J’avais des réticences, fortes. D’une,
DEGENERATED est une formation de
death metal italienne signée chez
Great Dane Records, label qui a dernièrement accumulé les sorties de seconde zone en provenance de ce pays, tant en termes de nouveautés que de rééditions dispensables. De deux, l’unique membre
Buzz sévit également chez
SOULREAPERS et
EXHUMAN, des projets à l’intérêt artistique discutable… Par conséquent, ce
Echoes of Infection ne m’inspire guère, même s’il semble animé par des ambitions plus belliqueuses, comprendre davantage
brutal death que les formations précédemment citées.
Une fois passée l’introduction passe-partout « Intro (by Deathead) », oubliée aussi vite qu’elle s’achève, « Winds of Ruin » expose sans fard la banalité d’une musique dont j’espérais mieux en dépit d’une pochette qui aurait pourtant dû me mettre en garde : moche, convenue, apparemment non humainement créditée. Cela dit, le LP
Nuclear Test: Failed ne proposait graphiquement pas vraiment mieux en 2024, le groupe poursuivant donc sur sa lancée, sans magie, sans inspiration et, j’ai un peu de peine à le dire, sans réel talent. J’entends bien qu’il en faut un minimum pour décrocher un contrat, composer, enregistrer, mais ce
death générique dénué d’âme j’en ai ma claque dès la quatrième piste (en prenant sur moi) alors qu’il y en a onze à absorber. C’est trop pour ma patience. C’est trop car alors que les influences se réclament du
old school des années 90, rien n’y renvoie, surtout pas ce chant féminin (horriblement mal mixé) sur « Humanity and Its Last Breath », ni ces parties trop mélodiques qui parsèment l’album, le tout finissant par ne prendre aucune direction franche. J’entends bien la volonté de placer quelques ralentissements à la
SUFFOCATION, ils tombent à plat, tel un gros lard s’écroulant du grand plongeoir à la piscine.
Comparer
DEGENERATED avec les autres travaux du compositeur n’aura pas vraiment de sens étant donné sa volonté de rupture et je peux comprendre que l’homme se sente à l’étroit en n’endossant qu’une seule bannière mais à quoi bon s’éparpiller ainsi ? Pourquoi ces ambiances de péplum (« Woland ») en MAO ? Cela n’apporte rien alors qu’il doit bien y avoir un concept autour de Mikhaïl Boulgakov, cet instrumental suivant « The Master and Margarita » (non, ce n’est ni une pizza ni un cocktail)… Un concept que je ne perçois jamais vraiment en dépit de rares fulgurances (« Desertification ») qui rendent la découverte d’autant plus amère.
Buzz est capable de quelques éclairs d’inspiration, c’est certain, éclairs néanmoins dilués dans une vision encore trop brouillonne du
death à pratiquer, tantôt brutal, tantôt mélodique, tantôt flirtant avec l’atmosphérique, alors que l’intro, l’outro ainsi que le titre instrumental ne servent strictement à rien, ne plantant aucune ambiance particulière à force de platitude. Je m’inquiète sincèrement de plus en plus pour
Great Dane dont le catalogue n’en finit pas de chuter dans les divisions inférieures alors que fut un temps où il caracolait en tête de gondole.
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