Le split, nous le savons, c’est toujours une façon sympa de découvrir de nouvelles formations plus ou moins prometteuses. Aujourd’hui, direction l’Ukraine puisque ce «
Холодне Мовчання Зірок » rassemble deux nouveaux groupes, nés en 2023, à savoir
1310M (deux LP sortis en 2024) et
VYR MUK, lui aussi très prolifique puisqu’ayant déjà à son actif cinq EP ainsi qu’un album, «
Crimson Fields of Sorrow », paru en avril dernier. Tout cela sent bien entendu le pur
underground, les deux
one-man band n’ayant pas encore la fameuse reconnaissance internationale… Avant cela, il faudra déjà percer dans leur pays d’origine, une gageure compte-tenu du niveau général de cette contrée.
Les deux musiciens s’accordent deux compositions chacun pour convaincre, le format est attrayant, un peu plus que la pochette cela dit : cette coiffe blonde autour du crâne, c’est dingue, j’ai l’impression de contempler le spectre de Dalida, cela ne me séduit que très moyennement… Je passe outre évidemment, l’important restant avant tout musical. Des amateurs de
black metal atmosphérique par ici ? Je sais qu’il y en a, ne vous cachez pas.
C’est à
VYR MUK de commencer. Une introduction légèrement symphonique, piano et cordes, dont le raffinement s’avère trompeur car « Red Plague » poursuit sa route sur des chemins beaucoup plus crus, notamment au niveau du chant. En revanche, on sent que le style est encore en train de se chercher car entre la pluie diluvienne des instants rigoureusement blastés et les ralentissements soudains (à 02:35 je me demande clairement ce qu’il se passe, on bascule dans une espèce de
black doom le temps de quelques mesures) enchaînés avec une tentative de solo grandiloquent, j’ai le sentiment qu’il y a un peu trop d’éléments disparates au sein de cette composition pour que tout tienne correctement debout. Je lui préfère donc « Half Life », plus direct, donc plus homogène, même si l’on sent là encore que le groupe a un certain attachement pour la pesanteur du
death, au travers des vocaux notamment. Par conséquent, un univers pas désagréable, qui manque encore un peu de maturité mais qui s’avère suffisamment intriguant pour donner envie d’aller écouter l’album.
1310M, voilà un patronyme mystérieux dont je ne pourrai rien dire, n’en devinant pas la signification. En revanche, musicalement, la première minute de « In the Land of Grave Sleep » nous propose une orientation plus gothique si je puis dire, presque « musique du monde » comme la pratiquait
DEAD CAN DANCE fut un temps, instant fugace qui ne durera guère, la composition s’envolant ensuite dans un
black vif, rapide, cependant doté de belles ambiances, la qualité du chant y étant pour beaucoup, de même qu’un jeu de batterie varié, sachant alterner les tempos. De plus, les titres étant sensiblement plus longs que ceux de
VYR MUK, il y a là davantage d’occasions de développer les climats, chose qui sera également faite au cours de l’introduction de « Hunger », dont les râles d’agonies viennent hanter les ténèbres.
Cependant, avec davantage d’arpèges et une production plus étoffée,
1310M s’inscrit dans un registre peut-être plus raffiné, plus affirmé que son compagnon de route, plutôt axé sur le criard, le cruel. Difficile cependant de départager les formations, pour moi les deux se valent indépendamment de leurs différences, elles œuvrent dans des directions similaires, à la fois ancrées dans la tradition, respectueuses du passé mais sans pour autant proposer des morceaux sentant la naphtaline. Un split honnête que les férus de musiques sombres apprécieront, ne serait-ce que pour la curiosité de découvrir de nouveaux visages.
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