Graveyard Winds - Those, Who Come With The Mist
Chronique
Graveyard Winds Those, Who Come With The Mist
Il faut croire qu’actuellement en Colombie tout le monde se tire la bourre afin de savoir qui va être le leader de la scène Death locale, car depuis quelques mois on y voit arriver nombre de nouveautés à la qualité redoutable présente de façon systématique. Du coup il n’est pas étonnant de voir débouler dans la foulée de DEFAMATORY l’excellent premier opus de GRAVEYARD WINDS, qui après une période de tâtonnement liée à différents mouvements de personnel semble avoir enfin trouvé sa vitesse de croisière. En effet ce « Those, Who Come With The Mist » est sa première sortie officielle sous son actuel line-up, et prouve que le quatuor a bien fait de se laisser le temps pour le mettre en boîte car sans chercher à renouveler quoi que ce soit il offre ici un pur disque particulièrement gras, putride et rétro avec un feeling permanent où la noirceur est omniprésente et qui nous embarque outre-Atlantique. Car s’inspirant autant du côté d’INCANTATION que de PHOBOPHILIC le groupe va privilégier les ambiances rampantes et massives à la vitesse décomplexée, même si elle est présente pour densifier une musique particulièrement froide et inquiétante sans pour autant oublier les passages légèrement mélodiques via l’apport de solos un peu éthérés.
En effet si les gars ont la bonne idée de ne jamais trop en faire on est cependant dans quelque chose de plus technique et profond que ce que proposent nombre de leurs compatriotes (ces derniers privilégiant généralement la simplicité et le côté rudimentaire), et sans partir dans du délire de notes l’ensemble va être toujours remuant et porté par un groove écrasant. S’il n’y avait que cela qui l’était… vu qu’il faut bien reconnaître que dès les premiers instants de la composition éponyme qui ouvre les débats on va être embarqués dans un voyage tortueux où le Doom le plus étouffant et noir est clairement dominateur, afin de montrer que les mecs sont dans une optique particulièrement humide et glaciale. Jouant habilement sur ce rendu suffocant l’entité n’en oublie cependant pas d’y apposer quelques petites variations et un break afin d’éviter toute redondance, ce qui ne va jamais se produire ici tout au long de ces trente-sept minutes impeccables. Ceux qui pensaient en tout cas qu’on aurait droit à un bridage généralisé sur la durée après cette première plage vont en être pour leurs frais, car avec « Funerary Nymphs » cette vision bien qu’encore fortement présente va laisser place à d’autres choses en totale adéquation. En effet au milieu de cette masse informe grouillante on va entendre du mid-tempo redoutablement efficace, tout comme quelques blasts émergeant ici et là du néant de manière éparse sur fond de rendu dynamique à souhait et idéal pour headbanguer. Si ça reste majoritairement sur le frein tout cela montre que la bande sait aussi être explosive avec la même efficacité, n’étirant jamais son écriture trop longtemps afin de conserver sa force de frappe tout en retenant ses coups pour éviter de tomber dans l’indigeste… résultat une homogénéité permanente sans qu’on ait le sentiment d’un quelconque moment de faiblesse. Ce sera donc aussi le cas de l’équilibré et redoutable « Hyperboreal Cavernosities » qui trouve le parfait équilibre entre débridage intensif et rendu pachydermique affirmé, et même chose pour le putride « Spectrum » qui ralentit nettement la cadence tout en poussant un peu plus fort les cassures et passages techniques.
Et après une première partie réussie haut la main on suppose qu’il n’y a pas de raison que la seconde soit différente de celle-ci, et c’est totalement ce qui va se passer avec tout d’abord « Escape Of 1692 » groovesque à mort et qui met les cervicales à rude épreuve via une explosivité constante où la rapidité y est permanente sous toutes ses formes. Ça défoule sans pour autant être minimaliste vu que c’est varié et dense avec notamment un médium redoutable… à l’instar de celui qu’on retrouve juste après sur l’excellent « Faded Eternities » plus profond dans son exécution, et où les variations sont marquées oscillant ainsi entre virulence furieuse et ralentissements de gala en jouant donc les montagnes russes avec un plaisir non feint et hyper plaisant à l’écoute. Tout ça avant que ne déboule la doublette de clôture (« Those, Who Come With The Mist » / « The Heavens Were Cursing My Destiny ») qui va miser un relatif équilibre et forces en sortant tout le panel de jeu des Sud-Américains toujours aussi inspirés et énervés, mais où la pression reste continue afin de prouver qu’ils gardent le contrôle en toutes circonstances quel que soit le tempo employé… et c’est encore une fois réussi vu qu’on est happés en continu jusqu’à l’ultime seconde.
Après tout cela il faut bien reconnaître que pour un coup d’essai c’est un vrai coup de maître réussi par la bande avec cet opus hyper efficace qui met en valeur un vrai talent qui ne demande qu’à faire parler de lui, tant on sent qu’il y a du potentiel pour aller très loin. Sans en faire des tonnes elle réussit à produire quelque chose bien loin du climat de son pays en mettant le cap plus au nord, voire même sous des latitudes proches du pôle là où la lumière disparaît longuement pendant l’hiver. Procurant autant des émotions et une certaine nostalgie de par les nombreux et beaux leads qui parcourent cette galette qu’une envie de dessouder les ennemis divers, cet enregistrement sans réinventer quoi que ce soit a cependant suffisamment de bonnes choses pour qu’on y prenne plaisir à chaque fois… surtout qu’au fil des écoutes on va s’apercevoir que l’ensemble recèle bien plus de profondeur qu’on ne le croyait initialement. On ne peut donc que conseiller de pencher les deux oreilles là-dessus de se mettre dans de bonnes conditions pour en tirer ici le meilleur directement à sa source, sans fautes de goût et avec une homogénéité permanente… bref bravo messieurs et au plaisir d’entendre la suite de vos aventures qu’on espère rapide et surtout aussi efficace.
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