chargement...

haut de page
Remontez pour accéder au menu
352 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Nero Kane - Tales of Faith and Lunacy

Chronique

Nero Kane Tales of Faith and Lunacy
Le Mezzogiorno et ses images de désert loin de la civilisation, de cow-boy italien parcourant ces terres où, comme l’a dit l’écrivain Carlo Levi, « le Christ s’est arrêté » pour rebrousser chemin : c’est cela qu’évoque Tales of Faith and Lunacy.

Pour qui aura découvert Nero Kane avec le morbide Of Knowledge and Revelation, rien d’étonnant. Ce chemin à rebours montre que la maestria à peindre une Italie figée, sensuelle, Éros et Thanatos avançant au ralenti, n’était pas un coup de chance. Tales of Faith and Lunacy possède déjà ce talent à poser un décor où errer, à remémorer des références propres au pays d’origine du projet. Cette scénographie commence dès « Lord Won’t Come », titre qui dépouille et fait voir les Pouilles où la chaleur de l’été pousse à chercher refuge entre les pierres. L’instrumentation est simple, minimaliste, chaque changement se vivant comme un état d’humeur où la mélancolie paraît inexorable, fatidique comme le talon de la botte nous maintenant la tête au sol.

Difficile d’enchaîner après tel morceau, où Nero Kane irradie de cette lumière froide qui m’avait tant marqué sur scène. Cette chaleur qui ne réchauffe pas, cette lueur qui agresse les yeux, cette élévation qui se vit la mort dans l’âme et au trot d’un cheval pareillement affligé – compliqué de tenir telle intensité sur la longueur. C’est l’unique défaut de Tales of Faith and Lunacy par rapport à son successeur, qui a pour lui une constance qui glace d’autant plus à son écoute. Mais qu’on ne croie pas que la suite ne saisit pas pour autant ! Transi, le duo formé avec Samantha Stella égrène sa marche de désespéré au sein de ce paysage désolé, païen, avec une beauté séduisante de damné où les arrangements sont aussi minutieux que marquants.

Les coups d’éclats ne disparaissent pas ; ils sont utilisés fugacement, non pas comme des lumières au bout du tunnel mais comme appuis à la sensation de traverser des limbes faites de roches et cerclées d’une voûte impitoyablement blanche. Une démarche assumée, Tales of Faith and Lunacy présentant majoritairement d’entrée ces motifs sans chercher à les enrichir. Il rappelle en cela les albums de Earth les plus récents où répétitivité et nudité deviennent des forces, la douceur de l’ensemble devenant rugueuse et ample, son psychédélisme naissant des lignes d’horizon floutées nous entourant marquant l’absence plutôt que la présence. Ici, il n’y a rien à attendre de plus qu’une aridité présente sur la terre comme au ciel.

Reste l’intérieur, Nero Kane poussant à chercher une planche de salut en nous-mêmes, l’extérieur n’étant qu’abîme. Un calme nous habite, étrange tant la musique exprime une certaine langueur qui ne tombe jamais dans la lassitude. Il y a quelque chose de l’errance qui se vit pour elle-même sur cet album, chaque morceau étant suffisamment bien construit et accrocheur pour emmener vers une destination que l’on connaît pourtant d’avance. Autre temps fort, le final « Angelene’s Desert » enfonce le clou dix minutes durant, la voix de Samantha Stella se rapprochant encore plus de celle éteinte de la chanteuse Nico pour faire accepter son sort.

L’atmosphère est bien ce en quoi excelle Nero Kane, l’ascétisme de la démarche se mettant au service d’une puissance d’évocation rare. Si ma préférence va à Of Knowledge and Revelation et sa longue procession sacrée, Tales of Faith and Lunacy n’en est pas moins à écouter tant, sans être formellement différent, il en est l’envers en termes de visions, ici lumineuses, impies et désertiques. Une gémellité les définit tout de même, le soleil et la lune appuyant tout deux la même perdition fondamentale. « Lost was the road »… et perdus, nous le sommes aussi.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Nero Kane
notes
Chroniqueur : 8/10
Lecteurs : (1)  9/10
Webzines : (1)  9.17/10

plus d'infos sur
Nero Kane
Nero Kane
Psychedelic Dark Folk - Italie
  

tracklist
01.   Lord Won't Come  (06:08)
02.   Mechtild  (05:12)
03.   Mary Of Silence  (03:46)
04.   Magdalene  (04:31)
05.   Lost Was The Road  (05:25)
06.   I Believe  (02:11)
07.   Angelene's Desert  (10:08)

Durée : 37:21

line up
parution
30 Octobre 2020

voir aussi
Nero Kane
Nero Kane
Of Knowledge and Revelation

2022 - Subsound Records
  
Nero Kane
Nero Kane
For the Love, the Death and the Poetry

2025 - Subsound Records
  

Xenoblight
Procreation
Lire la chronique
None So Live - Cyrptopsy / 200 Stab Wounds / Inferi / Corpse Pile
Lire le podcast
Breizh Death Metal Party 2 Live Report
Lire le podcast
Agressor
Deathreat
Lire la chronique
Deathraw
Reduced To Ashes (EP)
Lire la chronique
Cro-Mags
The Age Of Quarrel
Lire la chronique
Barbarian
Reek Of God
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Février 2026
Jouer à la Photo mystère
D.R.I.
Dirty Rotten EP (EP)
Lire la chronique
Furi Helium
No Altar Stands Eternal
Lire la chronique
Power Abuse
Madness Inside
Lire la chronique
Kreator
Krushers Of The World
Lire la chronique
Dementia
The Insanity Chronicles
Lire la chronique
Live Report Tanork - Skelethal
Lire le podcast
Crystal Sun
The Trace You Left
Lire la chronique
Live Report Esodic - Anthares
Lire le podcast
La photo mystère du 1 Février 2026
Jouer à la Photo mystère
Dreaggan
Eternal Fire (EP)
Lire la chronique
Misfire
Product of the Environment
Lire la chronique
Disarray
The Darkening (EP)
Lire la chronique
Breakdown
Divide and Konquer (EP)
Lire la chronique
Bilan 2025
Lire le bilan
La photo mystère du 16 Janvier 2026
Jouer à la Photo mystère
Testament
Para Bellum
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Janvier 2026
Jouer à la Photo mystère
Agressor
Medieval Rites
Lire la chronique
La photo mystère du 16 Décembre 2025
Jouer à la Photo mystère
Bloodfield
Homunculus sapiens
Lire la chronique
Brutal Decay
Slaughter in Hell
Lire la chronique
Carnage Inc.
Carnage Inc. (EP)
Lire la chronique
Deathhammer
Crimson Dawn
Lire la chronique