chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
356 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer
Astargh » Garry Napalm »

Voyager - Fearless In Love

Chronique

Voyager Fearless In Love
« Born… to be better… »

Voyager m’a mis un bon paquet de tannées en peu de temps depuis ma découverte récente du groupe grâce à un éminent collègue de votre webzine préféré. Suivant les conseils de ce bon Neuro, j’ai d’abord saigné Colours In The Sun (2019) comme il se doit, très efficace dans ce registre metal progressif teinté d’influences pop et electro que pratiquent avec grande intelligence les Australiens depuis 1999. Première claque. Avec V (2014), sans doute leur opus le plus marquant, j’en prenais une deuxième. Impossible de me sortir « Hyperventilating » de la tête. Il y a une mélodie digne d’un single de diamant sur ce refrain. Tant et si bien que Voyager s’est invité de plus en plus régulièrement dans mes écoutes quotidiennes, au point d’en devenir quasiment un incontournable. Merci Neuro. Lorsque je les ai vu en première partie de VOLA au Backstage By The Mill dans la capitale un soir de septembre, j’étais déjà en terrain conquis, tant la connivence entre ces Danois dont j’avais réceptionné le dernier opus Witness (2021) sur Thrashocore et ces fantasques Australiens coulait de source. Tous deux sont des fers de lance de cette nouvelle scène progressive qui fait tout pour sortir des sentiers battus et renouveler un genre un brin engoncé dans ses codes. La dernière claque en date fut la révélation de « Promise », premier single du huitième opus et surtout porte-drapeau des Australiens lors du concours de l’Eurovision, auquel ils finirent à une neuvième place imméritée, tant - sans objectivité aucune - ils volèrent le show ce soir-là. Il faut dire qu’il n’y avait pas grand chose en face… mais même si j’ai l’impression d’écrire un Kamoulox, ils furent la seule et unique raison de mon visionnage et de mon vote, occasionnant la perte de quelques heures et de quelques centimes. Pas grave, j’étais déjà convaincu que Voyager me rembourserait au centuple avec Fearless In Love, une paire de mois plus tard. Et puis c’est quand même pas tous les jours qu’un groupe signé chez Season Of Mist participe à un télécrochet en mondovision.



Alors, y a-t-il eu un effet Eurovision pour la bande à Daniel Estrin (voix, claviers) ? Un paquet de nouveaux venus a du se jeter sur cette dernière sortie. Ils ont parfaitement raison! Il faut dire que le groupe s’est sacrément bien vendu avec cette performance mémorable et ce tube explosif capable de tout déchirer en radio. Vendu mais pas perdu. Malgré cette brève surexposition médiatique, Voyager a su rester lui-même, tout en lissant et en faisant progresser sa formule. Aux côtés de Simone Dow et Scott Kay (guitares), Alex Canion (basse) et Ashley Doodkorte (batterie), l’étincelant vocaliste et fondateur du groupe s’est échiné à composer une nouvelle salve de morceaux cohérents, toujours solidement ancrés dans cette base metal progressif teintée de sonorités modernes et catchy. Les Australiens sculptent à nouveau ce savant mélange entre leur ying, une pop sucrée impulsée par des vagues de claviers rétro bien senties et bien représentées par cette direction artistique flashy à base de keytar rouge et leur yang, une violence guidée par les coups de semonces ravageurs des guitaristes, toujours très inspirés dans leurs diatribes maîtrisées. Voyager cultive ce contraste sur l’ensemble des onze morceaux de Fearless In Love, à l’image de cette dualité bleutée du meilleur effet qui orne sa pochette. Il suffit d’entendre le tempo sautillant d’un « Dreamer » au feeling electro-variétoche eighties s’échouer sur un bon gros break massif et surpuissant pour considérer la grande maîtrise des Australiens dans ce registre bipolaire toujours sous tension, entre deux eaux. Et oui…

« We are pure
Our manner so demure
And you can taste the tension
but there's only one dimension

So stand up and shout it out
But you can take your knives out
Have I already mentioned that I had the best intentions?
I had the best intentions… »

… le langoureux morceau d’ouverture ne dit pas autre chose : Voyager, à l’image de sa sirène Daniel Estrin à la tessiture aérienne, est plus que capable de surprendre son monde et de conquérir instantanément. Et bordel, qu’est-ce que ça marche bien! La tracklist alterne judicieusement entre les bangers absolus, à l’image des singles promotionnels qui en furent extraits, comme « Promise », tube intergalactique conjuguant à la perfection les codes de la pop séduisante et du prog moderne avec sa rythmique ciselée absolument chirurgicale et ce refrain qui ne fait pas de prisonnier. Passer après cette tuerie nécessite d’avoir les reins solides. « Twisted » et son petit côté Paradise Lost époque Symbol Of Life (2002) les a sacrément. « Ultraviolet » aussi, avec son tempo ravageur, son clip léché et l’intervention d’un Sean Harmanis (Make Them Suffer) venu défoncer la porte et les frontières de genre musical. Elle dévoile aussi de véritables cartes au trésor, morceaux à tiroir comportant des surprises qui se révèlent après moult écoutes. Dans ce camp-là, on compte le turbo-mélancolique « The Lamenting » qui atteint le cœur crescendo après plusieurs répétitions ou encore « Gren (Fearless In Love) », pépite qui prend son temps pour évoquer la maestria d’un Devin Townsend, tout comme l’ouverture « The Best Intentions » et la fin énorme de « Submarine ». Un « Prince Of Fire » constitue la synthèse parfaite entre ces deux pôles, culbutant les auditeurs entre l’efficacité primaire de son clavier obsédant et les saccades ravageuses des guitares de Simone Dow et Scott Kay. En définitive, la force de Voyager est de parvenir à faire des choses simples, évidentes mêmes, avec un niveau technique et une exigence toujours irréprochables. Leurs créations qui ne dépassent que rarement les quatre minutes savent aller à l’essentiel tout en contentant au passage les amateurs de prouesses techniques : les contretemps, les soli emblématiques de guitare ou de keytar viennent offrir du grain à moudre. Le charisme éclatant du vocaliste fait le reste. Malgré - forcément - quelques passades plus anecdotiques (« Listen », « Submarine »), les Australiens proposent systématiquement un contenu varié, presque universel, qui trouvera toujours un amateur quelque-part. Ce n’est pas à la portée du premier venu…

Une fois encore, donc, Voyager me malmène, me fait passer par plusieurs émotions contradictoire, entre l’euphorie libératrice et l’introspection solitaire. Nul doute que les Australiens sont parvenus à élargir substantiellement leur audience avec le gigantesque coup de projecteur qu’ils ont offert à leur carrière. Avec Fearless In Love, prolongement opportun de cette expérience et porte d’entrée idéale vers une discographie qui regorge de tubes et de morceaux emblématiques, l’essai est transformé. Après cette noble prise de risque, Voyager mérite plus que jamais de prendre une nouvelle dimension. À très vite pour une nouvelle claque, donc.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Voyager
Metal progressif
2023 - Season Of Mist
notes
Chroniqueur : 8.5/10
Lecteurs :   -
Webzines : (3)  8.14/10

plus d'infos sur
Voyager
Voyager
Metal progressif - 1999 - Australie
  

vidéos
Promise
Promise
Voyager

Extrait de "Fearless In Love"
  
Prince Of Fire
Prince Of Fire
Voyager

Extrait de "Fearless In Love"
  
Ultraviolet
Ultraviolet
Voyager

Extrait de "Fearless In Love"
  

tracklist
01.   The Best Intentions  (03:48)
02.   Prince of Fire  (04:46)
03.   Ultraviolet  (04:16)
04.   Dreamer  (03:00)
05.   The Lamenting  (04:10)
06.   Submarine  (04:47)
07.   Promise  (03:04)
08.   Twisted  (03:54)
09.   Daydream  (03:09)
10.   Listen  (04:13)
11.   Gren (Fearless In Love)  (05:27)

Durée : 44:32

line up
parution
14 Juillet 2023

Essayez aussi
Wolverine
Wolverine
Cold Light of Monday

2003 - Elitist Records
  
In The Woods...
In The Woods...
Diversum

2022 - Soulseller Records
  
Vanden Plas
Vanden Plas
Beyond Daylight

2002 - InsideOut Music
  
Ascend The Helix
Ascend The Helix
Spiral Of Reflection

2023 - Indépendant
  
Devin Townsend
Devin Townsend
Empath

2019 - InsideOut Music
  

Kalmah
Swamplord
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Octobre 2026
Jouer à la Photo mystère
Critical Defiance
Rivers Of Blood
Lire la chronique
Death Feast Open Air 2026
Annotations Of An Autopsy +...
Lire le live report
The Bleeding
Godless Communion
Lire la chronique
Miscreance
Reminiscence
Lire la chronique
Harlott
Exsequiis
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Septembre 2026
Jouer à la Photo mystère
Phantom Corporation / Catbreath
Commando / Die By The Claw ...
Lire la chronique
Crashdeath
Loverbone
Lire la chronique
Entretien avec CAGE FIGHT
Lire le podcast
Entretien avec DEATH DECLINE
Lire le podcast
Motocultor 2026 - Live Report
Lire le dossier
Exumer
Death Mask Messiah
Lire la chronique
Interview avec HEART ATTACK
Lire le podcast
La photo mystère du 1 Septembre 2026
Jouer à la Photo mystère
Ninth Realm
Damnation's Veil
Lire la chronique
Mucky Pup
Lemonade
Lire la chronique
D.R.I.
4 Of A Kind
Lire la chronique
Orph
Dead (EP)
Lire la chronique
Maidenhead
Maximum Clonage
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Août 2026
Jouer à la Photo mystère
Warthrash
No Light Shall Remain
Lire la chronique
Uncontrolled
…No Hope (EP)
Lire la chronique
Forced Entry
Uncertain Future
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Août 2026
Jouer à la Photo mystère
Eradikated
Wiring Of Violence
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Juillet 2026
Jouer à la Photo mystère
D.R.I.
Crossover
Lire la chronique
Abuser
Blood Marks
Lire la chronique
Carnivore A.D.
Transmutation (EP)
Lire la chronique