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Fields of Mildew - IV
Chronique
Fields of Mildew IV
Depuis que les collègues ont pris la belle habitude de sortir des sentiers du metal pour chroniquer des merveilles (je parle d’Aluk Todolo mais surtout de Nero Kane par exemple), je me sens libre de proposer aux lecteurs plus de dark folk, d’ambiant, de barré qu’à l’occasion. C’est au tour d’un groupe déjà présent dans ces colonnes, Fiels of Mildew qui sort en 2025 IV, toujours empreint d’un dark folk plus proche, dans l’esprit, d’un Tenhi (plus metal donc) que d’un Death in June, toujours minimaliste et sans cesse axé sur la vie rurale et les petites gens.
IV se présente à nous dans des habits très proches des derniers albums, une pochette toujours aussi belle qui évoque la vie simple à la campagne, une forme de dénuement aussi et des structures, elles aussi, particulièrement minimalistes mais pleines de nostalgie qui évoquent de grandes plaines habitées par le brouillard.
6 titres tristes, qui baignent dans une atmosphère pluvieuse et un brin sylvestre. Pas d’arrangement outrancier, pas de riff inutile mais simplement une promenade à travers champs, fendant la brume, les yeux rivés sur la silhouette des arbres qui se détachent dans la pénombre. C’est beau, très fragile, presque cristallin, comme si chaque note égrenée manquait de se briser au contact de l’oreille de l’auditeur. Ignis Fatuus et Vanishing déroulent ainsi des accords sublimes qui soutiennent une voix aérienne. La réverbération donne de la profondeur et cette impression tenace que tout l’espace sonore est rempli alors que si peu de notes sont jouées. Si Vanishing annonce un léger changement de ton, plus proche d’un dark rock à la Katatonia, Tempest et The Lowering Splendour reviennent assez rapidement près des rivages d’un dark folk un brin metal comme celui que pratique Tenhi par exemple. Le mélange des cordes sèches aux instruments électriques donne beaucoup de relief à l’ensemble qui demeure pourtant relativement minimaliste.
L’album se clôture sur deux titres – Spiral of Eternal Life et Lluvia encore plus mélodiques et nostalgiques, composés de notes graciles. La voix est profonde, lente, mélodieuse et sombre à la fois. C’est à la méditation qu’en appelle Fields of Mildew pour finir son album, avec juste quelques riffs magnifiques qui viennent percer la structure sur Spiral of Eternal Life, comme pour créer un relief subreptice pour l’oreille, une sorte de fantaisie très pertinente qui accroche de suite, qui enrichit de lumière juste ce qu’il faut ce morceau plutôt triste, comme une arabesque illumine un texte dense et uniforme. Les cordes sont superbes et le travail sur le son donne une vraie profondeur à ces derniers titres. Le vent sur Lluvia lui donne également une épaisseur particulière – peut-être le seul réel arrangement sur l’album.
Ce IV va ravir les amateurs de mélodies fragiles, les contemplateurs de la nature et tous ceux qui recherchent l’émotion avant la force brute. Tous les autres auront tort de bouder ce très bel album, parfaitement adapté à la saison.
| | Raziel 21 Décembre 2025 - 382 lectures |
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