Ce n’est pas si courant de voir du Funeral Doom à Paris (si une orga veut s’y mettre, il y a un créneau à prendre), alors accueillir un mastodonte du genre comme EVOKEN, c’est un événement à ne pas louper. Leur précédente venue (qui m’avait permis de m’extasier devant HIDDEN IN ETERNITY en première partie) date de juillet 2022 (déjà au Klub) donc ce serait effectivement dommage de devoir attendre quatre ans de plus. Et j’ai bien fait de réserver ma place en avance (à 16,66€ ;-)) car comme la dernière fois, il est annoncé un sold-out à l’entrée.
C’est le premier jour de leur tournée européenne : j’espère qu’ils sont prêts. Mais aussi qu’ils arriveront sans trop d’encombres à bon port, car il semble que leur avion ait pris du retard.
TodoMal
En attendant la bande du New Jersey, c’est une équipe espagnole qui vient se présenter à 20h15. Inconnue au bataillon, elle a été formée en 2020 par un duo (Mile & Wildman) accompagné de trois musiciens pour ses concerts. Apparemment pour la première fois en France, les compères s’apprêtent à partager avec l’assemblée parisienne leur mélange de Doom atmosphérique et de
cinematic rock (ils appellent ça du Dark Metal). Dotés d’un nom signifiant « Tout va mal / tout est mauvais » en castillan, leur mal-être est inspiré par « l'étendue désolée et déprimante des plaines espagnoles ». Ce n’est effectivement pas joyeux, le chanteur-guitariste (qui arbore chapeau noir et lunettes de soleil) ne semble cependant pas si morose. Épaulé aux vocaux par le bassiste (ainsi que par la discrète claviériste-chanteuse), il narre ses aventures avec un peu de gestuelle et un chant clair, ce dernier point étant rédhibitoire pour certains. Sa voix n’est pas perchée dans les aiguës et n’est pas désagréable, mais j’aurais également préféré qu’elle soit
growlée. Je relève une légère défection dans le public tout au long du
set mais il était bien noté « Doom » sur l’affiche et non « Doom Death », donc on savait plus ou moins à quoi s’attendre. Le quintet sait néanmoins nous asséner des rythmiques lourdes très jouissives, comme sur « Ultracrepidarian » tiré de l’opus du même nom. Puis, les gars annoncent qu’ils vont jouer plus longtemps en attendant leurs amis américains, ce qui permet de nous faire découvrir davantage de morceaux, notamment des extraits de
Graveyards ofJoy, leur nouvel album sorti début juillet chez Season of Mist. Alors tout ça donne soif et ils demandent si on peut leur apporter de la bière (je ne crois pas qu’ils aient été entendus, les pauvres). En plus il fait chaud ; j’en profite d’ailleurs pour remercier ma voisine qui me rafraîchit avec son éventail. À l’issue de cette bonne heure, je retiens une instrumentation riche, étoffée de solos et de passages au clavier qui donnent du relief à l’ensemble (que ce soit pour reproduire un orgue ou des sonorités folkloriques).
On sort
tchatcher et au bout de 20 minutes, on voit arriver un Sprinter, duquel débarquent les membres la formation tant attendue. Je me jette alors sur le premier venu pour faire un selfie et demander un autographe… Naaan, je déconne bien sûr. On les laisse décharger le matos tranquillement et aller se préparer.
EVOKEN
J’évoquais (;-)) la précédente venue des Américains en introduction de ce
live report et évidemment,
Mendacium n’était pas sorti à l’époque, datant seulement d’octobre dernier. Il s’était retrouvé bien positionné dans de nombreux classements, figurant notamment dans la catégorie « Album de l’année » de notre
Bilan 2025. C’est justement avec un titre de ce bijou (« Matins », le premier de la
tracklist) que le quartet (le claviériste n’est pas là) lance sa partie, à déjà 22h20. Assez rapidement et par deux fois, il y a un souci technique du côté du batteur. Je crois que c’est lui qui lance les parties enregistrées et ça n’a pas toujours l’air de bien fonctionner. John (guitariste-chanteur) commente “This is what happens, when there’s no soundcheck” et meuble en nous faisant remarquer qu’au moins on a de la clim. Plus tard, il nous annonce une chanson qui a 25 ans, et les grésillements de l’intro qui retentissent (ça marche maintenant) nous font reconnaître et applaudir « In Pestilence, Burning » de
Quietus, en effet paru en 2001. Il va de soi que face à de telles compositions, l’audience est en position de recueillement (voire d’envoûtement), tel que le relevait déjà
AxGxB dans sa chronique du
Netherlands Deathfest III. Mais ils savent aussi nous sortir de notre léthargie grâce à des variations et des accélérations de rythme (c’est parfois assez soutenu pour du Funeral Doom). La confrérie « braconnant sur les terres d’
ATARAXIE lors de ses moments mordants » pour citer
Ikea. Vient le temps du rappel, ce qui est l’occasion de présenter les musiciens, en particulier le guitariste barbu et chevelu qui est nouveau (je n’ai pas retenu son nom).
Les 75 minutes de cette belle prestation sont passées vite, et la troupe est parvenue à maintenir notre attention sans artifice. Pas d’objets scéniques, pas de
showmen (ils sont d’ailleurs davantage cachés derrière leurs cheveux ou penchés sur leur instrument qu’à chercher l’interaction), « sans fioritures » comme dirait l’ami Émile !
En tant que gourmand, j’aime bien quand il y a trois groupes, mais je m’estime déjà heureux que Le Klub et Doomed Events aient pu nous faire profiter d’une telle soirée. J’espère qu’on aura encore prochainement du Funeral Doom à Paris, sinon, il faudra patienter jusqu’à un nouveau From Dusk Till Doom ou Haunting The Castle en Belgique.
Par Cujo
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Par Sosthène
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Par Niktareum
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Par Jean-Clint
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