Portés par F.D.A. Records, Obliteration Records et InCoffin Productions pour la sortie de leur premier album en 2020 (le très sympathique
The Catacombs Of Fear), les Japonais d’Invictus ont rejoint l’année dernière les rangs de Me Saco Un Ojo Records, Memento Mori et Iron Fortress Records pour la suite de leurs aventures. C’est ainsi sous les couleurs de ces trois labels que le trio dont le line-up est resté inchangé depuis sa formation en 2015 a sorti il y a tout juste quelques jours son deuxième album. Un disque intitulé
Nocturnal Visions dont l’illustration a été confiée une fois de plus à l’Espagnol Juanjo Castellano (Blaspherian, Civerous, Portrait, Revel In Flesh, Sacramental Blood...). Si son style a toujours été assez proche de celui d’un Dan Seagrave, je dois bien avouer que rares sont ses compositions qui ne m’ont pas séduit. Certes, tout cela est évidemment très convenu puisque cela doit faire pas loin de quarante ans que l’on bouffe ce genre de paysages désolés peuplés de créatures étranges mais je ne sais pas, j’ai toujours apprécié son travail et cette oeuvre ne déroge pas à la règle.
Depuis la sortie de
The Catacombs Of Fear il y a cinq ans, les Japonais d’Invictus ne sont évidemment pas restés les deux pieds coincés dans la même sandale puisqu’au-delà de la préparation de ce nouvel album, ces derniers ont également accouché de deux démonstrations. La première intitulée
火 葬 場 の 遺 骸 (2024) n’a été mise à disposition que sur Internet alors que la seconde baptisée
Togakushi Ritual Demo (2024) s’est vue offrir un pressage cassette grâce au concours du fameux label de Jesus Iglesias (précisons néanmoins que celles-ci ont été réunies sur une compilation CD éditée par le label japonais Obliteration Records). Six nouveaux morceaux qui auraient tout à fait pu trouver le chemin de
Nocturnal Visions sauf que cela n’était pas vraiment dans les plans de notre trio puisque seul "Persecution Madness" a en effet été réenregistré pour l’occasion. Ainsi de redite il n’y aura pas sur ce nouvel album puisque pour la très grande majorité des morceaux proposés il s’agit bel et bien d’inédits.
Sensiblement plus généreux que son prédécesseur et cela malgré un nombre de morceaux pourtant revu à la baisse,
Nocturnal Visions renoue sans grande surprise avec la formule exposée par le trio sur
The Catacombs Of Fear. Seule véritable différence perceptible d’ailleurs dès les premiers tours de roue, une production gonflée à bloc qui va effectivement s’avérer bien plus féroce et dominatrice. Un choix qui constitue assurément un pas en avant pour les Japonais puisque même si ce premier album n‘a pas eu à souffrir d’une production trop maigrelette, l’impact de cette dernière sur ces nouveaux morceaux et sur l’album en général est tout à fait indéniable. Une production nettement plus musclée et imposante au service d’un Death Metal qui, à défaut d’insuffler un peu de fraîcheur au genre, s’avère une fois encore d’une efficacité à toute épreuve. Et c’est bien là ce que l’on choisira une fois de plus de retenir à l’issue de ces retrouvailles particulièrement mouvementées. En effet, si la recette déroulée par le trio est effectivement identique en tous points à celle utilisée sur son prédécesseur, force est néanmoins de constater que le degré de brutalité a néanmoins été revu légèrement à la hausse. Peut-être pas au point d’en rester bouche bée face à un groupe dès lors transcendé mais en tout cas suffisamment pour s’en rendre compte là encore dès les premières écoutes.
Avec ces nouveaux morceaux dont la durée oscille entre trois et quatre minutes seulement, Invictus va comme à son habitude se concentrer sur l’essentiel. Ainsi à l’exception de "Intro" faisant comme son nom l’indique office d’introduction, les huit autres morceaux qui composent cet album jouent tous la même carte (même "Nocturnal Visions" perché à un petit peu plus de huit minutes). Celle d’un savoureux mélange d’accélérations thrashisantes à base de toupa-toupa diablement entrainant (les premières secondes Cannnibal Corpsiennes d’"Abyssal Earth Eradicates", "Lucid Dream Trauma" à 3:36, "Persecution Madness" à 0:19...), d’accélérations plus sauvages et brutales menées à grand coups de blasts et autres coups de boutoirs virils et plus soutenus (l’entame en fanfare de l’excellent "Altar Of Devoted Slaughter", "Persecution Madness" à 0:40, le redoutable "Frozen Tomb"...) et de séquences plus en retenues dans le but de varier évidemment les plaisirs et de calmer le jeu momentanément en proposant par exemple de petites touches de groove idéalement taillées pour nous faire tous chalouper ("Altar Of Devoted Slaughter" à 1:19, l’essentiel de "Lucid Dream Trauma", "Frozen Tomb" à 1:18, "Nocturnal Visions" à 0:52...). Ajoutez à cette formule d’ores et déjà très efficace un riffing affuté et nerveux capable de tricoter adroitement et en même temps de la jouer beaucoup plus cool ainsi que quelques solos et autres leads mélodiques afin d’étoffer ce Death Metal et lui apporter ainsi un petit peu plus de profondeur et vous voilà de nouveau face à un album certes très peu original mais là encore rondement bien mené.
Cinq ans après un
The Catacombs Of Fear efficace et prometteur, les Japonais d’Invictus viennent donc se rappeler à nos bons souvenirs en se payant le luxe de surpasser un premier jet déjà bien né. Effectivement, tout cela n’est pas nouveau mais quand c’est bien fait, il faut le dire et pour le coup Invictus a sacrément bien bossé sa copie à en juger par la qualité et l’efficacité de ces neuf nouveaux morceaux. Ni vous ni moi n’iront évidemment crier au génie à l’écoute de ces trente cinq minutes mais ce n’est de toute façon pas ce que l’on attend d’un groupe comme Invictus qui puise l’essentiel de son inspiration dans des choses vieilles aujourd’hui de plus de trente-cinq ans… Bref, vous l’aurez compris,
Nocturnal Visions confirme toutes les bonnes choses dites et écrites au sujet d’Invictus par le passé. Le trio originaire de Nagano signe ici un retour musclé un poil supérieur à son prédécesseur ce qui à n’en point douter devrait faire les affaires de tout le monde. Pour ma part, c’est "oui".
Par Jean-Clint
Par Lestat
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint
Par Sosthène
Par Keyser
Par Jean-Clint
Par Jean-Clint
Par Lestat
Par Jean-Clint
Par xworthlessx
Par Ikea
Par AxGxB
Par Jean-Clint
Par Sosthène
Par Lestat
Par Krokodil
Par Niktareum