Cher
Great Dane Records. Je le sais, les temps sont durs et il n’est sans doute pas facile pour un label de ton ancienneté (vingt ans, c’est beau) de conserver tout du long le même attrait, le même flair peut-être. Pourtant ton catalogue est fier, fut un temps où tu signais la crème épaisse de la scène française et tout ce qui portait ta marque pouvait s’acheter les yeux fermés :
CARCARIASS,
DUNGORTHEB,
POST-MORTEM,
PSYCHOBOLIA,
RECUEIL MORBIDE et j’en passe… Encore aujourd’hui,
RED DEAD ou
DEATH FROM ABOVE font honneur à ton imposant
roster alors pourquoi désormais recruter à tour de bras des formations italiennes de troisième division ? Il y eut
EXHUMAN,
BLOODFIELD,
ZORA, puis
DEAD TWILIGHT, à présent
SOULREAPERS, cela suffit tu ne crois pas ? Pourquoi un tel acharnement ?
Pourtant, sur le papier, le duo me semblait fortement prometteur du fait de la présence d’un ancien
NATRON, une solide maison de
death metal technique qui aurait mérité une plus ample reconnaissance du public. Sauf que
Melody of Chaos glisse sur les pistes savonneuses du mélodique et que l’on s’ennuie ferme durant ces quarante longues minutes archi conventionnelles. En affirmant cela, je ne remets en cause ni la qualité technique des musiciens, ni leur sérieux, ni leur dévouement, ni même leurs tentatives d’être un peu plus originaux que la moyenne en intégrant nombre de claviers qui instaurent des atmosphères légèrement progressives au sein de l’œuvre. De même, l’auditeur frileux appréciera que les vocaux ne sortent que peu du strict cadre guttural en lieu et place des vocalises criardes que l’on se mange actuellement jusqu’à l’écœurement. Un bon point malheureusement insuffisant au moment d’établir le bilan.
L’instant passé en compagnie des Italiens n’est donc pas mauvais, il est simplement anodin. Je ne retiens rien de ces neuf compositions : pas un riff, pas un solo, pas une harmonie de mémorable si ce n’est le sentiment diffus d’avoir écouté quelque chose d’efficace, le fond sonore pas dérangeant d’une activité annexe. Même en étant très fan de l’école suédoise, je doute que ce premier LP parvienne à séduire une audience autre que locale et chauvine. Encore une fois, le problème ne vient pas de l’exécution car les deux compagnons de route ont suffisamment d’expériences probantes pour tenir la dragée haute à pas mal de groupes, c’est juste que j’ai le sentiment constant que la paire joue contre sa nature profonde, que ce
growl, ces blasts aussi modérés qu’un discours de François Bayrou seraient bien mieux à leur place dans des compositions réellement extrêmes, même en conservant les claviers ainsi que ce petit côté symphonique. Mais là, entre les parcimonieuses voix féminines inutiles (« Testament of Madness », entre autres), les deux instrumentaux dispensables (« Instrumental » ; « Outro » : cela n’a pas été trop difficile de trouver les noms des titres ? Dites-le-moi s’il faut fournir les dolipranes) ou quelques excès de mièvrerie (les introductions au piano de « It Was Worth It » puis « Blank States »), c’est trop pour rattraper les rares bons passages : un « Terrifying Souls » classique mais entraînant, le final plombé de « Useless Return »… Je peine objectivement à en trouver d’autres.
Il n’y a guère d’avantage à raconter sur cette sortie inoffensive. Quant au label, si l’Italie est vraiment sa nouvelle terre promise, il y a
HUMAN qui semble toujours être indépendant.
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