin, je ne peux que souligner à nouveau le cadre extraordinaire et classieux du lieu. Même les bières sont servies dans des verres en verre, et non dans des gobelets en plastique. J’ajouterais un autre détail qui montre le soin apporté à l’ambiance : l’affiche de recommandations quant à l’usage du téléphone portable (l’utiliser le moins possible, en tout cas avec la luminosité réduite au minimum, et sans flash). Si vous voulez tenter une expérience musicale dans ce château, sachez qu’en attendant un Haunting the Castle VII que l’on espère prochain, s’y tiendra les 9 et 10 octobre le Dark Dungeon Festival IV.

Bon, pour tout vous dire, il n’a manqué que de frites, mais on a trouvé ça à une station-service sur le retour le lendemain midi ;-).

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Haunting The Castle VI
plus d'infos sur
Ascian
Ascian
2018 - Allemagne
  
Death Has Spoken
Death Has Spoken
2017 - Pologne
  
Ennui
Ennui
2012 - Géorgie
  
Gévaudan
Gévaudan
2013 - Royaume-Uni
  
Helevorn
Helevorn
1999 - Espagne
  
Lone Wanderer
Lone Wanderer
2014 - Allemagne
  
Mournful Congregation
Mournful Congregation
Funeral doom - 1993 - Australie
  
Old Night
Old Night
2015 - Croatie
  

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