Naturellement, c’est la sortie encore toute fraîche du premier album des Polonais de Clairvoyance sur le label californien Carbonized Records qui m’a mis une fois de plus face à mes manquements. Aussi, avant de me pencher avec intérêt sur
Chasm Of Immurement, je vous propose (que vous soyez d’accord ou non) de revenir sur
Threshold Of Nothingness, EP de vingt-trois minutes paru en mai 2022 chez Blood Harvest et qui lui non plus ne méritait pas d’être ignoré de la sorte.
Illustré par l’Australien Stewart Cole dont je vous ai parlé récemment (Putrescent, Charnel Altar, Bastard Grave, Contaminated, Internal Rot, Noxis, Of Feather And Bone...), ces cinq nouveaux morceaux sont également passés entre les mains d’Igor Brzeski et surtout Kacper Pawluk (qui a rejoint la formation en 2021 en tant que bassiste avant de changer de position deux ans plus tard afin d’occuper le poste de second guitariste) à qui a été confié l’essentiel des captations studios. Pour ce qui est du mixage et du mastering, le groupe originaire de Varsovie a fait appel aux talents de l’Américain Detto Vincent Detto qui ne doit pas vous être inconnu puisqu’en plus d’un patronyme difficile à oublier, on lui doit d’autres missions de ce genre pour des groupes tels que Caustic Wound, Cerebral Rot, Dripping Decay, Excarnated Entity, Mortiferum, Seraphic Entombment et quelques autres encore... Bref, tout cela pour vous dire que la production épaisse et abrasive mais plutôt naturelle de
Threshold Of Nothingness est à la hauteur de l’attendu et participe clairement aux charmes de ce EP bien salé.
Sorti un tout petit peu plus de deux ans après une première démo accueillie avec beaucoup d’enthousiasme (notamment par chez nous),
Threshold Of Nothingness n’est évidemment pas bien différent de cette première entrée. D’ailleurs, ce EP vient surtout confirmer les bonnes choses évoquées à l’époque de cette fameuse mise en bouche et cela bien entendu sans rien changer à une formule qui a fait ses preuves depuis belle lurette.
Pour ceux d’entre vous qui débarqueraient aujourd’hui sans avoir encore jamais fricoté avec les Polonais, sachez que Clairvoyance s’épanouit dans la pratique d’un Death Metal sombre et caverneux marqué par un riffing et des constructions particulièrement dynamiques rappelant notamment ce que l’on peut entendre chez les Canadiens de Tomb Mold. En effet, les deux formations partagent le même goût pour les compositions franches et directes même si elles ne sont jamais contre quelques ralentissements bien sentis et autres séquences débordantes de groove.
Ainsi le déroulé de ces vingt-trois minutes est des plus classiques puisque Clairvoyance va se « contenter » comme il le faisait déjà auparavant d’enchaîner avec néanmoins toujours beaucoup de brio séquences bourre-pifs menées à coups de blasts soutenus et de riffs particulièrement nerveux et tendus ("Decline Into Oblivion" et son entame en fanfare ainsi qu’à compter de 3:42, "The Curse" à 1:29 et 2:56, "Chronicles Of Emptiness" à 1:28 et 2:26, les premières secondes tonitruantes de "A Cairn Of Souls"), accélérations thrashisantes naturellement moins appuyées mais toujours hyper entrainantes ("Decline Into Oblivion" à 0:36 et 2:13, "The Curse" à 1:16 et 3:07, "Chronicles Of Emptiness" à 2:41, "A Cairn Of Souls" à 1:20...), moments chaloupés au groove toujours aussi irrésistible ("Decline Into Oblivion" à 0:25 et 2:45, "The Curse" à 0:31, "Chronicles Of Emptiness" à 1:56, "A Cairn Of Souls" à 0:47...) et finalement passages beaucoup plus lourds et pesants afin, comme toujours, d’apporter ce qu’il faut de contraste et de nuance à l’ensemble ("Decline Into Oblivion" à 0:51, "The Curse" à 0:11, 0:57 et surtout 1:41, les premières mesures écrasantes de "Chronicles Of Emptiness", les derniers instants de "A Cairn Of Souls" et surtout "Tarnished Vessel"). À cela et afin d’être le plus exhaustif possible, il convient également d’ajouter le growl caverneux de Maciej Cesarczyk qui à défaut de personnalité participe grandement à la mise en place de ces atmosphères mortifères qui dominent à l’écoute de ces quelques compositions ainsi qu’un certain nombre de solos qui tout en contribuant également à ces mêmes ambiances apportent également une dimension un poil plus mélodique à l’ensemble ("Decline Into Oblivion" à 1:00, "The Curse" à partir de 1:55, les toutes dernières secondes de "Chronicles Of Emptiness", "A Cairn Of Souls" à 0:11, la dernière partie de "Tarnished Vessel").
Attendus au tournant après une première démonstration particulièrement encourageante, les Polonais de Clairvoyance ont su confirmer avec l’art et la manière toutes les bonnes choses évoquées à leur sujet deux ans plus tôt. Comme toujours, il ne s’agit pas de compter sur ces derniers pour bousculer quoi que ce soit ni changer la face du monde avec leur Death Metal et de ces quelques titres qui en plus d’être suffisamment variés sont d’une efficacité particulièrement redoutable. Une fois encore, pari réussi pour nos Polonais qui avec
Threshold Of Nothingness ont su prouver qu’ils en avaient sous le pied. Une affirmation que viendra confirmer la semaine dernière l’excellent
Chasm Of Immurement sur lequel je vais me pencher rapidement.
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