Poison Ruïn - Confrere
Chronique
Poison Ruïn Confrere (EP)
Dans un monde porté par des valeurs de plus en plus individualistes et dans lequel certaines élites prônent un repli "nécessaire" et un rejet de l'"autre" de plus en plus assumé (cet "autre" étant bien évidemment le responsable de tous les maux de nos sociétés), il est rassurant de constater que d’autres personnes moins enclines à la haine portent à l’inverse en étendard des valeurs beaucoup plus humanistes. Les Américains de Poison Ruïn sont de celles-ci et nous le prouvent avec leur dernier EP en date à travers lequel le groupe originaire de Philadelphie va nous parler notamment (mais pas que) d’amitié et ainsi insister sur la force de ce lien qui nous unit à ces quelques personnes que l’on a choisi de laisser rentrer dans nos vies et de ne jamais vraiment perdre de vue : "Confrere, my comrade, my friend. Back to back until we reach the end. Confrere, reach through the dark again. My partner, my friend. Confrerе, I beseech you now to take my hand".
Intitulé d’ailleurs selon cette thématique, ce EP paru en août 2024 toujours chez Relapse Records comprend sept nouveaux morceaux parmi lesquels une introduction et un interlude. Fidèle à ses thématiques et à son esthétique médiévales, Poison Ruïn se fend au passage d’une illustration simple mais très efficace qui avec ce mélange de blanc et de noir rehaussé par quelques petites touches de pourpre ne manque clairement pas de charme. Cuir, clous et cottes de mailles n’ont en effet jamais fait aussi bon ménage qu’ici.
Enregistré quelques mois seulement après la sortie du premier album des Américains (le très bon Harvest), Confrere vient du haut de ses presque vingt minutes poursuivre le travail de Poison Ruïn sans rien changer à cette formule consistant à mélanger sonorités Punk Rock, Post-Punk et influences Heavy Metal. Une suite logique imputable en premier lieu à cette production signée une fois encore des mains du chanteur et guitariste Mac Kennedy. Dépouillée, abrasive et naturelle (avec en sus un peu de souffle supplémentaire sur les deux courtes séquences instrumentales proposées ici), celle-ci revêt une coloration faussement datée et fauchée qui ne pouvait de toute façon pas mieux convenir à cette musique prenant racine dans de sombres cachots et autres oubliettes humides...
Fidèle à son image et à son identité sonore, le groupe l’est tout autant à son écriture puisque ces quelques nouvelles compositions s’inscrivent effectivement dans la continuité des précédents travaux de la formation. On va ainsi retrouver cette fameuse section rythmique dépouillée mais efficace avec pour commencer cette batterie aux frappes tout ce qu’il y a de plus rudimentaires mais qui malgré tout ne manqueront pas de vous faire taper du pied et dodeliner gentiment da la tête que ce soit lors de séquences plutôt tranquilles ("Confrere", "Attrition", "Sanctuary") ou bien lors de passages un poil plus soutenus comme sur "Execute" ou bien encore "Laid Waste" marqué notamment par quelques accélérations sur fond de toupa-toupa. Toujours en embuscade, cette basse ronde et vibrante qui participe elle aussi à poser les bases d’une section rythmique particulièrement entrainante même si cette dernière agit avec un petit peu plus de discrétion. Sur ces cadences dynamiques viennent se poser les riffs Punk / Post-Punk / Heavy Metal tout aussi dépouillés de Mac Kennedy. Toujours rien de très compliqué dans le jeu très immédiat de l’Américain mais toujours ce même sens de l’efficacité avec notamment des mélodies sous formes de leads qui font rapidement leur chemin dans notre tête et ne nous quittent plus (on ne parlera pas de tubes pour décrire la musique des Américains mais il y a définitivement un petit côté accrocheur dans certaines des mélodies dispensées notamment sur "Confrere", "Attrition" et "Sanctuary" par exemple). On n’oubliera pas non plus le chant façon "vieux clodo bourré" de ce dernier ni même cette introduction et cet interlude aux sonorités Dungeon Synth toujours aussi évidentes. Bref, rien de bien nouveau du côté de Poison Ruïn mais peu importe car une fois encore la recette fonctionne particulièrement bien.
Petit amuse-bouche servi dans l’idée de nous faire patienter en attendant la suite des aventures du groupe américain, Confrere s’impose les doigts dans le nez comme un très chouette EP qui n’a certes rien de nouveau à offrir (surtout si vous avez déjà précédemment posé vos oreilles sur la musique de Poison Ruïn) mais qui n’en demeure pas moins extrêmement bien troussé pour qui se sait sensible à ce mélanges des genres. Varié, dynamique, mélodique, accrocheur, fédérateur et emprunt une fois de plus d’un certain sentiment d’urgence, le Post-Punk / Heavy Metal continue ici de faire mouche et laisse ainsi présager du meilleur pour la suite qui ne saurait tarder puisque la sortie du nouvel album intitulé Hymns From The Hills se fera début avril. En attendant, voilà de quoi se régaler et patienter.
| | AxGxB 11 Février 2026 - 379 lectures |
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